Publié le 12 Dec 2015 - 03:47
DEBOIRES DES EQUIPES NATIONALES DE FOOTBALL

Les raisons des échecs répétitifs

 

Les sélections sénégalaises de football toutes catégories confondues n’ont jamais réussi à remporter de trophée dans les compétitions organisées à domicile. La question de savoir pourquoi ces échecs répétés a été posée à des techniciens qui ont tenté d’expliquer cette situation.

 

Le Sénégal devra attendre encore pour sa première Coupe d’Afrique des nations (Can). Avec l’élimination de l’équipe nationale olympique ce mercredi en demi-finale de la Can U23 par le Nigeria (1-0), c’est une nouvelle désillusion pour les dirigeants du football sénégalais. ‘’Nos Lions U23 auront l’honneur de nous représenter ici à Dakar et ont rendez-vous avec l’histoire. C’est-à-dire essayer de remporter le premier titre continental’’, avait-on souhaité. Malheureusement, les hommes du coach Serigne Saliou Dia ne réussiront pas cette prouesse. Comme eux, leurs aînés avaient vécu le même revers en 1992 lorsque le Sénégal organisait pour la première et unique fois la Can sénior. La bande à Roger Mendy a été sortie en quart de finale par le Cameroun (1-0). Tout récemment, la sélection des moins de 20 ans amenée par Joseph Koto a échoué en finale face au Nigeria (1-0).

Ces échecs répétés des équipes nationales sénégalaises toutes catégories confondues suscitent le questionnement. Comment expliquer la difficulté de ces dernières à s’imposer à domicile ? Cette question a été posée à des techniciens qui ont tenté d’y répondre.

LAMINE MBOUP

‘’Les joueurs et les dirigeants n’ont pas la mentalité de compétiteurs’’

La lecture de jeu s’apprend à la base. C’est du moins l’avis de l’ancien international de football, Lamine Mboup. ‘’On doit travailler dans les petites catégories. Si on ne le fait pas depuis les minimes, cadets, il leur manquera à un certain âge la lecture du football.’’ Selon lui, la formation doit se faire par étapes. Les Sénégalais, dit-il, croient avoir ‘’le plus beau football’’. Or, les autres pays sont en avance. Car ils ‘’participent aux compétitions internationales dans toutes les catégories’’. ‘’Quand on fait face à des pays qui ont l’habitude des grandes compétitions, poursuit-il, on doit accepter qu’on a des équipes de seconde zone et apprendre progressivement. Il ne faudrait pas sauter les paliers et se prendre pour des favoris.’’ Pour Lamine Mboup, ‘’c’est aussi bien les joueurs que les dirigeants qui n’ont pas la mentalité de compétiteurs’’.

L’ancien coach de la Jeanne d’Arc pense que la détection doit se faire sur toute l’étendue du territoire national. Car ‘’il y a des talents à superviser dans les régions’’. Ce qui lui fait dire qu’au Sénégal, ‘’on ne donne pas à César ce qui appartient à César’’.

Aussi, suggère-t-il : ‘’l’Etat, à travers le ministère, doit surveiller ce qui se fait. On retrouve chaque année des centaines de jeunes qui  n’ont rien à faire. Ils ne savent que jouer au football, donc se retrouvent au chômage.’’

Toutefois, Lamine Mboup estime qu’on a une ‘’belle’’ sélection olympique. Contre le Nigeria, c’était ‘’le manque de chance et de réussite face à une équipe qui ne voulait pas perdre face au Sénégal. Le Sénégal n’a pas démérité car elle s’est créé les meilleures opportunités’’.

CHERIF KANDJI

‘’Le Sénégal est sur la bonne voie’’

Pour sa part, Chérif Kandji explique que le Sénégal a accusé un grand retard par rapport à la prise en charge de la petite catégorie. ‘’Le Sénégal a pris du temps pour se consacrer à la formation de la petite catégorie. Il a fallu attendre l’avènement des centres de formation comme Diambars. Cela  ne se faisait pas avec les clubs traditionnels.’’ ‘’Le Sénégal est sur la bonne voie’’, dit-il. A son avis, ‘’on ne gagne pas forcément en organisant un tournoi’’. Pour lui, c’est à la base qu’on construit une équipe performante. Et le Sénégal rencontre souvent des pays comme le Mali, le Nigeria, dont ‘’les sélections ont un vécu avant les nôtres’’. ‘’Ce n’est que récemment qu’on commence à avoir un groupe qui a du vécu’’, a souligné l’ancien coach de HLM. 

ROGER MENDY

‘’Tout le monde progresse, pas nous’’

Pour la première fois en 1992, le Sénégal accueille la Can. C’était l’occasion rêvée pour le pays de la Teranga de décrocher son premier trophée continental avec une génération de joueurs talentueux, Jules François Bocandé, Roger Mendy, entre autres. Ce dernier estime que ‘’l’obligation faite à leur génération de remporter la Can était légitime’’. Car, dit-il, ‘’on avait une grande équipe’’.

Mais la nouvelle génération n’est pas dans cette même situation, croit-il savoir. Selon l’ancien défenseur des Lions, pour gagner une Can, il faut ‘’de la planification et un travail dans la durée’’. ‘’Au moment où les autres pays progressent, le Sénégal n’avance pas. Des pays comme le Cap-Vert sont maintenant devant nous. Tout le monde progresse.’’ Pour étayer ses propos, l’ex-sociétaire de Monaco évoque l’arrêt du champion professionnel (Ligue 1 et Ligue 2) au moment ou le championnat populaire (Navétane) se poursuit. A l’en croire, il ne s’agit pas d’un problème de talent. Car il en existe même dans le Navétane qui draine plus de monde. ‘’Certains joueurs très talentueux préfèrent même monnayer leur savoir-faire dans ce championnat (Navétane) qui paie mieux et cash.’’

En plus, est-il convaincu, ‘’le socle des sélections en petite catégorie devrait être les joueurs locaux complétés par des expatriés. Ce qui était le cas à l’époque en junior’’. Malheureusement, les locaux partent à l’extérieur, ce qui pose pour lui le problème de la compétitivité de l’équipe nationale locale qui peine à garder sa stabilité.

Par ailleurs, le manque de connaissance de la haute compétition peut expliquer, selon Roger Mendy, l’échec des équipes de jeunes. Il y a également le manque de moyens. ‘’Pour gagner il faut des moyens’’, clame-t-il.

Néanmoins, l’ancien défenseur des Lions reconnaît les efforts consentis ces derniers temps par les dirigeants du football sénégalais.

LOUIS GEORGES DIATTA

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