Publié le 1 Aug 2014 - 23:48
ADMINISTRATION PROVISOIRE D’UN SUPPOSE PRETE-NOM

Les manœuvres dilatoires de Hardstand

 

Ayant reçu mandat d’assurer une gestion provisoire de la société Hardstand supposée appartenir à Karim Wade, le cabinet Auditex en a vu de toutes les couleurs avant de mettre la main sur la boîte.

 

Dans le cadre de la traque des biens supposés mal acquis, la Commission d’instruction de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) a donné mandat au cabinet Auditex pour qu’elle gère une administration provisoire de la société Hardstand Sa. Mais la correspondance et les documents annexes que le directeur général de Auditex, Ibrahima Sarr, a envoyés au président de la Commission d’instruction montrent que les responsables de la société supposée appartenir à Karim ont donné le tournis aux ‘’administrateurs provisoires’’, qui n’ont pu mettre la main sur la société. Du moins durant le premier mois.

En fait, tout dans le rapport daté du 27 juin 2013 porte à croire que Hardstand Sa est une société sans siège, ni personnel encore moins d’administration. Après avoir reçu mandat, explique M. Sarr, le cabinet qu’il dirige a essayé d’entrer en contact avec Hardstand. Le cabinet commence d’abord par des recherches sur Internet pour localiser la société et avoir des contacts sur elle. La localisation s’est faite dans un premier temps au 18 avenue Léopold Sédar Senghor (ex-Roume). Un numéro a été également relevé comme le numéro de téléphone de la société, mais une fois composé, le numéro sonne fax. Un déplacement sur les lieux est alors indispensable. Sur place, aucune plaque d’indication pour la société. Les émissaires se rabattent  sur les vigiles en poste.  Ceux-ci leur indiquent que le siège est à l’appartement n°35 au troisième étage de l’immeuble.

Un certain M. Ndiaye leur fait comprendre que le siège est plutôt celui de la société immobilière Bourgi et que Hardstand y tenait juste des réunions le temps du projet Eden Roc. M. Ndiaye ajoute que Hardstand n’a pas de personnel et pour tout contact, il faut s’adresser à Me Guédel Ndiaye. Rendez-vous est alors pris avec Me  Ndiaye pour le 6 juin. Curieusement, l’avocat déclare ne pas connaître le siège de Hardstand, non sans préciser à ses interlocuteurs, d’après toujours le document, que la tâche sera ardue pour eux.

En même temps, il refuse de prendre l’ordonnance, parce que, dit-il, il n’a pas reçu mandat pour représenter la société. ‘’ Me Ndiaye a suggéré qu’un permis de communiquer nous soit délivré par la commission d’instruction aux fins de notifier l’ordonnance au directeur général de Hardstand qui, en ce moment-là, nous indiquera le siège de la société et un interlocuteur’’, précise l’auteur de la lettre. Les plénipotentiaires décident alors de se rendre à Eden Roc qui est une réalisation de Hardstand, mais l’accès leur est refusé. Là aussi, une certaine Mme Diouf leur demande de s’adresser à Me Babacar Cissé. Un huissier sera envoyé le 25 juin toujours dans la tentative de signification de l’ordonnance. Un refus lui sera opposé.

Après un mois de démarche sans succès, le cabinet conclut ‘’qu’il y a une volonté manifeste de la part de l’environnement immédiat de Hardstand de s’opposer à l’exécution de l’ordonnance’’. Il faudra attendre le mois suivant pour que le cabinet mandataire de la CREI puisse enfin assurer l’administration provisoire. 

BABACAR WILLANE

 
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