Publié le 22 Feb 2012 - 09:23
PIERRE NDIAYE, DIRECTEUR DE LA PREVISION ET DES ENQUETES ECONOMIQUES (DPEE)

‘’La réduction de l’impôt sur les sociétés n’a pas donné les résultats escomptés’’

Le directeur de la prévision et des enquêtes économiques (DPEE), Pierre Ndiaye, estime que la mesure de réduction du taux de l’impôt sur les sociétés, adoptée en 2006, n’a pas donné les résultats escomptés, cinq ans après sa mise en œuvre.

 

‘’Plus de cinq années après sa mise en œuvre, cette grande réforme n’a pas donné lieu aux résultats escomptés notamment en termes d’investissement et de création d’emplois’’, a-t-il expliqué dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Nouvel Horizon.

 

M. Ndiaye a rappelé qu’en 2006, le gouvernement sénégalais a voulu donner ‘’un signal fort à l’attention des investisseurs locaux et étrangers en réduisant substantiellement le taux de l’impôt sur les sociétés’’, se faisant l’écho des débats que suscite la mesure.

 

‘’Évidemment, les avis sont partagés, relève-t-il. Si certains pensent qu’il faut simplement revenir sur la mesure, d’autres estiment qu’il ne serait pas opportun de le faire, principalement pour deux raisons.’’

 

Pour le directeur de la DPEE, le taux actuel de l’impôt sur les sociétés peut être considéré comme un taux d’affichage, ‘’même si les analyses ont montré que la fiscalité n’est pas aussi déterminante dans la décision d’investir comme le laissent penser certains commentateurs’’.

 

La seconde raison, ajoute-t-il, est en rapport avec le processus d’harmonisation fiscale dans l’espace Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), précisant à ce sujet que, suite à cette réforme, ‘’certains pays de l’UEMOA ont pris l’initiative de s’aligner sur le Sénégal’’.

 

Interrogé sur les prévisions de croissance, M. Ndiaye a rappelé que pour 2012, elles ‘’tablent sur un taux de croissance réelle de 4,4%’’. ‘’La croissance devrait être soutenue par la forte augmentation de l’investissement public en 2012’’, a-t-il annoncé.

 

Les ressorts de croissance sont ‘’la poursuite de la mise en œuvre des travaux de l’autoroute à péage et du Plan Takkal, de l’exécution des projets retenus dans le cadre du Millenium Challenge Account (MCA) et les investissements publics dans les secteurs sociaux’’.

 

‘’La restauration d’un approvisionnement fiable et suffisant d’électricité devrait également avoir un impact positif sur les autres secteurs de l’économie’’, a-t-il analysé.

 

Toutefois, ‘’des incertitudes liées aux échéances électorales pèsent sur les prévisions de croissance’’, a souligné M. Ndiaye qui signale que dans le cadre de l’élaboration du Document de politique économique du Sénégal, ‘’un scénario pessimiste a été considéré’’.

 

Ce scénario est fondé sur l’analyse de la période 2006-2009 marquée par divers chocs (flambée des cours du pétrole et des produits alimentaires, crise financière) et un ralentissement de l’activité économique avec une croissance moyenne de 3,2%.

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