Publié le 5 Oct 2020 - 16:04
MAGAL 2020

L’équation insoluble de l’eau

 

L’eau reste une denrée très rare, dans la cité religieuse. Malgré les réalisations de l’Etat, le liquide précieux est introuvable dans les principaux quartiers de Touba. Les autorités évoquent la vétusté du réseau et de nombreuses fuites. Les populations se posent des questions sur le respect des gestes barrières à la Covid-19.

 

L’approvisionnement correct en eau des populations, le temps du Magal, est une équation que les différents régimes peinent à résoudre. La seule et unique année où ce problème avait trouvé une solution, c’était en 2002. Depuis lors, les Magal se succèdent et les difficultés demeurent.

En cette veille de célébration du Magal de Touba, le liquide précieux est une denrée rare. Le spectacle qui s’offre aux yeux des visiteurs est désolant et triste. Des femmes, avec des bassines d’eau sur la tête, qui cherchent où trouver le liquide précieux ; des pères de famille déboussolés qui ne savent plus où donner de la tête. Tel est le décor dans les plus grands quartiers de Touba que sont : Madiyana, Ndianatou Mahwa, Keur Niang, Darou Marnane, Ndamatou, Khaira et une partie de Darou Khoudoss.

L’eau ne coule plus. Maïmouna Thiam, rencontrée une bassine sur la tête, se démène comme un beau diable pour trouver de l’eau. Elle confie les yeux hagards : ‘’Le bidon de 20 litres s’échangeait à 300 F, le camion à 30 000 F. Mais il nous est même difficile de le trouver. La situation que nous vivons est intenable. Le temps presse.’’ Et les mêmes explications servies l’année dernière sont les mêmes que cette année.

A pareille époque, le Magal passé, Abdoul Bal, l’ancien Directeur général de la SDE, expliquait la difficulté de disposer du liquide précieux en ces termes : ‘’Je voudrais préciser que 50 % de l'eau produite à Touba est perdue. Malheureusement, du fait de la vétusté du réseau de distribution. Donc, nous avons réalisé ce qu'on appelle la recherche de fuites. Nous en avons trouvé plus de 100 que nous avons réparées. Donc, cette eau économisée va être consommée par les populations de Touba.’’

Interpellé sur ces difficultés que les populations de Touba endurent, Mamadou Diokh, Coordonnateur du volet approvisionnement en eau potable de Touba au titre de l’Ofor, déclare : ‘’Nous avons constaté, çà et là, quelques difficultés liées à des problèmes de pression au niveau du réseau. Difficultés qui sont consécutives à beaucoup de fuites constatées au niveau du réseau, dues principalement à une agression par rapport aux travaux qui sont en train d’être réalisés par certains partenaires sur des conduites principales. Cette situation a entrainé, pour bien des cas, l’arrêt de certains forages. Rien que pour la fuite constatée au niveau de Gare Bou Ndaw, nous avons arrêté quatre forages. Pour celle qui est constatée au niveau de la communauté rurale, nous avons arrêté le forage de Darou Marnane pour deux heures de temps.’’

Cette situation tranche avec l’optimisme du ministre Serigne Mbaye Thiam qui, le 1er octobre dernier, au terme d’une visite qui l’avait conduit à Touba, déclarait, quant à l’approvisionnement correct en eau potable, lors du Magal : ‘’En ce qui concerne le volet eau potable, l’année dernière, on était à 112 mille m3/jour/ cette année, nous avons renforcé les capacités de production, avec la réalisation de 3 forages et la réhabilitation d’un forage. Au total, nous allons voir l’augmentation de la capacité de production et nous avons aussi mis un accent particulier sur les ouvrages de stockage par la réalisation de châteaux d’eau et la réhabilitation d’un important château d’eau de 1 000 m3 qui est resté 10 ans sans fonctionner.’’

Mais à Touba, surtout le temps du Magal, les besoins sont tels que ces réalisations ne changent pas grand-chose, selon le constat fait sur le terrain. D’ailleurs, il est fort à craindre une résurgence de la Covid-19 dans la cité religieuse, parce qu’il sera difficile, faute d’eau, de pouvoir faire respecter les recommandations des spécialistes en santé publique, notamment en ce qui concerne l’hygiène.  

BOUCAR ALIOU DIALLO (ENVOYE SPECIAL A TOUBA)

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