Publié le 11 Mar 2026 - 17:03
AFFAIRE SOFTCARE  

La jonction Sames/Sutsas dépose un préavis de grève

 

Face aux conclusions de l’enquête ministérielle sur les produits de l’usine Softcare, les syndicats de la santé dénoncent une « malgouvernance » au sein de l’Agence de régulation pharmaceutique (ARP) et annoncent une intensification de la lutte pour protéger les professionnels du secteur.

 

Le bras de fer s'intensifie entre le ministère de la Santé et les acteurs sociaux. Le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames) et le Sutsas ont annoncé, hier au cours d’une conférence de presse, le dépôt d’un préavis de grève. Cette décision vise à protéger les professionnels de la santé impliqués dans l’affaire « Softcare », du nom de cette filiale d'un groupe chinois spécialisée dans les produits d'hygiène, où des matières premières périmées avaient été signalées.

Pour la jonction Sames-Sutsas, la protection des agents est une ligne rouge. “Nous n’accepterons jamais que les ressources humaines de la santé, de quelque catégorie socioprofessionnelle qu’elles soient, puissent être attaquées. Le Sames s’est résolu à déposer un préavis de grève pour la circonstance”, a martelé Diabel Dramé, secrétaire général du Sames. Cette crise fait suite aux conclusions de l'enquête présentées le 5 mars par le ministre de la Santé, Ibrahima Sy. Si ce dernier a assuré que les produits ne présentaient pas de danger, il a pointé des « défaillances » dans l'inspection menée par l'Agence de régulation pharmaceutique (ARP), accusant les agents d'avoir créé une « psychose » inutile.

La riposte syndicale ne compte pas s'arrêter aux déclarations. Le Sames envisage une généralisation du mouvement. “Mais on va appuyer la lutte locale d’un cran en passant d’abord par le niveau régional et ensuite national”, a prévenu Diabel Dramé, précisant que des consultations sont en cours pour une jonction des forces avec le Sutsas. Au-delà de la défense des carrières, c'est la gestion même de l'ARP qui est remise en cause.

Mariama Thiam, représentante du Sutsas au sein de l'agence, estime que “la situation actuelle dépasse largement le cadre d’une simple polémique administrative. Elle constitue une menace directe pour la sécurité sanitaire des populations et remet en cause la crédibilité de notre système de régulation pharmaceutique. C’est pourquoi nous demandons la mise en place d’une commission d’enquête indépendante impliquant l’Ofnac et l’IGE”.

Lors de cette séance, les syndicalistes réclament des mesures structurelles pour restaurer la confiance. Selon Mme Thiam, “la jonction des luttes syndicales demande également un audit complet des procédures d’homologation, d’inspection et de délivrance des certificats au sein de l’ARP”, ainsi que “la publication transparente et détaillée des saisies réellement effectuées dans la lutte contre les médicaments illicites”.

Pour ces organisations, l'enjeu dépasse le conflit social pour toucher à la santé publique. Ils rappellent avec fermeté que “le droit des Sénégalais à des produits de santé sûrs, efficaces et de qualité n’est pas négociable”. Pour eux, il est désormais “impératif que toute la lumière soit faite sur cette affaire Softcare avant qu’un véritable drame sanitaire ne survienne”.

Mamadou Diop

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