Publié le 24 Oct 2017 - 09:51
DIFFICULTES D’INSERTION DES JEUNES SUR LE MARCHE DU TRAVAIL

La problématique de l’emploi  au Sénégal

 

Les difficultés d’insertion des jeunes et la problématique de l’emploi constituent un enjeu fondamental des pouvoirs  publics partout dans le monde.

Au Sénégal, le Président de la  République Macky  SALL, lors du premier conseil des ministres du  gouvernement dirigé  par  Monsieur le  premier  ministre  Boun  Abdallah  DIONNE  a demandé solennellement que l’action de ce gouvernement soit  orientée vers  la résolution de cet épineux  problème qu’est l’insertion des jeunes dans le marché du travail.

Le Président de la République a même proposé la mise en place d’une : Mission Locale d’insertion dans chaque collectivité territoriale afin d’accentuer le rapprochement entre les populations et  certaines instances de décision comme le préconise la territorialisation des politiques publiques  dans l’Acte 3 de la décentralisation. La politique de la jeunesse est un axe central du PSE et de l’Acte 3. Car, il est important que les jeunes, qui représentent  l’avenir de notre pays, soient en mesure de participer de manière inclusive, juste et équitable à la prise de décision, à la mise en œuvre et au suivi-évaluation des questions relatives à la gestion des affaires locales et à leur autonomisation socio-économique.

Mais nous pensons, à notre humble avis,  que notre pays gagnerait à organiser au préalable son marché du travail. En effet, il faut rappeler que le marché du travail fonctionne de manière particulière.  A la différence des autres marchés, notamment le marché des biens et services, le marché de la monnaie, le marché du travail n’est pas un marché centralisé sur lequel l’offre et la demande se rencontrent pour déterminer un prix d’équilibre. C’est un marché  hyper  décentralisé aussi bien dans le temps et dans l’espace,  dynamique, où chaque jour il y a la création et la destruction de millions d’emplois.

Ce marché a besoin pour son fonctionnement, d’informations pertinentes, qui malheureusement font souvent défaut dans notre  pays. Il y a encore des efforts à faire pour permettre aux pouvoirs publics de disposer d’informations portant sur divers aspects.

Il s’agit principalement des difficultés que rencontrent les jeunes dans le processus de  quête d’emplois. Une meilleure connaissance  de la trajectoire du chômage, du niveau de qualification, des  questions de durée de recherche etc.  pourrait   orienter les mesures de politiques économiques.

Les jeunes diplômés qui sortent de nos universités et de nos centres de formation sont souvent désorientés et livrés à eux-mêmes. Ils ne sont pas préparés en générale à la confrontation du monde du travail durant leurs cursus. Ils ignorent pour la plus part les techniques de quête d’emplois que sont la présentation d’un curriculum vitae, l’écriture d’une lettre de motivation,  l’élaboration et  la conception d’un projet pour un financement.

Le marché du travail au Sénégal est caractérisé  par son cloisonnement et son caractère interne. En effet, les demandeurs d’emplois ne sont pas toujours informés sur les différentes offres qui se présentent sur le marché.

Par ailleurs, le marché est encore majoritairement informel, les relations personnelles et les recommandations sont très importantes dans le processus d’embauche.

Les jeunes demandeurs d’un premier emploi sont souvent confrontés à certaines exigences telles que,  l’expérience professionnelle, la validation des stages  qu’ils   peinent à avoir.   Cette situation pousse les entreprises à recruter souvent de manière interne. C’est le cas   dans le secteur des services,  les banques  et assurances, les  télécoms etc.  Dans ces secteurs le turnover est très important.

Fort  de tous ces  constats,  notre pays devrait s’orienter vers la mise en place d’une véritable politique d’emploi. Pour cela :

 Il  faut améliorer la lancinante question de l’adéquation entre la formation et l’emploi en impliquant les acteurs sociaux : le  patronat,  les syndicats et  organisations professionnelles de métiers dans  le processus de formation de nos élèves et étudiants.  Cette implication des acteurs sociaux et ceux du milieu professionnel dans la formation pourrait contribuer à réduire le gap d’inadéquation entre la formation et l’emploi en offrant à nos apprenants des possibilités d’échanges avec le monde de l’entreprise.

Il faudra proposer aux patronats des mesures fiscales incitatives afin que  les jeunes demandeurs d’emploi  puissent bénéficier d’une première expérience  sous forme de stages de  longues durées pouvant déboucher sur une  embauche.

Il faut accélérer le processus  de  construction de lycées techniques et professionnels  ainsi que  des Instituts Supérieurs d’Enseignent professionnel    (ISEP) dans les régions en fonction de leurs dotations factorielles, de leurs vocations et  potentialités économiques. Notre offre de formation doit s’orienter   davantage vers des formations qualifiantes de courtes durées, de  types BTS, BTI,  DUT,  BEP et  CAP dans des secteurs pointus qui favoriseraient la création de PME ET PMI. Ces structures de formations pourraient contribuer également au développement de la formation continue partout au Sénégal.

Enfin, il faut mettre en place une véritable plateforme qui mettrait en synergie  les structures   de formation, de financement,  et d’analyse   qui  s’occupent de la problématique de l’emploi et du chômage. Nous pensons notamment à   l’Office National de Formation Professionnelle (ONFP), à  l’Agence Nationale pour l’Emploi des Jeunes (ANPEJ), au Fonds de Financement de la Formation Professionnelle  (3FPT) et à tous les autres fonds qui existent  dans les différents départements ministériels afin qu’ils  travaillent ensemble. Ce travail de rationalisation permettrait à  chaque structure de se consacrer sur son corps  de métier afin d’optimiser les ressources.

Dans chaque projet d’investissement majeur du gouvernent le nombre d’emplois, les caractéristiques des emplois et leur contenu en terme de formation et de financement doivent être communiqués à la plateforme pour qu’un   processus puisse s’enclencher afin de  mettre à la disposition des promoteurs des ressources  humaines de qualité.

                                                                            Monsieur Momar GUEYE

                                                                                 Economiste Statisticien

                                                                                   Directeur des Stratégies

                                                                                       de Développement

                                                                                            Territorial

Spécialiste des politiques d’Emploi

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