Publié le 6 Jan 2021 - 19:22
DEUXIEME VAGUE DE COVID

Macky monte au front

 

Dans un nouveau discours à la Nation, hier, le président de la République, Macky Sall, a annoncé de nouvelles mesures pour lutter contre ce qu’il est convenu d’appeler la deuxième vague de coronavirus. Ces mesures ont été prises suite à une réunion de crise du CNGE tenue au palais de la République.

 

La nouvelle est tombée comme un couperet. Hier, vers les coups de 21 h, la RTS a lâché ce que bon nombre de Sénégalais craignaient depuis un certain temps, avec la recrudescence de la pandémie. Il s’agit de nouvelles mesures de restrictions pour lutter contre la deuxième vague meurtrière de coronavirus.

Sur la chaine nationale, le président de la République confirme en ces termes : ‘’L’heure est grave. Face, d’une part, à un relâchement presque général sur le respect des mesures barrières et du port correct du masque, d’autre part, à la recrudescence des cas communautaires, des cas sévères, des cas graves et des décès, j’ai décidé de décréter l’état d’urgence dans les régions de Dakar et Thiès, à compter de demain (aujourd’hui).’’

Cet état d’urgence, indique le président Macky Sall, sera assorti d’un couvre-feu allant de 21 h à 6 h dans ces deux régions qui concentrent plus de 90 % des cas de Covid-19.  

Le ton martial, le président s’est néanmoins voulu rassurant face aux Sénégalais qui s’inquiètent de plus en plus. ‘’La poussée, souligne-t-il, est partout. Le Sénégal dispose des ressources humaines, matérielles et financières pour agir efficacement, afin de contenir la propagation de la maladie. J’en appelle à la mobilisation de toutes les forces vives de la nation. Je compte sur l’engagement communautaire, ainsi que sur le soutien des notabilités religieuses et coutumières, des élus, des jeunes et des femmes pour accompagner le travail patriotique de nos vaillants personnels de santé et de la sécurité’’.

Dans la foulée, deux ministres au cœur du dispositif sont montés au créneau pour préciser, sur la chaine publique, la pensée de leur chef. Il s’agit du ministre de l’Intérieur Antoine Félix Diome et de son homologue en charge de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr.

D’après le premier, ces nouvelles mesures de restriction vont durer 12 jours. Il précise : ‘’Les Sénégalais savent maintenant très bien les mesures qui sont concernées par l’état d’urgence. Cela se traduit par la présence des forces de l’ordre sur le terrain pour les faire respecter dans toute leur rigueur. Ces mesures, il faut le rappeler, c’est l’interdiction de tout rassemblement, le port obligatoire du masque…’’.

Pourquoi un couvre-feu seulement dans les régions de Dakar et Thiès ? A entendre le ministre de la Santé et de l’Action sociale, c’est parce que la situation dans ces deux régions est assez inquiétante. Selon Abdoulaye Diouf Sarr, ces deux régions concentrent à elles seules presque 90 % des cas de Covid-19 au Sénégal. ‘’Sur les 19 964 cas sous traitement, insiste-t-il, Dakar compte plus de 13 000 cas et Thiès plus de 2 000 cas. D’où les mesures draconiennes prises à leur encontre’’.

Selon le ministre de la Santé, ces nouvelles mesures étaient devenues indispensables pour éviter la catastrophe au Sénégal. Il explique : ‘’Prenons le mois de novembre par exemple : il y avait 477 cas. Et en décembre, il y a eu un bond extraordinaire, pour atteindre 3 257 cas. A lui seul, ce mois égale le mois d’août. Dans la même période, le nombre de morts est passé de 6 en novembre contre 77 en décembre. C’est exceptionnel. Si on ne l’arrête pas, on risque d’entrer dans une situation incontrôlable. Les cas graves ont également été multipliés de façon exponentielle’’.

Vaccination

Par ailleurs, dans son discours à la Nation, le président de la République a particulièrement insisté sur la nécessité de vacciner les Sénégalais pour lutter contre le coronavirus. A ce titre, il dit avoir ‘’ordonné qu’une stratégie nationale de vaccination’’ lui ‘’soit proposée dans les meilleurs délais, pour prendre en charge, et en priorité, la vaccination du personnel médical et des groupes cibles qui nécessitent la plus grande attention’’.

Selon le chef de l’Etat, à compter d’aujourd’hui, le pays verra ‘’les mesures qui vont accompagner cette nouvelle phase. Mais il faut une dimension particulière pour la stratégie vaccinale au moment où nous devons également faire face à la multiplication des cas graves’’.

Les nouvelles mesures restrictives ont été prises à l’issue d’une réunion de crise qui a eu lieu au palais de la République et qui aura duré plus de 5 tours d’horloge. Etaient présents, entre autres, la directrice de la Santé Marie Khémesse Ndiaye, le directeur de la Prévention El Hadj Mamadou Ndiaye, le Pr. Seydi, le Dr Bousso et le directeur de l’Institut Pasteur. 

Le transport capitule

C’est certes un coup de massue, mais les acteurs du transport le prennent avec beaucoup de philosophie. ‘’En tant que citoyens, souligne le syndicaliste Pierre Mbakhane Gomis, on ne peut qu’obéir. On n’a pas le choix. Mais si ça ne dépendait que de nous, de telles mesures ne vont jamais être prises. Il ne faut pas oublier que c’est en pleine crise que le président nous avait dit qu’il faut vivre avec le virus. Si quelques mois après, il se prononce de la sorte, peut-être, c’est parce que c’est la seule solution. C’est quand même une décision très dure’’.

Pour le responsable à la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), ces mesures doivent nécessairement être accompagnées, comme lors de la première vague. ‘’Le président ne peut prendre de telles mesures sans faire ce qu’il avait fait, c’est-à-dire soutenir ces Sénégalais qui risquent de perdre tout ou une bonne partie de leurs revenus. Nous ne pouvons que nous soumettre aux mesures édictées par l’autorité, mais celle-ci doit aussi penser aux conséquences sociales et économiques de telles mesures. Il faut vraiment des mesures d’accompagnement. Sinon, les méfaits risquent d’être plus nombreux que les bienfaits’’.

Président de l’Association de financement des transports urbains (Aftu), Mbaye Amar s’est montré fort surpris par les nouvelles mesures. Il peste : ‘’C’est vous qui me l’apprenez. Nous ne sommes vraiment pas prêts à vivre ce qu’on avait vécu. Ce serait catastrophique pour les acteurs et les populations. Mais qu’est-ce qu’on peut faire ? L’Etat a la force, mais il doit aussi penser à ses enfants. D’autant plus qu’il ne peut plus mobiliser autant d’argent pour appuyer les acteurs de l’économie. Et nous n’allons pas manger du sable. Ces mesures seront lourdes de conséquences.’’

MOR AMAR

 

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