Publié le 3 Jun 2016 - 03:46
ASSOCIATION DE MALFAITEURS ET CHARLATANISM

Comment la bande a dépouillé l’agent immobilier de 120 millions 

 

Mamadou Barro a été condamné à une peine de 3 ans ferme. Mamadou Diarra, Ibrahima Thioune et Aïssata Ly ont écopé de 2 ans. Le quatuor a été condamné pour association de malfaiteurs, charlatanisme et complicité. Il a dépouillé Birame Gningue, un agent immobilier, d’un montant de 120 millions, en l’ensorcelant.

 

La bande à Mamadou Barro a été édifiée hier sur son sort. En même temps que ses acolytes Mamadou Diarra, Ibrahima Thioune et Aïssata Ly, le marabout a été reconnu coupable des délits d’association de malfaiteurs, charlatanisme et complicité. Les débats d’audience ont duré plus de deux tours d’horloge. Le plaignant Birame Gningue, agent immobilier, a expliqué à la barre du tribunal des flagrants délits qu’il a connu Mamadou Diarra, dans le cadre de son travail. Par la suite, une complicité est née entre eux. Souhaitant booster ses affaires, il a demandé à son nouvel ami de lui trouver un bon marabout. L’ami l’a alors mis en rapport avec le marabout Mamadou Barro qui lui a rendu visite dans son bureau. Il lui a remis un aliment qu’il a consommé.

Depuis cette date, le plaignant souligne qu’il a perdu la tête. Il n’a plus été maître de ses faits et gestes, obéissant au doigt et à l’œil au marabout. Pendant 18 mois, il lui a remis en tout un montant de 120 millions F CFA. ‘’A chaque fois qu’il me demandait de faire un geste et ou de lui donner de l’argent, je m’exécutais. Je remettais l’argent souvent à Diarra ou à Thioune. Des fois, c’étaient des envois. J’ai tout perdu. Mon agence a été fermée. Mes employés sont au chômage. J’ai vendu 20 parcelles, 3 maisons, 65 bœufs. Et tout cet argent, je le lui ai remis’’, a dit M. Gningue.

‘’J’ai remis à la fille du djinn une dot de 10 millions’’

Rassemblant les pièces du puzzle, le plaignant a confié que lorsqu’ils ont fait connaissance, le marabout lui a dit qu’il allait le marier à une femme djinn. Que cette dernière était la fille d’un djinn qui n’est personne d’autre que Thioune. ‘’Je suis allé une fois à  la mer. J’ai vu un djinn. C’est par la suite que j’ai su que c’était Thioune. Le marabout m’avait dit que je devais me marier à la fille du djinn qui n’est personne d’autre qu’Aïssatou Ly. Je dois vous dire qu’on s’est marié. Et je lui ai remis une dot de 10 millions. Elle m’a offert en retour une bague en or. On a aussi eu des rapports intimes, le jour de notre première nuit de noce, dans la forêt classée de Gadaye’’, a poursuivi M. Gningue. Avant d’ajouter qu’il a décidé de traîner les mis en cause en justice pour mettre fin à leurs pratiques. ‘’Il a fallu que mon frère se rende compte je ne suis pas normal pour qu’on parte ensemble me faire soigner.’’ Ayant retrouvé ses esprits, ils ont tendu un piège au marabout pour le prendre et l’amener à la police. Ils lui ont donné rendez-vous pour lui remettre de l’argent.

Tour à tour, les prévenus ont nié les faits. Le marabout a soutenu n’avoir reçu que la somme de 300 000 F CFA pour un service qu’il lui a rendu. Alors que, lors de l’enquête préliminaire à la police, il avait reconnu les faits. Devant le juge d’instruction, il avait soutenu n’avoir encaissé que 20 millions. La dame Aïssata Ly a nié avoir eu une relation intime avec Gningue, alors qu’à la police, elle avait reconnu s’être fait passer pour un djinn. Qu’elle avait touché la somme de 400 000 F CFA de cette opération.

Un autre procès pour évaluer les préjudices financiers…

Les conseillers de la partie civile ont révélé que le marabout Mamadou Barro n’en est pas à son premier coup, vu qu’il a été chassé de sa Guinée natale pour une affaire d’escroquerie. Que l’un de ses compagnons a perdu la vie, à la suite d’un lynchage. ‘’Tous avaient déclaré, lors de l’enquête préliminaire, avoir travaillé en équipe pour soutirer de l’argent à mon client. Je suis sûr qu’ils ne s’appellent pas comme ils prétendent s’appeler. Pour les préjudices financiers, nous allons y revenir, lors d’un autre procès’’, a déclaré la partie civile. Le ministère public a demandé une peine de 5 ans de prison ferme pour Mamadou Barro et 3 ans pour Mamadou Diarra, Ibrahima Thioune et 2 ans pour Aïssata Ly. La défense a demandé la relaxe pure et simple pour tous les  prévenus.  

CHEIKH THIAM

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