Publié le 15 Aug 2019 - 10:49
FÊTE DE TABASKI À MBOUR

Les cornes introuvables

 

Certains ménages ont célébré l'Aid el Kébir avec beaucoup d'amertume. Les moutons devant servir pour le sacrifice d'Abraham étaient introuvables. Si d'aucuns ont dû se contenter d'une chèvre, d'autres se sont ravitaillés en viande de bœuf. Même des poulets ont été grillés pour la circonstance.

 

Pour la célébration de la fête de la Tabaski, un bélier est nécessaire. Mais, cette année, la fête a été un peu morose pour un bon nombre de ménages. Et pour cause ! L'approvisionnement en moutons a fait défaut. La fête de l’Aid a été marquée par une pénurie. 

"Mon oncle et moi sommes partis au foirail pour acheter un mouton. A notre grande surprise, au lieu de trouver des béliers, il n'y avait que des chèvres. On a voulu en acheter un, mais les prix étaient excessivement chers. On nous a demandé 125 000 F pour une chèvre. On a finalement acheté de la viande", raconte Alassane. Un cas loin d’être isolé. 

En effet, au niveau du foirail de Mbour, en lieu et place des moutons, c'était plutôt des bœufs qu’on trouvait. Les bouchers ont dû en abattre beaucoup pour satisfaire la demande de ceux qui n'ont pas eu la chance de trouver un mouton. Et même les chèvres ont été toutes vendues.

Parti plusieurs fois au foirail de Sandiara, ce père de famille indique qu'il a très tôt eu le sentiment qu'il n'y aurait pas assez de moutons. Il explique les raisons d'une telle pénurie. "Les vendeurs ne sont pas venus, parce qu’il n'y a pas eu de pluie pour le moment. Donc, il n'y a pas de foin pour nourrir le troupeau. Et l'aliment de bétail est trop cher. Ils ne peuvent pas prendre le risque de venir ici, en ne sachant pas avec quoi ils vont nourrir les bêtes'', explique Malaw Diop.

Lui-même éleveur de moutons, il assure que le jour de la fête, jusqu'à 12 h, il a reçu des appels de personnes qui lui sollicitaient des moutons à vendre. "On m'a même demandé si je n'avais pas de brebis. Certains ont même acheté des poulets, pour pouvoir célébrer la fête", dit M. Diop.

Effectivement, les commerçants ont vendu tous leurs stocks de poulets.

 

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