Publié le 5 Mar 2019 - 13:11
APPEL À UNE MANIFESTATION NON DÉCLARÉE

Karim Xrumxax écope d’une amende et libre 

 

Après une semaine passée dans les liens de la détention, l'artiste-activiste Abdou Karim Guèye dit ‘’Karim Xrumxax’’ a recouvré la liberté. Poursuivi pour appel à un attroupement non armé, le leader du mouvement Nittu Deug a été condamné à une amende ferme de 50 000 F Cfa par le tribunal d'instance de Dakar.

 

Et de trois pour Abdou Karim Guèye dit ‘’Karim Xrumxax’’. Après deux condamnations au sursis, le leader du mouvement Nittu Deug s’en tire, une fois de plus, à bon compte, même s’il a passé une semaine en prison. Jugé hier, il a été reconnu coupable et condamné à une amende ferme de 50 000 F Cfa. Le tribunal d’instance de Dakar l’a reconnu coupable d’appel à un attroupement non armé. L’artiste-activiste été arrêté à la place de l'Indépendance, le lundi 25 février, lendemain de la Présidentielle. Il faisait un live sur Facebook. A l'occasion, il a invité la population à venir le rejoindre, pour protester contre les résultats provisoires de la Présidentielle. Seulement, au bout de 10 minutes de direct, il a été appréhendé par un policier en faction.

Face aux juges hier, Karim Xrumxax a déclaré qu'il s'agissait d'un appel pacifique, car, dans son message, il a même demandé aux éventuels manifestants de ne pas venir, ne serait-ce qu'avec une aiguille. ‘’Est-ce que vous pourriez les contrôler s'ils venaient ? Pourquoi vous avez fait un appel sans déclaration préalable ?‘’. A ces interrogations, le prévenu a rétorqué : ‘’Il n'y aurait pas eu de débordements, car c'était un appel pacifique. Je voulais dénoncer l’attitude du Premier ministre qui, le dimanche, a proclamé la victoire de Macky Sall sur la Rts, alors qu’il n'est même pas l'organisateur de l'élection. Je n'ai pas fait de déclaration, car j'ai été surpris par les événements.’’ Le juge de revenir à la charge : ‘’N'êtes-vous pas fatigué d'être appréhendé tout le temps ? Même une marche pacifique doit être encadrée.’’

Le parquet parle d’enfantillage, la défense tire sur le régime 

Le délégué du procureur a abondé dans le même sens que le président, non sans sermonner le prévenu. ’’Ce que vous avez fait, c'est infantile. C'est comme si vous êtes téléguidé, car vous n'avez même pas de réponse aux questions que l’on vous pose’’, a fulminé le parquetier. A ses yeux, les faits sont assez graves. Pour la répression, il a requis 1 mois assorti du sursis en sus d'une amende de 100 000 F Cfa.

La défense a, à l'unanimité, demandé que le prévenu soit renvoyé des fins de la poursuite. Elle estime qu'il n'y a pas d'infraction. ‘’L'appel n'est pas suivi d'effet. Il n'a pas participé à une manifestation, car celle-ci n'a pas eu lieu. Donc, où se trouve le délit ?’’, a martelé Me Fatou Ndiaye. Ses confrères Mes Alioune Badara Fall et Malick Fall estiment que l'affaire doit être ramenée à son contexte. ‘’Le contexte, c’est quoi ? Un monsieur qui viole allègrement le Code électoral en toute impunité, en se pointant à la télévision nationale pour proclamer des résultats’’, assène le second, avant de conclure : ‘’On ne peut pas bâillonner la lumière, car elle finira par jaillir.‘’

En fait, pour les avocats, Karim Xrumxax est victime ‘’d’une machine répressive’’, alors qu’il ‘’a agi en tant que lanceur d'alerte qui voulait sensibiliser les populations sur le hold-up électoral’’. Pour Me Alioune Badara Ndiaye, leur client ‘’n’a fait que dire tout haut ce que tout le monde pense bas’’. D’ailleurs, Me Abdoulaye Tall estime que l’activiste a été conforté par le juge Demba Kandji qui a rappelé à l’opinion que la Commission nationale de recensement des votes et le Conseil constitutionnel sont les seuls organes habilités à proclamer les résultats de l’élection.

Pour lui, ‘’l’on cherche à domestiquer’’ des fils de la République. ‘’Il faut que l'État s'adapte, face à l'évolution des réseaux sociaux. Le peuple risque de se soulever, si on continue d'essayer de contenir les frustrations’’, renchérit Me Aboubacry Barro, avant de lancer au parquetier : ‘’Un Etat responsable n'a pas besoin de s'occuper des enfantillages. La réalité est que l'État a peur.’’ C’est ce qui justifie, selon Me Babacar Ndiaye, les arrestations en cascade. ‘’Nous sommes en démocratie. Les tenants actuels du régime doivent avoir le même comportement que l'ancien. Le président sortant a été traité de tous les noms d’oiseaux, mais il n’a jamais mis en prison les citoyens’’, fulmine la robe noire.

S’agissant des faits, Me Amadou Sow a soutenu que leur client ‘’s'est déplacé pacifiquement’’ et ‘’il est en rébellion non pas contre la loi, mais contre l'oppression’’. Dernier à plaider, Me Théophile Kayossi a plaidé la liberté provisoire, au cas où l’affaire serait mise en délibéré. Finalement, le juge a délibéré sur l’audience.

FATOU SY

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