Publié le 27 May 2019 - 12:47
RESTAURATION DE LA PEINE DE MORT, CRIMINALISATION DU VIOL…

Les femmes à la pointe du combat

 

Un grand rassemblement a été initié, ce week-end, à la place de la Nation, pour dire non aux violences faites aux femmes. Les femmes parlementaires ont dit leur volonté de porter le débat sur la restauration de la peine de mort à l’Assemblée nationale et celle d’aller vers une criminalisation du viol.  

 

Une mobilisation nationale a été organisée, ce week-end, à la place de la Nation, par des plateformes, associations et collectifs de lutte contre les violences faites aux femmes. Le Collectif des femmes parlementaires, qui regroupe l’opposition, la majorité et les non-inscrits, des chanteurs, des artistes comédiens, des slameurs se sont joints à la manifestation pour dénoncer les violences faites aux femmes.

Ainsi, la deuxième vice-présidente de l’Assemblée nationale, Awa Guèye, a donné l’assurance de faire parvenir le mémorandum signé par une quarantaine d’associations, collectifs et organismes auprès du président de la République Macky Sall. ‘’Nous allons porter le combat, dès lundi (aujourd’hui) à l’Assemblée nationale, pour que l’on aille vers la criminalisation du viol. Nos voix seront entendues, sous peu. Ça suffit, trop c’est trop !’’, a lancé la parlementaire depuis le podium installé pour la circonstance. Awa Guèye prône ainsi le retour aux valeurs éthiques et morales.

A propos de la restauration de la peine de mort qui est agitée, elle déclare ‘’qu’ils vont se concerter, discuter et voir la tendance qui se dessine’’. Sa collègue Juliette Zenga milite, elle, pour son retour. ‘’Notre pays avait voté contre. Ce n’est pas dans notre Constitution. Mais, par rapport à ce qui passe actuellement, pourquoi ne pas restaurer la peine de mort et maintenant voir quelles sont les mesures d’accompagnement qui vont avec cette peine, pour que toute la population puisse se sentir protégée’’, avance la députée. Qui fait ce constat : ‘’Tout le monde est sur le qui-vive, parce que cette situation n’est pas la bonne. C’est une mauvaise politique par rapport à la population. Restaurer la peine de mort, au moins, permettrait d’arrêter, parce que ce serait dissuasif.’’ Elle soutient qu’il est temps que tout le monde soit interpellé pour que des mesures nécessaires et drastiques soient prises par rapport à cette situation.

Même son de cloche chez sa collègue Adji Mbergane Kanouté qui souhaite que le combat contre ces violences soit celui de tout le peuple et surtout de l’Assemblée nationale. Elle veut que les sanctions soient beaucoup plus sévères et corsées. Sur l’application de la peine de mort, elle souhaite une discussion au sein du Parlement. La députée Sira Ndiaye de renchérir que la seule lutte, c’est aller vers la criminalisation du viol.

Soham Wardini : ‘’Les femmes sont violées dans leur domicile’’

La mairesse de la ville de Dakar, Soham Wardini, invite, elle, l’Etat à prendre ses responsabilités, pour que des mesures sévères soient appliquées contre les malfaiteurs. ‘’Les femmes sont violées dans leur domicile, dans les lieux publics. Il faut que ça cesse. Il n’est plus question que les coupables soient impunis’’, martèle l’édile de la capitale. Penda Seck Diouf de la Synergie des organisations de la société civile n’est pas en reste, dans ce débat. ‘’Nous voulons que le viol soit criminalisé, comme l’est le trafic de drogue. Le viol dépasse l’atteinte à la dignité de l’être humain’’, dit-elle.

Ces propos trouvent écho auprès du ministre de la Microfinance, Zahra Iyanne Thiam, qui donne son accord pour accompagner tout ce processus.

La chanteuse Aby Ndour s’est jointe à ce concert de récriminations. Bijou Falla Guèye, Présidente de l’association Massage à mon bien-être, propose, à défaut de la peine de mort, la castration chimique pour tous coupables, afin de mettre fin au viol.

‘’La famille de Bineta Camara est dans le désarroi’’

La famille de la victime Bineta Camara a répondu présent à l’appel à la mobilisation de ce samedi. Sa tante par alliance, Awa Ardo Sow, a fait ce témoignage : ‘’La famille est dans le désarroi. Toutes les femmes ont peur, aujourd’hui. On est là pour participer à ce sit-in, porter notre voix à ce cri du cœur que lancent les femmes. Nous attendons de l’Etat qu’il mette fin à ce fléau, cette violence qui sévit dans le pays et qui vise les femmes.’’

Les étudiants ressortissants de Tambacounda et ceux de l’Université européenne où elle étudiait, se sont joints à la manifestation. Ils ont rendu un dernier hommage à leur camarade, partie à la fleur de l’âge.

AIDA DIENE

 

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