Publié le 15 Apr 2016 - 11:30
IMAGERIE MEDICALE

Le Sénégal ne compte que 50 radiologues

 

Au Sénégal, beaucoup de régions ne disposent pas de radiologues car le pays n’en compte que 50. Mais le problème dépasse même nos frontières. Le manque de radiologues dans les pays africains a été au cœur des débats hier, au cours des 12èmes journées de la radiologie d’Afrique Noire ouvertes à Dakar.

 

Le manque de ressources humaines constitue un problème majeur du secteur de la Santé. Car dans beaucoup de spécialités, la rareté de techniciens chevronnés est criarde. C’est le cas dans le domaine de la radiologie, où il n’y a que 50 radiologues au Sénégal. L’annonce a été faite hier par le président de la Société africaine de radiologie d’expression française, le Professeur El Hadji Niang. Ce dernier s’exprimait au cours du Congrès International de Radiologie d'Afrique Noire Francophone. Une rencontre qui regroupe 28 nationalités de pays africains et de pays européens francophones.

 Selon le Professeur Niang, le thème choisi : ‘’Impact des technologies innovantes dans l'émergence de l'Imagerie médicale en Afrique’’ permet de réduire l'inégalité entre les régions car, depuis quelque temps, il n'y avait pas de scanner dans beaucoup de localités comme Kolda et Matam. ‘’Aujourd'hui, il y a des scanners partout. Mais il y a un problème qui surgit : c'est où trouver les radiologues pour interpréter les scanners. Au Sénégal, il n'y a pas plus de 50 radiologues et un ne suffit pas pour un hôpital. En dehors de Dakar, il n'y a que Thiès qui bénéficie d'un radiologue permanent. Dans les autres villes, il n'y en a pas’’, révèle le Professeur.

Toutefois, a-t-il soutenu, en radiologie, avec le plan de formation en imagerie médicale, ils peuvent placer des étudiants en fin de cursus pour pallier le déficit. ‘’Le ministre de la Santé, sous l'impulsion du président de la République, nous a doté d'un outil magique ; il s'agit du système de téléradiologie qui nous permet d'interpréter les examens radiographiques et scanographiques à distance à telle enseigne qu'on est aujourd'hui leader en Afrique. En dehors de l'Afrique du Sud, nous sommes le seul pays capable de faire de la téléradiologie médicale’’, a révélé Pr Niang. Ce qui reste à faire, d’après lui, c'est le relèvement du plateau technique et la numérisation de tous les services de radiologie du Sénégal pour un coût global de 5 milliards de F CFA. ‘’Le financement a été acquis grâce au président de la République. L'appel d'offres a été lancé et le marché a été attribué. Nous allons remettre symboliquement les appareils à certains directeurs et dans quelques jours, on va entrer de plain-pied dans le maillage du territoire par la radiologie numérique’’, a-t-il promis.

Un encadrement juridique

Le professeur Niang a aussi soulevé la cherté des prix appliqués pour les examens de radios, surtout pour les personnes qui n'ont pas de couverture sociale, d’assurance ou qui ne travaillent pas. L’autre problème évoqué par le radiologue a trait à l’absence d’un cadre juridique dans le domaine de la téléradiologie. ‘’Certaines personnes mal intentionnées peuvent entrer dans les systèmes et capter des données qui appartiennent à des patients et cela peut être extrêmement grave. Il faut tout sécuriser et il faut le consentement du malade’’, renseigne-t-il. Le spécialiste en radiologie préconise qu’un cadre juridique soit défini afin de ‘’protéger, à la fois, le patient, la structure hospitalière et le médecin radiologue’’.

Pour le président du Groupe de radiologistes enseignants d’expression Française (Gref), le Professeur Kastler, ‘’ce n’est pas avec la téléradiologie qu’on va régler le déficit de professionnels dans ce domaine. ‘’Il faut former beaucoup de radiologues pour manipuler la télémédecine’’, conseille-t-il. 

VIVIANE DIATTA

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