Publié le 12 Sep 2020 - 02:35
IMPACTS COVID-19 EN AFRIQUE

Le Cnuced prévoit une baisse de 1,7 % des échanges de marchandises 

 

Le volume des échanges de marchandises de l’Afrique va connaitre une baisse de 1,7 %, aussi bien pour les importations que les exportations. L’annonce a été faite hier, par la directrice de la Division de la technologie et de la logistique au sein de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced), Shamika Sirimanne, lors d’un webinaire sur les échanges commerciaux en Afrique.  

 

La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced) prévoit une légère baisse des échanges de marchandises pour l’Afrique, surtout avec la Covid-19. ‘’Selon nos prévisions, l’Afrique aura un volume des échanges de marchandises qui va connaitre une baisse de 1,7 % aussi bien pour les importations que les exportations. C’est très difficile de faire des prévisions en cette période. Peut-être qu’il y aura des modifications durant le 3e trimestre. Mais il faut savoir que les données en temps réel sont cruciales pour superviser les données économiques durant les périodes de chocs comme cette pandémie. Nous avons besoin de données rapidement pour nous les décideurs, afin de prendre des décisions fondées sur des informations fiables’’, affirme la directrice de la Division de la technologie et de la logistique de la Cnuced.

Shamika Sirimanne s’exprimait hier, lors d’un webinaire sur la facilitation du commerce en Afrique.

D’après Mme Sirimanne, il est important de maintenir les ports ouverts pour que les bateaux circulent, afin de livrer les marchandises attendues en cette période de pandémie. ‘’Cet appel a été très bien reçu. Ce qui montre l’importance de cette industrie de transport maritime. L’Afrique dépend beaucoup des ports et des navires pour le commerce. Ceci, même si l’Afrique représente moins de 3 % du commerce international’’, dit-elle. Alors que les Etats membres promulguent de nouvelles lois, de nouvelles agrémentations, la directrice de la Division de la technologie et de la logistique de la Cnuced souligne que le partage des informations avec leurs homologues de l’autre côté des frontières et pour les commerçants, constitue un défi.

Ainsi, elle suggère l’utilisation de ‘’meilleurs systèmes’’, de ‘’meilleures plateformes’’ pour le partage de telles informations. Pour les frontières, Shamika Sirimanne estime qu’il urge d’insister sur des solutions bilatérales face aux problèmes multinationaux.

Opter pour des régimes simplifiés des échanges commerciaux

Aujourd’hui, même si la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) n’est pas officiellement lancée à cause de la Covid-19, le représentant de la Commission de l’Union africaine à cette rencontre virtuelle a relevé qu’il y a des échanges qui se font sous les auspices de cet accord entré en vigueur depuis mai 2019. ‘’Mais quand nous avons des marchandises qui viennent du Caire jusqu’à Bissau, quel système devons-nous utiliser en matière de transit ? Nous traversons plusieurs communautés économiques régionales (CER) et quels sont les systèmes de transit qui vont advenir à cet égard ? Est-ce que nous ne devons pas réfléchir à un système de transit unifié au niveau du continent ? Et c’est l’Union africaine doit mener la réflexion. Je suis pour les régimes simplifiés des échanges commerciaux’’, dit Dhunraj Kassee.

D’après lui, au niveau de l’Union africaine, ils essayent de promouvoir le système STR (régimes simplifiés des échanges commerciaux). ‘’Nous sommes d’ailleurs en cours d’élaboration d’ateliers de travail, de sensibilisation dans d’autres régions pour déployer ces systèmes d’échanges simplifiés. Au niveau de l’Union africaine, nous essayons d’identifier les bonnes pratiques dans les différentes régions pour les déployer dans d’autres. Tout cela au profit de l’Afrique. Au niveau de l’UA avec nos collègues de la CEA, nous essayons de mettre en place des lignes directrices pour faciliter les échanges commerciaux dans le cadre de la Covid-19.  Nous avons d’ailleurs des lignes directrices existantes’’, renchérit-il.

Toutefois, M. Kassee, souligne qu’iI y a encore certaines CER qui n’ont pas encore adopté ces lignes directrices. Et pour la CEDEAO, il indique que ces lignes sont en cours d’adoption par les organes délibérants. ‘’Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est de prendre en considération les lignes directrices existantes et essayer d’avoir des lignes directrices unifiées avec, en ligne de mire, le continent. Nous travaillons sur ces aspects au niveau de l’UA pour avoir un document de facilitation des échanges non seulement pendant la Covid-19, mais aussi dans d’autres situations d’urgence dans l’avenir’’, relève-t-il.

Un sommet prévu en décembre 2020 pour conclure sur les sujets en suspens concernant la Zlecaf

Concernant le démarrage officiel de la Zlecaf, le directeur de la Division de l’intégration régionale et du commerce de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Stephen Karingi, a signalé qu’il y a encore des sujets de discussions qui ‘’ne sont pas encore abordés’’. Il s’agit notamment de la compétition et des droits intellectuels. ‘’Et pour son entrée en vigueur officielle en juillet, il y avait encore quelques questions en suspens. Il y avait un sommet prévu pour la Zlecaf en Afrique du Sud, en mai dernier. Durant cette rencontre, on devait se pencher sur les questions de règles d’origine sur les échanges de biens, mais aussi de services’’, rappelle-t-il.

En raison de la pandémie, M. Karingi a notifié que les Etats membres ‘’n’ont pas pu conclure’’ ces questions, pour avancer sur les travaux. Et les négociateurs non plus, n’ont pas pu aller au terme de leurs travaux. ‘’Depuis lors, une plateforme suffisamment sûre, sécurisée a été mise en place pour les négociations entre les pays. C’est pourquoi la date de janvier 2021 nous apparaît maintenant faisable.  A présent que nous avons le Secrétariat de la Zlecaf, avec son SG, des locaux mis à disposition par l’UA, le recrutement des directeurs qui est en cours, nous pourrons assez rapidement nous mettre au travail pour maintenir la date de janvier 2021. Il y aura d’ailleurs un sommet qui va conclure sur les sujets en suspens en décembre 2020’’, conclut-il.

MARIAMA DIEME

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