Publié le 23 May 2023 - 15:47
ACTE 2 ADJI SARR-OUSMANE SONKO

Un avant-goût !

 

Si la défense va certainement demander un nouveau renvoi, la partie civile et le ministère public, eux, semblent pressés d’en finir avec l’affaire Adji Sarr contre Ousmane Sonko.

 

Les hostilités reprennent aujourd’hui devant la Chambre criminelle du tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Joint par téléphone en début de soirée hier, pour savoir si son client a finalement reçu sa convocation, Maitre Ousseynou Ngom s’est voulu clair, net et précis. ‘’Il n’a reçu aucune convocation. Je dis bien aucune’’, clame-t-il tout de go. À la question de savoir si Sonko va alors comparaitre devant le tribunal malgré cet état de fait ? Il a été moins catégorique. ‘’C’est une éventualité, mais je ne peux m’épancher sur cette question. On verra demain’’, rétorque notre interlocuteur, très serein du reste.

À moins qu’il ne revienne sur sa position sur insistance de ses avocats qui ont souvent témoigné leur préférence pour une comparution, Ousmane Sonko pourrait ne pas répondre à la convocation de la justice.

En effet, lors de sa dernière sortie sur la télévision Walfadjri, il posait des conditions quasi impossibles, préalables à toute comparution de sa part. Il exige ‘’le retrait immédiat de la logistique impressionnante transférée à Ziguinchor, la libération de toutes les personnes injustement arrêtées et incarcérées, l’arrêt de toutes les persécutions et poursuites contre toutes les personnes qui ont eu à exprimer leur opinion sur le fonctionnement des institutions ou sur l’urgence de mettre fin à tout ce qui envenime l’instabilité sociale actuelle dont l’État se trouve être le seul et unique responsable…’’. En sus de ces conditions, le maire de Ziguinchor exige des garanties pour sa sécurité et qu’on ne lui impose ni itinéraire ni blocus de son domicile.

Apparemment, l’État est resté sourd à cet appel. Hier encore, la police nationale s’est déployée aux alentours de sa maison à la cité Keur Gorgui comme pour parer à toutes les éventualités. Aussi, d’après son avocat, la convocation exigée ne lui aurait pas été envoyée. Même si les autorités ont toujours soutenu le contraire, prétendant que c’est lui-même qui refuse de ne pas la recevoir.

Sonko va-t-il accepter de suivre certains de ses conseils, qui lui demandent de se présenter ? Ses proches se sont refusés à tout commentaire.

Dans tous les cas, la police semble se préparer à cette éventualité, déployant les gros moyens à la cité Keur Gorgui.

Me Ousseynou Ngom : ‘’La comparution est une éventualité, mais je ne veux pas me prononcer sur la question’’

Selon toute vraisemblance, la non-présence d’Ousmane Sonko n’aura aucun impact sur la décision du tribunal qui, le 16 mai dernier, avait renvoyé d’office le dossier à cause d’un problème lié à la procédure. Une absence peut, toutefois, être très lourde de conséquences. La première conséquence est que ses avocats n’auront pas droit à la parole. La deuxième est qu’il ne pourra en principe ni faire opposition ni interjeter appel, en cas de condamnation.

Juriste de formation, le président de Pastef/Les patriotes semble en tout cas pleinement conscient de ces risques. Depuis quelque temps, il s’est évertué à rappeler aux juges que ce n’est pas parce qu’il n’est pas présent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Dans une note explicative, son avocat Ciré Clédor Ly est largement revenu sur cet aspect. ‘’Aucune disposition de la loi n’oblige la Chambre criminelle à prononcer une décision de culpabilité du seul fait de la contumace’’, insistait-il avant de poursuivre : ‘’Une lecture attentive de la loi permet de savoir que lorsque les faits ne sont pas avérés ou ne sont pas imputables à un accusé, la cour criminelle prononce l’acquittement nonobstant la contumace. Par ailleurs, toute juridiction de jugement a l’obligation de motiver sa décision sur la culpabilité ou sur l’acquittement. Ce qui signifie que nonobstant la contumace, elle a l’obligation d’examiner le dossier pour tirer sa conviction sur l’existence ou non de charges suffisantes avant de rendre une décision dans un sens ou dans l’autre.’’

Il n’empêche, le contumax ne pourrait ni être défendu par des avocats ni faire opposition du jugement, encore moins interjeter appel.

L’État sourd aux exigences de Sonko

Alors que le maire de Ziguinchor s’est toujours fait désirer, sa présumée complice, Ndèye Khady Ndiaye, elle, a toujours répondu aux convocations du tribunal avec ses avocats dont Maitres Mouhamadou Bassirou Baldé et Moussa Sarr. Lors de la première audience, ses avocats avaient insisté pour demander au tribunal un report de 30 jours au moins au lieu des huit jours prononcés d’office.

Une demande qui pourrait encore être formulée aujourd’hui, car selon les avocats de la propriétaire de Sweet Beauté, ils n’ont pas eu suffisamment de temps pour exploiter l’ensemble des 471 pages qui constituent le dossier, ainsi que les audio et les vidéos.

Reste à savoir si le président de la chambre leur donnera raison par rapport à une telle requête.

De son côté, Maitre El Hadj Diouf, avocat de la partie civile, va certainement tout faire pour que l’affaire soit vidée le plus rapidement possible. Pour lui, quelqu’un qui n’a aucun respect pour le tribunal et les magistrats ne peut prétendre à aucune faveur. Aussi, pour ce qui concerne la requête formulée par les conseils de Ndèye Khady Ndiaye, il s’est dit contre, la dernière fois, en soulignant que l’affaire a trop duré et qu’il est temps de tourner la page.

Au-delà de cette question du renvoi, le débat va tourner autour des témoins convoqués par le tribunal pour éclairer la lanterne. Déjà lors de la première audience, les avocats de la défense avaient voulu s’assurer de la liste des témoins, mais le président du tribunal y avait opposé un niet catégorique, invoquant des arguments purement juridiques. ‘’Ce matin, il n’y a pas de débat dans le fond. Il n’y a donc aucune utilité à voir si les témoins sont là ou pas. Attendons le 23, on pourra aborder ces questions’’, répondait-il. À la question de savoir si ces derniers seront présents, il réagissait en ces termes : ‘’Moi, je ne peux présumer de ce qui adviendra la semaine prochaine.’’

Un avant-goût des débats de ce matin

Dans ses éditions précédentes, le journal ‘’l’Observateur’’ informait que les témoins seront au nombre de 15. Il s’agit, en l’occurrence, de Sidy Ahmed Mbaye (postier), Alfousseyni Gaye (médecin), Aïssata Ba (commerçante), Salla Wade (femme de ménage), Mamadou Mamour Diallo (inspecteur des impôts et domaines, DG de l’Onas), Aminata Ba (sans profession), Elisabeth Delphina Gomis (profession non précisée), Mamadou Fall (restaurateur), Oumar Traoré (attaché d’administration), Ababacar (MC) Niass (chef religieux), Ndèye Fatou Sène (agent à l’Asecna), Ibrahima Coulibaly (chauffeur), Ndèye Rokhaya Fall (coiffeuse), Faty Kébé (étudiante), Seynabou Ngom (masseuse), relevait le journal.

Un beau monde attendu au tribunal ce matin. En effet, aux termes de l’article 281 du Code de procédure pénale, ‘’dès l'ouverture des débats, le président ordonne au greffier de donner lecture de la liste des témoins appelés par le ministère public par l'accusé et, s'il y a lieu, par la partie civile, et dont les noms ont été signifiés conformément aux prescriptions de l'article 240 du présent code, sans préjudice de la faculté accordée au président par l'article 265 du présent code’’.

Il résulte de l’article 282 que ‘’le président ordonne aux témoins de se retirer dans la salle qui leur est destinée. Ils n'en sortent que pour déposer. Le président prend, s'il en est besoin, toutes mesures utiles pour empêcher les témoins de se concerter avant leur déposition’’. Ensuite seulement, les choses sérieuses pourront démarrer avec la lecture de la décision de renvoi par le greffier, avant de procéder à l’interrogation de l’accusé puis de la partie civile et aux dépositions des témoins.

Les vidéos et images de tous les fantasmes

Par ailleurs, s’il y a quelque chose qui est très attendue dans ce dossier, c’est la nature des preuves versées dans le dossier par les différentes parties. Alors que des rumeurs persistantes insistent qu’il y a des vidéos et images compromettantes pour Sonko, lui et ses défenseurs s’en sont tout le temps défendus. ‘’Le dossier de la Chambre criminelle, disait-il, est dans la rue entre les mains de tous les citoyens et il n’existe aucune vidéo versée par Adji Sarr ou par ses conseils dans la procédure. Cette dernière ne contient pas d’éléments de preuves audiovisuelles et de documents apportés par la défense ou des témoins à décharge, ainsi que des variations d’Adji Sarr et des empreintes indélébiles de comploteurs de la République qui donnent toutes les raisons de croire à une conspiration d’État pour fausser les jeux démocratiques et écarter de la compétition électorale majeure un opposant politique dont tout établit qu’il gagnerait au 1er tour au suffrage universel direct pour une 3e alternance démocratique’’.

MOR AMAR

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