Publié le 27 Feb 2020 - 02:54
LITIGE FONCIER A KOUNOUNE

150 familles sur le point de perdre leurs maisons

 

Les habitants de Kounoune Dalal Jam vivent dans la hantise de perdre leurs maisons acquises au prix de nombreux sacrifices. La centaine de concessions du quartier risque d’être démolie, comme cela a été le cas des maisons de Tivaouane Peulh situées sur l’emprise de la VDN. La Socabeg dispose d’une assignation en expulsion, après avoir saisi la justice. 

 

La situation est angoissante pour les habitants de Kounoune Dalal Jam qui ont fait face à la presse, pour alerter sur les menaces qui pèsent sur eux. Mory Thiam, Coordonnateur du Collectif des résidents de Dalal Jam, informe : ‘’La Socabeg nous a assignés en expulsion, au motif que nous occupons un site lui appartenant.’’ Ce qui est absurde, aux yeux de ces attributaires, note leur coordonnateur. ‘’La Socabeg a acheté un titre foncier en 2017, alors que nous, nous disposons de délibérations qui ont été signées par le maire et approuvées par l’autorité administrative qui datent de 2012. Et nous occupons ce site depuis 2012’’.

L’autre incohérence relevée dans cette affaire, explique Mory Thiam, ‘’c’est qu’ils disent qu’ils ont acheté 5,600 hectares, alors que le site que nous occupons ne fait même pas 4 hectares ; il fait 3,800 ha’’. 

D’ailleurs, ils renseignent avoir fait un lever topographique de la zone. Il se trouve que la superficie litigieuse fait bien partie du domaine national. Du coup, elle n’est pas un titre foncier. Ainsi, Amadou Ndoye, un autre membre du collectif, parle d’acharnement. Car, explique-t-il, les documents qu’ils ont en leur possession sont plus anciens (5 ans) que ceux de la Socabeg. ‘’Nous avons acquis légalement ces terrains au prix de multiples efforts. Nous lançons un appel, d’abord à la Socabeg, en lui faisant savoir que si elle veut nous déposséder, elle doit d’abord passer sur nos cadavres. Ces terrains nous appartiennent et nous ne quitterons sous aucune pression’’, prévient le propriétaire. 

Le coordonnateur du collectif conclut qu’il s’agit, ni plus ni moins, que d’une spoliation. Selon lui, ‘’c’est la énième tentative de spoliation foncière. Des cas pareils, on en a connu à Tivaouane Peulh, on en a connu à Jaxaay et nous souhaitons alerter les autorités pour qu’elles réagissent, parce qu’il faut que ce genre de pratique cesse. Nous ne pouvons pas nous battre pour acheter ces maisons et nous réveiller un beau jour pour subir des tentatives d’intimidation venant de la Socabeg’’. 

PAPE MOUSSA GUEYE (RUFISQUE)

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