Publié le 30 Mar 2020 - 17:55
APPUI SYSTÈME BANCAIRE ET FINANCEMENT ÉCONOMIE UEMOA

La BCEAO fixe son taux sur les guichets d’appel d’offres à 2,50 %

 

Pour accompagner le système bancaire et assurer le financement de l’économie dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) face aux impacts négatifs de la Covid-19, la Banque centrale a décidé d’organiser, à compter du 27 mars 2020, les adjudications sur ses guichets d’appel d’offres au taux fixe de 2,50 %, son plus faible taux d’intervention.

 

À l’image des autres institutions financières ou monétaires à travers le continent ou le monde, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) s’est engagée dans la lutte contre les effets négatifs de la Covid-19 sur le système bancaire et l’économie de la sous-région. ‘’Dans le cadre de la mise en œuvre des mesures prises par la BCEAO le 21 mars 2020, en vue de contrer les impacts négatifs de la pandémie de la Covid-19 sur le système bancaire et assurer le financement de l’activité économique dans l’union, la Banque centrale a décidé d’organiser, à compter du 27 mars 2020, les adjudications sur ses guichets d’appel d’offres au taux fixe de 2,50 %, son plus faible taux d’intervention’’, informe l’institution dans un communiqué rendu public samedi.

D’après la Banque centrale, cette opération vise à fournir aux banques les ‘’ressources nécessaires’’ à ‘’moindre coût’’. Ceci, en vue de ‘’conforter’’ leur liquidité et leur permettre de ‘’maintenir et d’accroître’’ les crédits à l’économie à des taux plus bas, notamment en faveur des entreprises et des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). ‘’Il est donc attendu des banques qu’elles répercutent cette baisse du coût de leurs ressources sur les taux d’intérêt des crédits à la clientèle, particulièrement dans le cadre des réaménagements des crédits aux entreprises résidentes affectées par la pandémie et qui rencontrent des difficultés à assurer le paiement de leurs échéances’’, précise la BCEAO.

Ainsi, la Banque centrale réaffirme sa détermination à ‘’prendre toutes autres mesures qui s’avéreraient nécessaires’’, dans le cadre de sa mission, pour contrer les effets néfastes de la pandémie de la Covid-19 sur les économies de l’union.

Pour rappel, au regard des effets que cette crise pourrait avoir sur le système bancaire et le financement de l’activité économique dans l’union, la Banque centrale avait pris, la semaine dernière, un certain nombre de mesures. Il s’agit, entre autres, d’augmenter les ressources mises à la disposition des banques, afin de permettre à celles-ci de maintenir et d’accroître le financement de l’économie. À cet égard, une première hausse de 340 milliards a été apportée au montant que la Banque centrale accorde chaque semaine aux banques, pour le porter à 4 750 milliards. Il était aussi envisagé d’élargir le champ des mécanismes à la disposition des banques pour accéder au refinancement de la Banque centrale.

Dans ce cadre, la BCEAO a pris l’initiative de faire la cotation de 1 700 entreprises privées dont les effets n’étaient pas acceptés auparavant dans son portefeuille. Une action qui, d’après elle, permettra aux banques d’accéder à des ressources complémentaires de 1 050 milliards et aux entreprises concernées de négocier et bénéficier de meilleures conditions pour leurs emprunts. Enfin, il était prévu d’affecter 25 milliards au Fonds de bonification de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). Ceci pour permettre à celle-ci d’accorder une bonification de taux d’intérêt et d’augmenter le montant des prêts concessionnels qu’elle accordera aux États pour le financement des dépenses urgentes d’investissement et d’équipement, dans le cadre de la lutte contre la pandémie.

MARIAMA DIEME

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