Publié le 24 Apr 2020 - 04:20
NOMBRE LIMITE DE CAS GRAVES AU SENEGAL

Ces quatre hypothèses qui donnent de l’espoir

 

Après un mois et demi de pandémie, le Sénégal a toujours un nombre limité de cas graves. Docteur Alioune Blondin Diop donne quelques pistes qui pourraient expliquer cette situation.

 

D’emblée, Dr Alioune Blondin Diop précise : ‘’Encore une fois, soyez-prudent, quand vous reporterez mes propos. C’est vraiment des hypothèses.’’ Cette mise en garde administrée, le spécialiste de la médecine interne déroule. A l’en croire, la première hypothèse, elle est immunologique et liée à la jeunesse de la population (60 à 70 % entre 20 et 30 ans). Outre la jeunesse, l’Afrique en général, le Sénégal en particulier, constate le spécialiste, pourraient aussi remercier le ciel d’être en permanence confrontés à de petites maladies comme les diarrhées, le choléra, le paludisme, les petites grippes... ‘’Pour chacune de ces maladies, insiste Blondin Diop, on a développé un système immunitaire que l’on appelle les anticorps. Et ces anticorps nous confèrent une immunité de prémunition. Cette sorte d’immunité de prémunition, qui est acquise, nous confère une sorte de protection contre certaines infections virales y compris le virus du corona. C’est une hypothèse. Il faut que nous, africains, fassions des études pour voir si c’est vérifié’’.

En outre, même si ces derniers jours, la question a soulevé des vagues, Dr Dop, lui, trouve plausible, également, que le vaccin du BCG ait pu jouer un rôle dans l’évolution de la pandémie au Sénégal. Il déclare : ‘’Très probablement, nous avons tous été vaccinés contre le BCG qui donne peu ou prou une protection qu’on appelle une immunité non spécifique. Il se peut que cela ait également pu jouer un rôle. Mais, encore une fois, ce sont des hypothèses et il faudrait des études pour y voir plus clair.’’ Puis, le médecin invoque une dernière hypothèse dont il n’est pas fort convaincu de la probabilité, c’est-à-dire la température. ‘’Tout ça semble nous mettre à l’abri de cas graves. Il faudra que l’Institut Pasteur et les laboratoires de recherche connus en Afrique se penchent sur notre système immunitaire. Je suis prêt à participer à ces études, quand elles seront lancées’’.

La voie est ainsi toute tracée pour les chercheurs. Donc, au rythme où vont les choses, soutient Dr Diop, il est bien possible que la maladie soit vaincue au mois de mai. Une projection assujettie à la condition suivante. Il justifie : ‘’Considérant qu’il y a un décalage de 2 à 3 semaines environ entre la France et le Sénégal, si on continue d’avoir les mêmes attitudes et que tous les jours, on se retrouve avec 8 à 10 cas, y compris des communautaires, on peut considérer qu’en arrivant au 4 ou 5 mai, cela voudra dire que nous n’aurons pas de pic. On pourra alors considérer que la partie est presque gagnée. C’est ce qui se passe dans les départements français d’outre-mer.’’

 Mor AMAR

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