Publié le 24 Sep 2018 - 22:15
SECURITE DES PLAGES

Les maitres-nageurs veillent sur ‘‘Bceao’’

 

Les cas de noyade se multiplient dans la plupart des plages de Dakar. Soixante-et-un maitres-nageurs sont mobilisés pour une plus grande sécurité des baigneurs. A Yoff, ‘’Bceao’’ fait figure d’exemple.

 

Après une légère menace de pluie, le soleil réapparait sur la plage de la Bceao, surnommée ainsi du fait de sa proximité avec le centre aéré éponyme. Le long de la berge, les vendeuses de poissons braisés, de brochettes de crevettes ont fini d’installer leurs étalages. Mais les clients se font désirer, en dépit de la marée humaine qui déferle sur la plage. Au moment où les uns se baignent, d'autres profitent du soleil, étendus ou assis sur le sable fin. Installés sous une hutte, un groupe d’hommes vêtus d’uniformes en vert-citron sur lesquels est mentionnée l’enseigne de la mairie de la ville de Dakar, surveillent minutieusement la baignade. C’est le poste de contrôle. Ils sont accompagnés, dans cette tâche, par des sapeurs-pompiers. A l’entrée de la cabine, deux kakémonos sont suspendus horizontalement sur le grillage de clôture du poste. Ils informent sur les consignes et les signaux de sécurité.

Des drapeaux bicolores, jaune et rouge, sont hissés sur de petits poteaux au bord de la mer. ‘‘Ils indiquent que cette partie ne présente aucun danger’’, renseigne un maitre-nageur. De corpulence chétive pour son métier, il explique la signification de ces différentes dispositions. Entre ces deux marques bicolores autorisant la baignade, un autre drapelet rouge est piqué, signifiant que c’est une zone interdite. ‘‘Dans cette partie, il y a un canal, c’est-à-dire un trou profond’’, ajoute-il. L’homme explique d’une voix sereine que certains s’entêtent à aller vers ces endroits. Ce qui n’échappe pas à la vigilance des maitres-nageurs. Ces derniers partent chercher les récalcitrants, le cas échéant. Une tour de surveillance est à l’intérieur du poste de contrôle. Un maitre-nageur joue la sentinelle avec des jumelles.

Contrairement aux autres plages de la banlieue dakaroise, ‘‘Bceao’’ est réputée pour sa grande sécurité. Coiffé d'une casquette bleue avec une bouée de sauvetage en bandoulière, Ibrahima Fall est le président de l'Association des maîtres-nageurs, sauveteurs et surveillants de baignade du Sénégal. Des dispositions sécuritaires ont été prises. ‘‘La commune de Dakar, à elle seule, a mobilisé 61 maîtres-nageurs pour couvrir les 26 plages qui la composent’’, informe-t-il. Les vacanciers disposent de 10 heures de temps pour la baignade, de 9 h à 19 h. Ainsi, les surveillants sont là dès le matin. Cependant, ils sont confrontés aux personnes qui continuent à se baigner au-delà du délai imparti. Ce qui les expose à des menaces graves au contact d’espèces dangereuses de la mer comme la méduse ou la raie électrique. L’intransigeance dans cette surveillance paie.

Cette plage est une exception, par rapport à celles de la banlieue qui ont enregistré 54 victimes. ‘’Il n'y a jamais eu de cas de noyade depuis le début de l’été, au mois de juin dernier’’, se félicite-t-il. Le surveillant de baignade déplore cette triste situation dans les autres parties du littoral dakarois. ‘‘Il faudrait que les autorités mettent également en place un dispositif de sécurité pour les autres plages, car une plage publique, accessible à des personnes, doit être également sécurisée’’, avance-t-il.

Les baigneurs apprécient

Les gens continuent d’affluer de partout. Selon des affinités, des groupes se forment. Certains sont allongés sur des transats, contemplant la beauté de la mer. Les jeunes filles en bikini et les garçons, torse nu, accourent vers l’océan. D’autres sortent et reviennent pour se verser du sable avant de retourner dans l’eau. Les enfants ne sont pas en reste : ils s’adonnent à leurs divers jeux dont la construction de châteaux de sable.

La plage refuse du monde. Beaucoup sont venus pour un concert donné par Wally Seck et organisé par l’opérateur de téléphonie Orange. ‘’Je viens de Guédiawaye pour assister à ce show’’, affirme une jeune fille, la vingtaine environ, l’air joyeux. L’ambiance est au rendez-vous. Un autre groupe est assis près du podium. Une fille veut se déshabiller et se jeter à l’eau. Elle est hésitante face aux regards des passants. Pour certains, c’est la sécurité et la propreté des lieux qui poussent à fréquenter cette plage. Cet état de fait est dû au travail des surveillants qui ont délimité les zones de baignade grâce à leur connaissance de la plage et aux prévisions météorologiques de l'Agence nationale de l'aviation civile et de la météorologie (Anacim).

Les vacanciers, pris dans l’engouement du concert et de la plage, ont quitté très tard, au-delà de l’heure fixée. Une journée sans conséquence que les maitres-nageurs espèrent avoir jusqu’à la fin de l’été. 

LAURA HOUNKPETO & CHEIKH T. NDIAYE (STAGIAIRES)

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