Publié le 17 Aug 2018 - 21:22
LUTTE CONTRE LE VIH

Les handicapés réclament une meilleure place

 

Toujours mal positionnées dans les stratégies de lutte contre le Vih, les personnes vivant avec un handicap demandent leur inclusion totale.

 

Les populations clés (Msm, travailleuses du sexe, consommateurs de drogues injectables) ont toujours occupé la place prioritaire dans la lutte contre le Vih/sida. Cela s’explique par le fait que cette cible a le taux le plus élevé. Pourtant, à côté de cette population clé, il y a les personnes vivant avec un handicap qui ont un taux de prévalence (1,9 %) qui double la moyenne nationale (0,7 %). Pour lutter contre cela, Handicap International a lancé, cette semaine, un plan national de plaidoyer pour l’inclusion de ces personnes dans les stratégies de lutte contre le Vih.

Selon le président de la Fédération sénégalaise des personnes vivant avec un handicap, si le taux est aussi élevé, c’est parce que, de tout temps, on avait oublié cette couche dans la stratégie de réponse. ‘’On avait trop mis le focus sur les autres, comme les professionnels du sexe, en oubliant le groupe handicap. Dans ce dernier, il y a les femmes qui sont beaucoup plus touchées. Cela est lié à certaines croyances et aux violences dont elles sont victimes’’, explique Yatma Fall.

Celui-ci recommande la recherche rapide d’une solution, sachant que cette cible est considérée comme une passerelle, c’est-à-dire des personnes par qui on peut être infecté. ‘’Il y a lieu de se réjouir du fait que les autorités ont pris conscience de cette affaire et ont décidé d’accompagner les personnes handicapées pour davantage les protéger. Nous attendons que ce handicap soit correctement pris en compte’’, a-t-il  laissé entendre. Pour ce faire, il faut, selon M. Lô, renforcer la formation des prestataires de services de santé, mais aussi faciliter l’accessibilité de ces services, tant du point de vue physique que celui de l’information des handicapés.

Pour la secrétaire exécutive adjointe du Conseil national de lutte contre le sida (Cnls), Docteur Fatou Nar Mbaye Diouf, les personnes handicapées font parties des cibles prioritaires du Plan stratégique 2018-2022 de lutte contre le sida. Selon elle, le plan 2014-2018 les avaient déjà intégrées. ‘’Il y a des besoins qui sont identifiés. Nous savons que la prévalence de ces personnes vivant avec le Vih est beaucoup plus élevée que celle de la population générale. Nous avons constaté que les femmes handicapées sont les plus touchées.

Ils veulent que les outils de communication soient beaucoup plus inclusifs, que le service soit mieux adapté. Dans le plan stratégique, il est question de prendre en charge ces préoccupations. Nous allons travailler avec eux, identifier ensemble les besoins au niveau opérationnel’’, rassure Dr Diouf. Ce plan fixe un budget de 15 millions de francs Cfa. Mais, selon Yatma Fall, le projet est financé par le Fonds mondial qui a octroyé 11 millions, c’est-à-dire les 80 %.  Il reste les 3 millions qu’ils espèrent obtenir avec l’aide de l’Etat du Sénégal.

VIVIANE DIATTA

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