Publié le 22 Mar 2018 - 18:44
PLUS DE 100 JOURS APRES L’INAUGURATION

L’AIBD toujours en zone de turbulence

 

Trois mois après l’ouverture du nouvel aéroport sénégalais, les travailleurs ne sont toujours pas à la fête. En conférence de presse hier, le Syndicat autonome des travailleurs de l’aéronautique civile rue dans les brancards.

 

Cent jours, ça se fête. Cent jours, ça s’évalue. A l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass, cent jours après l’inauguration, ça pleure encore, ça grogne, ça rue dans les brancards. Comme au premier jour. Leur nouveau syndicat, dénommé Synatrac (Syndicat national des travailleurs de l’aéronautique civile), prend les chemins du maquis. Son secrétaire général, Mamadou Diop, fulmine : ‘’C’est dommage qu’après avoir construit un tel bijou, on le laisse dans les difficultés, à cause de mains inexpertes. Les travailleurs souffrent le martyre. Tout ce que nous voulons, c’est l’amélioration de nos conditions de travail. C’est ce qu’on nous avait promis, mais nous sommes désolés de vous dire que les conditions se détériorent de jour en jour’’. Aujourd’hui, courroucés par les administrateurs turcs de l’entreprise, les syndicalistes ne mâchent pas leurs mots, pour exprimer leurs maux. Ceux-ci sont multiples. Pêle-mêle, ils listent : ‘’non-respect des accords avec l’Etat’’, ‘’non-respect des contrats des travailleurs’’, ‘’les difficultés de transport et de logements’’…

Pour toutes ces raisons, ‘’les travailleurs ont mal’’. Ils ont tenu à se faire entendre, aussi bien les autorités aéroportuaires qu’administratives. Et ils semblent loin du bout de leurs peines. Les Turcs, à les en croire, ont émis le souhait de ‘’limoger’’ 200 salariés, parmi les 456 qui étaient transférés des ADS vers l’Aibd. Et cela semble la goutte de trop. Les travailleurs avertissent. ‘’Ils devront marcher sur nos cadavres pour y arriver. Nous n’accepterons pas le limogeage d’un seul travailleur. Bilaahi ! (Je le jure par Dieu.) S’ils le font, vous allez voir quelque chose que vous n’avez jamais vu’’, grogne le SG, bouillant de rage. Selon lui, les Turcs qui font la loi dans le nouvel aéroport n’ont injecté que 64 milliards F CFA dans l’infrastructure. Quand ils venaient, disent-ils, 70% des travaux étaient déjà exécutés. Mieux, rappelle le SG, ‘’c’est l’argent des Sénégalais qui a permis de construire cet aéroport qui fait notre fierté. Ce n’est pas celui des Turcs. Leurs nationaux sont mieux traités que les Sénégalais qui travaillent dans des conditions inacceptables. Ce qui se passe là-bas, c’est de l’esclavage’’.

Très mécontents, les travailleurs se sont également érigés en porte-voix des agents de Police et de Gendarmerie qui s’activent dans la plateforme. Selon eux, ces derniers sont dans le dénuement le plus total. Ils n’ont même pas de véhicules de liaison. Ce n’est pas normal. Si vous venez là-bas, vous allez être ahuris. En plus, jusqu’à présent, le Salon d’honneur n’est toujours pas prêt. Par rapport à la situation des ADS, les contestataires attirent l’attention des pouvoirs publics. ‘’Il faut vraiment sauver les ADS qui s’occupent de tous les aérodromes.

Le mois dernier, cette structure a failli ne pas payer ses salaires, parce qu’elle n’a plus de revenus. Il faut que l’Etat prenne des mesures pour la sauver.’’ Si l’on en croit les syndicalistes, les Turcs, avec peu d’investissements, se sont taillé la part du lion à Diass. Au demeurant, ajoutent-ils, ‘’ils ne sont pas connus pour leurs aptitudes en matière de gestion des aéroports. Ce sont les Sénégalais qui abattent tout le travail et ils sont maltraités. Eux, ils sont dans les bureaux, et ils sont grassement payés’’. D’où le cri du cœur des travailleurs qui réclament plus de justice. Ils n’ont pas manqué de remercier la ministre des Transports aériens qui les a soutenus depuis le début. Ils lui demandent de continuer à veiller sur les intérêts des nationaux ‘’malmenés par les responsables turcs’’.

MOR AMAR

 

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