Publié le 8 Jan 2020 - 01:31
REFORME DU FRANC CFA

La souveraineté monétaire, voie royale pour combattre le sous-développement

 

Les dernières réformes du franc CFA semblent donner des ailes aux intellectuels africains qui n’ont eu de cesse d’élever la voix contre cette monnaie qu’ils considèrent comme une survivance du colonialisme.

 

Les intellectuels d’Afrique et de la diaspora ne lâchent pas prise. Aujourd’hui, plus que jamais, ils sont déterminés à combattre la ‘’monnaie coloniale’’, le franc CFA. ‘’Nous précisons, soulignent les signataires de la déclaration, que ces évolutions (annoncées par Alassane Ouattara et Emmanuel Macron) ne résultent pas de la bienveillance du gouvernement français et de son allié ivoirien, eux qui ont longtemps défendu le statu quo. Le déclencheur a plutôt été la mobilisation pour l’abolition du franc CFA, portée depuis quelques années par des mouvements sociaux panafricanistes, des intellectuels, des citoyens ordinaires, etc., dans le continent et dans la diaspora’’.

Les signataires estiment, par ailleurs, que les chantiers restent énormes et qu’il serait prématuré de crier victoire. Car, pour eux, les liens de subordination monétaire sur le plan légal et sur le plan de la conduite de la politique monétaire restent en place. Ils en veulent pour preuves : le fait que la France maintienne le rôle officiel de garant ; le fait que la Banque de France abrite toujours l’essentiel du stock d’or monétaire des pays de l’UEMOA ; et, enfin, il y a la parité du franc CFA vis-à-vis de l’euro qui est toujours maintenue.

En ce qui concerne la parité fixe, ils soutiennent que c’est une façon non seulement d’accorder une préférence commerciale à la zone euro, mais également de soumettre la politique monétaire des pays de l’UEMOA à celle de la Banque centrale européenne (BCE). Perplexes quant au choix de remplacer le CFA par l’Eco, ils rappellent que l’‘’Eco est le nom retenu, en juin 2019, à Abuja, par les quinze pays de la CEDEAO pour désigner la monnaie unique régionale ouest-africaine en gestation. Ce projet a été initié au sein de la CEDEAO depuis 1983 et sa mise en œuvre a fait entretemps l’objet de plusieurs reports’’.

MOR AMAR

 

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