Publié le 3 Jul 2020 - 16:38
PATIENTS SOUFFRANT DE COVID-19

Les cas graves constituent 4 % de l’effectif total

 

Plus le nombre de cas augmente, plus celui des patients présentant des formes graves s’accroît. Ce qui explique les nombreux décès. Des tests de diagnostic rapide vont être mis en place.

 

Quatre mois après l’arrivée du coronavirus, la pandémie est loin d’être terminée. C’est du moins le constat du directeur du Samu national, Professeur Mamadou Diarra Bèye. En atteste les chiffres donnés, hier, lors du bilan mensuel. Au deuxième mois (avril) le pays était à 1 115 cas dont 23 graves et 9 décès. Au troisième, c’est 4 155 patients avec 96 dans un état sévère et 45 décès. Ce jour, quatrième mois de l’épidémie, nous sommes à 7 054 cas confirmés et 295 cas graves. Ces chiffres sont révélateurs. Car ces cas graves ou sévères représentent 4 % de l’effectif des cas confirmés. Un chiffre jugé en hausse par le Pr. Bèye par rapport à ce qui est noté habituellement.

Parce que, soutient l’urgentiste, depuis le début de l’épidémie, les cas graves ou sévères représentent à peu près 1,3 % des cas confirmés. Parmi ces 295 cas graves, 116 personnes ont perdu la vie, soit 41 % de létalité. C’est-à-dire sur 10 malades admis en réanimation, 4 sont décédés et 6 sont guéris et rentrés chez eux. ‘’L’âge moyen des malades que nous admettons dans les soins intensifs et en réanimation est de 65 ans. Mais ce mois-ci, nous avons noté une particularité avec des extrêmes de 15, 18 et 34 ans. L’autre extrême, c’est une malade âgée de 92 ans, qui est la plus âgée, admise au service de réanimation’’, relève-t-il.

A l’en croire, si ces cas sévères à graves sont répartis au niveau national, ils sont tous presque à Dakar. ‘’92,5 % de ces cas graves que nous avons pris en charge sont localisés à Dakar et 7,5 % dans les régions. Il n’y a pas beaucoup de choses à chercher, parce que l’écrasante majorité des cas pris en charge sont à Dakar, de même que pour les cas confirmés’’.

En outre, il souligne que la tranche d’âges entre 60 et 75 ans représente 80 % des malades admis dans ces soins intensifs et de réanimation. Même si, pour les cas confirmés, il y a une répartition égale pour les hommes et les femmes. Pour les cas graves, la répartition est en faveur des hommes. Dans ce CTE, soutient l’urgentiste, 32 femmes enceintes au total ont été prises en charge, présentant des signes de la maladie à Covid-19. Parmi elles, 4 accouchements ont été effectués dans les CTE dont 2 par césarienne et 2 par accouchement par voie basse. ‘’Mais pour ces femmes enceintes, l’évolution a été favorable pour elles et pour leur enfant’’, rassure-t-il. Pour ce qui est des soins de ces cas graves, il révèle que 328 scanners ont été réalisés pour les patients de Covid-19, essentiellement entre l’hôpital Fann, Principal et les cliniques privées. Il y a également 208 dialyses effectuées entre Le Dantec et l’hôpital Principal.

Un aspect positif noté par le Pr. Bèye est l’amélioration dans le protocole de prise en charge des cas gaves, les équipements de réanimation et dans les soins intensifs. ‘’Dans les CTE, puisque l’augmentation des cas sévères est de plus en plus notée, nous sommes en train de mettre en place, au niveau des lits, des dispositifs d’oxygénation. Ils peuvent permettre de prendre en charge rapidement les patients qui ont besoin d’oxygène. Mais également des équipements de réanimation dont des respirateurs. D’ailleurs, 40 respirateurs ont été reçus récemment, 10 respirateurs de transport et 18 générateurs de dialyse viennent d’être installés’’. L’objectif de ces installations, fait-il savoir, est que les malades ne se déplacent plus des CTE vers les centres de dialyse. Ils sont dialysés sur place.

Selon le Pr. Mamadou Diarra Bèye, le nouveau visage de la maladie, c’est l’apparition de séquelles. En plus, certains malades restent chez eux. Testés positifs, ils refusent d’aller se faire hospitaliser. D’autres, dans un déni présentant des symptômes, ne vont pas se faire tester. ‘’Ils développent la maladie et parfois peuvent même se compliquer. Nous avons de plus en plus ces types de malades qui sont très difficiles à prendre en charge. Parce que si on interroge, le tableau est compatible à la maladie à Covid-19, mais le test est négatif. Ce qui fait que plus tard, on va introduire les tests de diagnostic sérologique qui permettront de savoir ou pas si ces patients sont en contact avec la maladie’’, dénonce l’urgentiste.

Mise en place de tests de diagnostic rapide (TDR)

De son côté, le directeur de l’Institut Pasteur de Dakar, Dr Amadou Alpha Sall, justifie que l’analyse de cette période a permis de constater qu’il n’y a pas de changement majeur du virus, depuis son arrivée au Sénégal. Cependant, il souligne qu’il y a une diversité importante à Dakar. Cela, révèle le laborantin, reflète plutôt la source de contamination étant Dakar vis-à-vis des régions.

Par ailleurs, conformément à la stratégie d’adaptation mise en place dans le dispositif de riposte, plusieurs activités seront menées dans les prochains jours et semaines. Ce, pour renforcer l’approche communautaire de la lutte.  Tout d’abord, renseigne le Dr Sall, il y aura un renforcement de la surveillance de la Covid au niveau des sites sentinelles communautaires et les hôpitaux.

A son avis, cette disposition permettra de mesurer régulièrement la transmission au niveau communautaire et d’adapter le dispositif de riposte en conséquence. Le second élément par rapport à cette approche communautaire va être la mise en place de tests de diagnostic rapide (TDR) pour la Covid-19.

Autre fait marquant, c’est la mise en œuvre du diagnostic différentiel. Il permet, pour les syndromes fébriles et respiratoires, de distinguer la Covid-19 de la grippe et du paludisme qui sont des maladies dont l’activité va s’accroître avec la saison des pluies.

VIVIANE DIATTA 

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