Publié le 26 Feb 2026 - 12:09
SITUATION ÉCONOMIQUE ET SOCIALE DU PAYS  

Dias charge le gouvernement

 

Barthélémy Dias a tenu une conférence de presse hier pour évoquer plusieurs aspects liés à l’actualité sénégalaise. Le leader de "Senegal Binu Bokk", qui revient d’une tournée nationale, a déploré la situation économique du pays et "une mauvaise gestion" des autorités. Entre autres, il s’est aussi penché sur la situation universitaire.

 

Barthélémy Dias, qui vient d’achever une tournée nationale, a réagi, hier, à l’actualité sénégalaise. Face à la presse, le leader du mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk a tiré à boulets rouges sur la gestion du pays par le tandem Diomaye-Sonko. Il estime que les difficultés liées au coût de la vie, bien qu’au cœur des préoccupations des populations, sont insuffisamment prises en compte par les autorités.

"La priorité pour ce régime, ce n’est pas de baisser le coût de la vie, mais c’est plutôt de se promener en jet privé", peste l’ancien maire de Dakar, estimant que ce régime est déconnecté des réalités sociales. De plus, Barthélémy Dias accuse le gouvernement de tromper les Sénégalais en diffusant des informations fallacieuses.

Par rapport à la suspension du programme avec le Fonds monétaire international et du risque de défaut de paiement prévu pour mars 2026, il a affiché son inquiétude. "Un gouvernement qui éteint ses propres incendies financiers ne peut planifier le développement", dénonce-t-il, appelant à une réforme stricte des finances publiques et à une transparence absolue concernant les revenus pétroliers et gaziers.

À ce sujet, il note que la situation économique demeure préoccupante. D’ailleurs, il fustige le manque de clarté entourant l'utilisation des revenus du pétrole et du gaz, appelant à une gestion plus transparente de ces ressources stratégiques.

Barthélémy Dias décrit un pays "malade", dénonçant des choix budgétaires qu’il estime contestables : indemnités polémiques, véhicules de fonction coûteux pour les députés et déplacements en jet privé, alors que le coût de la vie écrase les foyers. Il souligne que le pays a besoin d'un président doté d’ambition et de vision, avec pour priorité une éducation et une santé gratuites et accessibles à tous, au cœur d’un nouveau pacte national.

Revenant sur sa tournée, il déclare : "Les éleveurs sont étranglés par la cherté de l’aliment de bétail, le déficit d’appui vétérinaire et l’insécurité pastorale." Barthélémy Dias regrette le fait qu’à Saint-Louis, les pêcheurs vivent sous la menace permanente de l’embouchure, tandis que la Langue de Barbarie recule, engloutissant maisons et espoirs.

M. Dias pointe également du doigt le manque de transparence entourant l’attribution des licences de pêche, avant de proposer, entre autres mesures, un plan national structuré d’irrigation pour le Nord, un fonds de stabilisation des prix des aliments pour bétail, un programme national de santé animale, ainsi qu’un vaste projet de sécurisation du littoral incluant le relogement dans la dignité des familles déplacées.

Situation universitaire

En ce qui concerne la situation universitaire, marquée par des manifestations ayant conduit à la mort d’un étudiant, le 9 février dernier, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Barthélémy Dias veut que justice soit rendue. "Je promets à la famille de la victime, aux Sénégalais et plus particulièrement aux étudiants que justice leur sera rendue", déclare-t-il.

"Je parle en tant que maire de Dakar, parce que l’université est au cœur de Dakar", poursuit le leader de "Senegal Binu Bokk". Il estime que les incidents survenus au campus universitaire doivent faire l’objet de sanctions. La justice, dit-il, n’est pas négociable, soulignant la nécessité de "punir et sanctionner". M. Dias dénonce à cet effet la présence des forces de l’ordre à l’intérieur du campus universitaire. Leur rôle, dit-il, devait se limiter à prévenir les débordements à l’extérieur.

En effet, l’ancien maire de Dakar a soutenu que le rôle de la police à l'université est de s'organiser pour empêcher les étudiants de sortir sur l'avenue Cheikh Anta Diop, sur la corniche ou sur le canal. Il a ajouté que son rôle n'était pas de pénétrer dans l'enceinte de l'UCAD pour y poser des actes qui ne relevaient pas du maintien de l'ordre.

BABACAR SY SEYE

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