Publié le 7 Apr 2021 - 21:21
1RE ÉDITION DES JOURNÉES ECONOMIQUES DE KEUR SOCE

Pour l’impulsion du développement local


 

Une initiative conjointe de la Chambre de commerce, la mairie et l’ONG Bountifield International (BI) promoteur de matériel post-récolte a abouti à l’organisation de la 1re édition des Journées économiques de Keur Socé. Cela en vue d’impulser le développement économique local.

Hier, s’est ouverte la 1re édition des Journées économiques de Keur Socé. Des acteurs économiques, membres des chambres consulaires et des partenaires y prennent part. L’édile de la commune, El Hadj Malick Ndiéguène, renseigne que cette initiative entre en droite ligne des recommandations du président Sall.

En effet, la commune a élaboré son plan de développement communal. Ainsi, selon le directeur du projet Usaid Bountifield International, Alioune Ndiaye, ces trois journées économiques permettront de décentraliser l’ensemble des activités de développement d’une entreprise en un seul lieu. L’objectif de cette rencontre est, en effet, de trouver les populations dans leur localité, leur apporter la formation qui va avec les technologies, les partenaires qui peuvent les accompagner pour formaliser leur entreprise, accéder au financement, au marché et établir le lien avec des partenaires.

Dans ce cadre, un centre d’assistance et de développement des entreprises et celui de gestion consulaire de Kaolack et de suivi et d’intervention commerciale sont installés sur place. ‘’Chaque entreprise va recevoir les outils qu’il faut, se formaliser avec le bureau de formalisation, élaborer son business plan et commencer le processus avec les institutions de microfinance pour accéder au financement et commencer à développer son marché à travers une plateforme de web jayma et d’autres plateformes où ils vont travailler pour mettre sur le marché leurs produits’’, dit Aliou NDiaye. ‘’Si la mutuelle est confortable avec l’ensemble des dossiers reçus, des accords de financement avec les mutuels peuvent se nouer’’, fait-il savoir.

Quoi qu’il en soit il est prévu de tirer les conclusions des différents échanges afin d’établir des plans d’action pour accompagner les groupements. ‘’Il y aura un plan d’action d’accompagnement que la chambre de commerce va mettre en œuvre pour que, d’ici trois mois, on se retrouve pour évaluer les résultats et voir ce qui reste à faire. La chambre de commerce a pris l’engagement de continuer ce processus avec ses services, pour que tous les groupements qui seront enrôlés soient des clients des services de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Kaolack’’, a-t-il-soutenu.

D’ailleurs, le président de cette structure, Serigne Mboup, pense que c’est un partenariat gagnant-gagnant. Il permet, en même temps, à l’en croire, de répondre à l’appel du chef de l’Etat pour impulser les actions vigoureuses dans la lutte contre le sous-emploi et le chômage des jeunes. L’idée, selon M. Mboup, est d’aider cette commune à exploiter de manière optimale son énorme potentiel agricole en utilisant les opportunités offertes par la nouvelle génération de matériel post-récolte.

‘’84 % du territoire communautaire est annuellement cultivé‘’

Ce que confirme le maire de la commune de Keur Socé, El Hadj Malick Ndiéguène. Il a expliqué que ces journées économiques visent la mobilisation des acteurs, leur engagement et celui des partenaires à la cause du développement économique centrée sur l’émergence du secteur agricole. A son avis, ‘’ces journées économiques permettront de créer des interactions entre les producteurs, les élus, les représentants de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Kaolack et les partenaires’’.

Outre le forum, dit-il, ‘’une exposition permanente et des séances de démonstration sur le moulin seront organisées. Les agriculteurs auront l’opportunité d’utiliser le matériel agricole post-récolte, de connaître le service d’appui économique de la chambre de commerce et concevoir le principe de l’entreprenariat’’. La commune de Keur Socé va ainsi accompagner la vision du chef de l’Etat dans sa politique d’emploi des jeunes, conformément aux orientations du PSE et de l’Acte 3 de la décentralisation. Elle compte arrimer ses priorités au développement de l’agriculture qui constitue la principale activité économique de la zone. Il est urgent, selon le maire, et nécessaire de créer les conditions d’appui à la commune et à mieux tirer profit de ses richesses agricoles plombées par les contraintes liées aux aléas climatiques.

Selon lui, la commune dispose d’importantes potentialités, car près de 95 % de la population ont une longue tradition d’agriculteurs. L’étendue des superficies emblavées ramenées à la population active donne une moyenne de 12 ha par paysan. En effet, informe-t-il, 84 % du territoire communautaire est annuellement cultivé avec des rendements variables de l’ordre de 300 kg par ha pour l’arachide, 650 kg par ha pour le maïs, 900 kg par ha pour le sorgho, 600 kg par ha pour le mil. Il signale que depuis les années 90, une bonne introduction de la culture de la pastèque est notée dans la commune avec des rendements substantiels de l’ordre de 15 000 kg par ha.

Aussi, rappelle M. Ndiéguène, la commune de Keur Socé a un réseau important de groupements féminins dont des coopératives qui œuvrent dans des activités de maraîchage et de transformation agricole. ‘’Cette dynamique reste cependant à développer avec l’absence d’accompagnement soutenu en équipements appropriés, à la formation et à l’accès au crédit indispensable pour renforcer cette filière émergente de transformation de produits locaux’’, explique-t-il.

Malgré ces difficultés, il annonce que cette même filière maraîchère a permis la création de plus de 3 000 emplois et espère qu’avec ce nouveau partenariat, les chiffres vont augmenter.

Aida Diène