Publié le 4 Oct 2012 - 19:01
AGRICULTURE

 La filière mangue menacée par les maladies phytosanitaires

 

La filière mangue apporte chaque année des revenus à l’économie sénégalaise, créé de l’emploi, mais reste menacée par des maladies phytosanitaires dans les zones de production telles que la Casamance et les Niayes.

 

''La filière mangue est très importante pour notre pays en termes de création d’emplois et de revenus (8 milliards de francs par an). Mais, en réalité, elle est confrontée à beaucoup de problèmes phytosanitaires’’, a révélé Abdoulaye Ndiaye, chef de la division Législation phytosanitaire et quarantaine des plantes. Lors de la journée de la mangue célébrée jeudi à l’Institut de technologie alimentaire (ITA), il a expliqué que cette filière souffre de maladies à étiologie fongique, de la présence de mouches de fruits et d’autres maladies dues à des champignons. ‘’Les mouches de fruits sont au Sénégal depuis 2004 et ont causé d’énormes dégâts. Mais, il y a beaucoup de progrès pour contrecarrer ces insectes et une validation de méthodes de lutte est en train d’être divulguée sur le bassin de production’’, a-t-il dit.

 

Selon Abdoulaye Ndiaye, une autre maladie appelée ‘’phylaviose’’ est en train de semer le doute chez les producteurs et acteurs de la filière mangue sur l’étendue du territoire. ‘’Ce qui est plus inquiétant, a-t-il souligné, c’est cette nouvelle maladie. Elle s’est introduite il y a tout juste deux ans. Si elle attaque le verger, à la place des fleurs qui doivent donner plus tard des fruits, ce sont des feuilles qui se développent là-bas. Ce que nous appelons le phylodique. Et là, il n’y a même pas de production’’. ‘’On l’a observé en Casamance et les dégâts étaient très sévères. Ce qui nous a poussés à prendre une mesure de quarantaine pour interdire provisoirement le transport de matières végétales du Sud vers le Nord. Mais malgré cela, il y a de la matière qui a échappé au contrôle et on a retrouvé cette maladie dans la zone des Niayes, la principale productrice de mangues export’’, a-t-il poursuivi.

 

Le technicien a invité les partenaires et les producteurs à prendre ce problème à ‘’bras le corps pour l’endiguer rapidement au risque de voir nos exploitations complètement plombées’’. Malgré ces maladies, la campagne 2012 est jugée ‘’satisfaisante’’ par le chef de la division Législation phytosanitaire et quarantaine des plantes. ‘’En termes de bilan, c’est salutaire, on se félicite vraiment. Le volume atteint cette campagne malgré les infiltrations des mouches et des maladies, n’a jamais était égalé au Sénégal. Mais il reste beaucoup de choses à faire’’, a-t-il relevé.

 

‘’A court terme, si la même dynamique est maintenue, nous pouvons aller vers 10 mille tonnes et à moyen terme 30 mille tonnes. Parce qu’il y a maintenant un partenariat plus privatiste, développé dans le secteur et qui pourrait valablement nous faire atteindre les objectifs fixés’’, a-t-il indiqué.

 

APS

 

 

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