Publié le 29 Sep 2020 - 03:11
CEREMONIE DE DEDICACE

Serigne Saliou, itinéraire d’un ‘’bâtisseur des âmes’’

 

‘’Vie et œuvre d’un bâtisseur des âmes’’. Telle est la toute nouvelle production de Serigne Souhaybou Kébé, consacrée au dernier fils de Cheikh Ahmadou Bamba sur terre, Serigne Saliou Mbacké. Publié aux éditions L’Harmattan/Sénégal, la cérémonie de dédicace du livre a eu lieu, le samedi, à Masalikul Jinaane.

 

C’est une entreprise inédite. Peindre la vie et l’œuvre de Serigne Saliou Mbacké en 300 pages. Voilà ce qu’est parvenu à réaliser Serigne Souhaybou Kébé, spécialiste des sciences islamiques, petit-fils du défunt khalife de Bamba. Pourquoi cet ouvrage publié aux éditions L’Harmattan ? Il explique : ‘’Nous avions l’habitude d’écrire sur l’islam ; le tassaouf ; la voie mouride… Mais là, nous nous sommes dit que tout cela est réuni en cet homme. Serigne Saliou est l’incarnation de toutes ces bonnes pratiques que nous ne cessons de vulgariser. Au lieu de continuer à enseigner la théorie, nous estimons qu’il est encore plus pédagogique de montrer cet exemple concret. C’est beaucoup plus facile à comprendre.’’

Ainsi, en trois parties, l’auteur a décrit de pans entiers de la vie et de l’œuvre du dernier fils de Serigne Touba sur terre. D’abord, il y a la première partie qui parle de ‘’L’homme et de son environnement’’ ; la deuxième partie consacrée à ‘’L’homme et son parcours’’ et enfin la troisième qui évoque ‘’L’homme et sa mission’’.

L’un des aspects les plus importants de cette œuvre colossale, c’est l’érection des ‘’daaras’’ pour l’éducation et l’agriculture. Selon l’auteur, la première expérience de Serigne Saliou dans l’agriculture a été Ndoukmane, vers Mbackol, en 1931. ‘’La récolte fut très bonne grâce à ses disciples, mais Serigne Salou n’en garda rien. Il avait offert toute la récolte à Serigne Moustapha Mbacké pour la construction de la grande mosquée de Touba’’.

Ensuite, sont venus les ‘’daaras’’ de Gotte (1934), Nekhane (1936) ; les ‘’daaras’’ du Diobass, jusqu’à Khabane, Ndiapandal, Ndiouroul, Khelcom, entre autres. En plusieurs pages, l’auteur est revenu sur l’historique, les péripéties et l’organisation de ce qu’il considère comme une révolution verte, initiée au début des années 1990.

Au cours de l’une de ses visites auprès de Cheikh Malick Bassine Sy dans le Saloum, rapporte-t-il, le cheikh apprécia la forêt de Khelcom et pensa qu’elle serait idéale pour créer des centres islamiques au service de Khadimoul Rassoul. ‘’A son retour, il demanda au khalife Serigne Abdoul Ahad de prier afin qu’il puisse concrétiser ce vœu qui devait se réaliser plus tard… En 1991, le président de la République signa un décret qui déclassait 45 000 hectares de la forêt de Khelcom, afin qu’il y pratique l’agriculture’’, souligne l’auteur à la page 211. Un projet qui s’est heurté, à l’époque, à une opposition farouche des ONG.  

Pour le représentant du khalife général des mourides à Dakar, il est presque impossible de parler de l’homme dans toute sa dimension en un seul livre. Il souhaite déjà la rédaction d’autres tomes. ‘’Serigne Saliou est une référence dans le monde musulman. C’est lui qui a initié le processus qui nous a menés vers cet endroit (mosquée Masalikul Jinaane). Je pense qu’on devait même mettre tome 1. Parce que la vie exceptionnelle de Serigne Saliou ne peut se résumer en un seul tome. C’est même impossible de le faire en 2 ou 3 tomes. C’est un homme multidimensionnel’’.

 A en croire le docteur Abdoulaye Diallo de L’Harmattan, d’autres projets seraient en cours. ‘’Dans ce livre, il est juste question de la dimension bâtisseur des âmes de Serigne Saliou. Nous travaillons déjà sur les autres facettes de l’homme’’, informe le Dr Diallo.  

Présent à la rencontre, Me Madické Niang, qui a préfacé le livre, a apporté son témoignage : ‘’C’est difficile pour moi de parler de Serigne Saliou. Un jour, on était à Touba avec un Blanc. Il a vu comment les gens se bousculaient pour faire le ‘ziar’. Quand il est entré, il a voulu se mettre à terre. Mais le marabout l’en a défendu et a conseillé de lui apporter une chaise. Ensuite, il lui a servi lui-même du café et le Blanc s’est mis à pleurer. On lui a alors demandé pourquoi il pleure ? Il a répondu que certes il n’est pas musulman, mais il n’a vu, en cet homme, un véritable homme de Dieu.’’

Madické Niang d’ajouter : ‘’Imaginez toute sa puissance, tous ces gens qui lui ont fait don de leur vie et comme il est simple ! Voilà Serigne Saliou. C’est très important de vulgariser son œuvre. Je suis convaincu que si l’humanité s’inspirait de lui, le monde serait meilleur.’’

Quant à Mamadou Diop Decroix, il a insisté sur le double courage de l’auteur. Courage d’avoir pris cette initiative consistant à écrire sur un homme de cette dimension ; courage de se confronter à ceux qui ont eu à fréquenter l’homme. Pour le traducteur de ce livre d’abord disponible en version arabe, ‘’lire ce livre, c’est vivre étape par étape avec Serigne Saliou’’. 

MOR AMAR

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