Publié le 15 Jul 2020 - 18:34
CITE DANS LE RAPPORT DE L’IGE

Talla Sylla se fâche et ‘’épingle’’ aussi l’inspection

 

Le rapport 2015-2016 de l’Inspection générale d’État (IGE) a ressorti beaucoup ‘’d’anomalies et d’incongruités’’ dans la gestion de la mairie de la ville de Thiès. Le maire, Talla Sylla, a tenté, hier, de rétablir son honneur et se dit choqué de la manière dont on se sert, au Sénégal, des institutions pour ‘’s’attaquer aux adversaires ou futurs adversaires politiques’’.

 

Séance d’explications à double vitesse ! Le maire de la ville de Thiès a bien appliqué cette formule, hier, lors de son face-à-face avec les journalistes. Epinglé par le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) qui a fait l’objet d’une large diffusion avant-hier dans la presse, Talla Sylla a voulu, très tôt, tirer les choses au clair.

Dans le document précité et qui mouille le patron de Fal Askan Wi (élire le peuple), il ressort que sur le budget prévisionnel de 1 950 000 000 F CFA de l’année 2015, le montant des réalisations n’a même pas excédé 500 millions. Il est tout simplement arrêté à 410 123 504 F CFA, soit 21 % en valeur relative. Même si le rapport note que ‘’certaines activités ont été prévues et exécutées’’, la mission de l’IGE fait comprendre que ces dernières ‘’ne relèvent plus de la compétence des villes’’. C’est le cas d’ailleurs des fournitures scolaires qui ont été acquises à hauteur de 19 558 500 F CFA par la mairie de Thiès.

Outre les fournitures, l’équipe dirigée par Talla Sylla est allée à la rescousse des populations indigentes. Le montant de cet appui est estimé à 16 000 000 F CFA.

Même si M. Sylla pense n’avoir commis aucune erreur, l’article 170 de la loi n°2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des collectivités locales (territoriales) est bien clair et a bien réglé cette question. Il indique clairement que : ‘’L’acquisition des fournitures scolaires ne figure pas parmi les attributions de la ville.’’ C’est pourquoi le rapport de l’IGE parle de ‘’beaucoup d'anomalies et d’incongruités’’ constatées, dans la mesure où ‘’beaucoup d’activités’’ exécutées par la mairie de ville, alors qu’elles devraient être gérées par les communes d’arrondissement sises dans la cité du Rail.

Cependant, pour le maire de Thiès, tout ce qui est dit dans le rapport ne va, en aucun cas, l’empêcher de voler au secours des populations de la ville qui, selon lui, sont dans le besoin. ‘’J’ai un peu été interpellé par le fait que, à ma connaissance, ce rapport n’a pas été déclassifié. Le rapport de l’Inspection générale d’État est secret. Il est même plus que confidentiel. Il est secret. On ne peut pas divulguer tout ou partie de ce rapport. Même si l’IGE se déplace et remet officiellement ses rapports au président de la République, ses rapports ne peuvent pas être dans le domaine public, s’ils ne sont pas déclassifiés. Quand même, ça pose un autre problème, puisqu’il faut parler de gestion, de démarche, d’améliorer les relations entre institutions. Parce que, quand nous parlons de Constitution, nous parlons de relations entre les institutions, entre les institutions et les citoyens eux-mêmes (…). Je pense que le rapport, quand il est secret, s’impose d’abord à ceux qui sont des dirigeants dans ce pays’’, a tenté de défendre Talla Sylla. De plus, a-t-il ajouté, le fait de soutenir les Thiessois relève de son droit le plus absolu.

Talla, l’IGE, ses adversaires et son combat actuel

L’édile de Thiès soutient que tout ce qui est dit dans le rapport ‘’honore’’ son équipe et lui-même. Même s’il ne ‘’peut pas comprendre’’ la position de l’IGE. Il affirme que ces éléments ne représentent rien comparé à ce qui se trouve dans le rapport concernant la gestion de leurs prédécesseurs. ‘’Comment comprendre que des gens n’aient choisi que ça dans le rapport pour le publier ?’’, s’est-il interrogé. Rien que pour ce constat, Talla Sylla relève des dysfonctionnements.

Pour lui, il y a deux problèmes. ‘’Il y a un premier problème légal, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de déclassification et il y a un problème moral’’, s’est-il désolé. La mission de l’IGE de s’intéresser à la gestion des institutions est un acte légal. Par contre, le maire de Thiès soupçonne une volonté de nuire à des hommes politiques. ‘’Je pense que quand on est à côté du président de la République, on a l’obligation de comprendre quelle est sa mission, quelles sont ses orientations, quel est son engagement en faveur de ce pays et de respecter ces orientations-là. Moi, je pense qu’on ne peut pas se servir des institutions pour essayer de s’attaquer à des adversaires politiques ou à de futurs adversaires politiques. Moi, je ne suis l’adversaire politique de personne. Si je disais tout ce que sais, beaucoup de gens cesseraient de parler sur les plateaux de télévision ou de radio’’, s’est indigné Talla Sylla.

Avant de clamer haut et fort être au service exclusif de ses administrés et, au-delà, des citoyens du pays. ‘’Je suis un serviteur des Thiessois. Je suis un serviteur des Sénégalais. Je ne suis engagé dans un aucun combat autre que celui qui concerne les citoyens sénégalais, notamment en cette période de pandémie. Nous avons besoin de renforcer les synergies, les dynamiques unitaires et communautaires pour nous renforcer et aller dans le sens de réussir ce combat contre la Covid-19. Moi, je ne suis engagé que dans ce combat. Je ne suis l’adversaire de personne dans ce cadre-là’’, a-t-il fait remarquer.

En bon stratège, Talla Sylla a fait une digression et s’est intéressé à l’acte III de la décentralisation. Il a proposé toute une panoplie de recommandations. A son avis, il ‘’va falloir, dans le cadre de l’évaluation de l’acte III de la décentralisation, faire évoluer les choses’’.

GAUSTIN DIATTA (THIES)

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