Publié le 21 Sep 2012 - 10:08
BACHELIERS NON-VOYANTS DE THIÈS

Leur marche réprimée, ils sont placés en résidence surveillée

 

 

 

Les bacheliers non-voyants voulaient marcher de Thiès à Dakar pour amener le président Macky Sall à respecter ses engagements de leur trouver des bourses afin de poursuivre leurs études à l’étranger. Mais leur marche a été réprimée par les forces de sécurité de la ville de Thiès qui les ont ramenés à leur école où ils sont maintenant en résidence surveillée.

 

Pourtant dans la matinée, l’ambiance était au beau fixe, une quarantaine de non-voyants et de handicapés moteurs taquinaient les limiers : ‘’Le commissaire nous a dit que notre amitié sera brisée aujourd’hui’’. Même pas 10 mn, le gyrophare retentit, les policiers sont aux ordres. Le commissaire Abdou Wakhabou Sall sermonne les bacheliers. ‘’Depuis le début nous avons d’excellents rapports, donc écoutez-moi. Vous ne pouvez pas marcher jusqu’à Dakar, c’est impossible. En attendant que les autres continuent les démarches, vous êtes obligés de réintégrer votre école’’, leur lance-t-il. Réponse des non-voyants : ‘’Soit vous nous faites intégrer l’école par la force, soit on continue la marche. On avance, on ne négocie pas’’. Le commissaire insiste : ‘N’essayez pas de me forcer parce que maintenant vous êtes sur la voie publique, vous êtes plus dans l’école. C’est moi qui gère l’ordre public ; si je vous dis que vous ne pouvez pas faire une marche sans autorisation, c’est que vous ne pouvez la faire’’.

 

Téméraires, les non-voyants entonnent leur chanson préférée : ‘’Nous disons non, nous disons non ! Camarades élèves, camarades non-voyants, il est temps de vous dire : nous disons non !’’. ‘’Actuellement, nous sommes en route, destination Dakar plus précisément au palais présidentiel. Nous voulons voir le président de la République parce qu’on a travaillé avec plusieurs ministres mais sans succès. Nous sommes en grève de la faim depuis une semaine, ça suffit’’, lancent-ils, précisant que ‘’c’est une question de réussite ou de mort. Nous poursuivons la lutte quelque soit la situation. Nous sommes 40 au départ, même si une seule personne arrive à Dakar et le reste admis à l’hôpital, c’est bon. L’essentiel, c’est de transmettre nos doléances au président’’, dira leur porte-parole.

 

Arrivés à hauteur de Madina Fall, les policiers bandent les muscles. 4 non-voyants sont embarqués difficilement par les limiers, les autres continuent la marche tout en exigeant la libération de leurs camarades conduits au Commissariat central. Au rond-point Nguinth, même scénario. Cette fois, ils ont été violemment tabassés par les policiers et Ablaye Ndiaye et Gawane Diouf sont conduits aux urgences de ’hôpital Amadou Sakhir Ndjéguène de Thiès. Déterminés, les 7 derniers continuent l’aventure.

Mais ils ont été interpellés à l’entrée de Thiès et placés en résidence surveillée au sein de l’institut national d’éducation et de formation des jeunes aveugles. ‘’C’est une injustice sociale, il faut le dire. Le problème, c’est que les autorités se fichent de la prise en charge des handicapés’’ s’époumone Samba Diao président de l’association des handicapés moteurs de Kaffrine.

 

Ndèye Fatou Niang (Correspondante, Thiès)

 

AVERTISSEMENT!

Il est strictement interdit aux sites d'information établis ou non au Sénégal de copier-coller les articles d' EnQuête+ sans autorisation express. Les contrevenants à cette interdiction feront l'objet de poursuites judiciaires immédiates.

 

 

 

Section: