Publié le 26 Oct 2023 - 19:09
TRAFIC ILLICITE DE MÉDICAMENTS

“Entre 20 et 60 % du marché officiel de la zone sahélienne”

 

À l’occasion de la cérémonie de clôture du séminaire de formation sur des acteurs portuaires de la sous-région qui s’est tenu à Abidjan du 16 au 20 octobre, le directeur de l’Institut de sécurité maritime interrégional (ISMI) est revenu sur les ravages du trafic de médicaments et la nécessité de renforcer le contrôle des conteneurs pour lutter contre toutes sortes de trafics.

 

‘’Le ciblage et le contrôle des vecteurs de risques’’. C’était le thème au cœur d’un séminaire qui s’est tenu, du 16 au 20 octobre à Abidjan, dans le cadre des activités de l’Institut de sécurité maritime interrégional (ISMI) et qui a réuni une vingtaine d’acteurs portuaires venus de différents pays dont le Sénégal. Dans sa déclaration de clôture de la cérémonie parcourue par ‘’EnQuête’’, le directeur de l’Institut interrégional est largement revenu sur le fléau des trafics de médicaments, pour illustrer l’importance de renforcer le contrôle dans les ports. ‘’L’Afrique de l’Ouest, informe-t-il, est devenue un hub du trafic de produits médicaux illégaux sur le continent. Médicaments, vaccins, tests de dépistage et autres dispositifs d’injection illicites représentent désormais entre 20 et 60 % du marché officiel de la zone sahélienne, comme le décrypte en détail le rapport intitulé ‘Le trafic illicite de produits médicaux en Afrique de l’Ouest’ publié en août dernier sous l’égide de la CEDEAO’’.

En 2019, rappelle Aké Lazare Abé, la vente de ces produits illicites atteignait déjà le milliard de dollars (exactement 935 millions d’euros), selon l’ONUDC, une valeur supérieure à celles générées par les trafics de pétrole brut et de cocaïne. ‘’Selon Interpol cité par le rapport de la CEDEAO, l’Inde et la Chine sont les principaux pays d’origine des produits médicaux licites et illicites que l’on trouve en Afrique de l’Ouest. La plupart de ces produits sont importés par voie maritime et acheminés vers les principaux ports de Conakry (Guinée), Tema (Ghana), Lomé (Togo), Cotonou (Bénin) et Apapa (Nigeria). Toute la zone des Accords de Yaoundé est concernée’’, soutient le directeur de l’ISMI, non sans souligner que presque tout est importé à travers des conteneurs qui passent dans nos ports respectifs.

Pour lutter contre ce trafic néfaste qui tue chaque année des milliers de personnes (entre 100 000 et 5 000 000), mais aussi contre tous les autres types de trafics, l’ISMI, la coopération française et les États partenaires misent sur la formation et le renforcement du contrôle des conteneurs.

De l’avis d’Aké Lazare Abé, les ports sont le principal point d’entrée et de sortie des flux de marchandises, et à moindre échelle, des personnes. Leur importance est stratégique pour l’économie africaine. ‘’L’efficacité d’une stratégie globale de sécurisation (des ports) repose bien évidemment sur les moyens opérationnels et l’adoption d’un cadre juridique adéquat, mais également sur la capacité des différents acteurs à collecter, analyser, et diffuser l’information afin de cibler les risques, définir des stratégies de lutte et orienter les interventions…

C’est fort de cette perception que les résolutions du sommet de Yaoundé ont mis l’accent, certes sur la formation, la coordination des interventions, mais aussi sur le partage des informations et le renseignement’’, a-t-il insisté. 

MOR AMAR

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