Publié le 13 Feb 2026 - 18:04
SÉCURITÉ ROUTIÈRE, LUTTE CONTRE LE TRAFIC DE STUPEFIANTS, CRIMINALITÉ

Les chiffres de la gendarmerie en 2025

 

Les statistiques de la gendarmerie nationale pour l’année 2025 ont été rendues publiques hier. Entre autres, elles montrent que dans le domaine de la lutte contre les stupéfiants, la région de Thiès vient en tête, tandis que Dakar prend la première place des zones les plus criminogènes du pays.

 

La gendarmerie nationale a présenté hier ses chiffres pour l’année écoulée en présence du Haut commandant de la gendarmerie nationale et directeur de la Justice militaire, le général de division Martin Faye, ainsi que des autres directeurs de ce corps militaire.

Concernant la lutte contre les stupéfiants, les données statistiques recueillies mettent en évidence une criminalité organisée fortement structurée, avec un total de 946 saisies. Le trafic de chanvre indien constitue la majorité des saisies, représentant plus de 90 % du volume total de drogues interceptées. La région de Thiès demeure l’épicentre de ce trafic, avec un volume saisi de 1 616,75 kg, suivie de la région de Fatick, avec 1 606,42 kg. Par ailleurs, une augmentation significative de la circulation de drogues pharmaceutiques (Tramaking, Tapentadol, Tramadol) a été observée dans les zones frontalières, constituant une tendance préoccupante.

L’année dernière, la Gendarmerie a saisi un total de 5 238,13 kilogrammes de chanvre indien, principalement répartis dans les régions de Thiès (1 616,75 kg), Fatick (1 606 kg), Dakar (992 kg) et Ziguinchor (339 kg).

En outre, 730 kg de cocaïne ont été saisis, principalement à Rufisque (Sangalkam), ce qui confirme l’existence de réseaux internationaux de trafic transitant par le Sénégal.

Vol de bétail et sécurité routière

Le phénomène du vol de bétail, selon la même source, se distingue nettement. Il représente 62 % de l’ensemble des faits enregistrés en 2025. "Il constitue, de ce fait, un défi sécuritaire majeur pour le secteur de l’élevage et un enjeu sensible pour l’économie rurale", précise le document. En effet, 1 029 cas de vol de bétail ont été enregistrés, portant sur 3 506 animaux.

L’action de la Gendarmerie a permis l’interpellation de 1 321 individus et la récupération de 1 062 têtes, soit près de 30 % du total. La proportion limitée de bétail retrouvé s’explique principalement par la rapidité de l’abattage clandestin, qui entrave la traçabilité des animaux volés et rend complexes les opérations de récupération.

Dans le domaine de la sécurité routière, en 2025, il y a eu trois millions de véhicules contrôlés, plus de 500 000 infractions relevées et un milliard et demi de francs CFA d’amendes forfaitaires collectées. Une comparaison entre 2024 et 2025  et l’analyse approfondie des données a permis d’identifier les principaux facteurs influençant la sécurité routière et d’évaluer l’impact des politiques de sécurité récemment déployées. Les résultats obtenus illustrent concrètement la mise en œuvre de cette stratégie.  

Dakar, capitale criminogène

Sur le plan géographique, la région de Dakar demeure la zone la plus criminogène, avec 2 946 cas recensés. Elle est suivie par celles de Thiès (1 775 cas), Diourbel (744 cas), Tambacounda (662 cas) et Saint-Louis (620 cas). Ces régions se caractérisent par une forte urbanisation, une densité de population élevée et une activité économique intense, des facteurs qui favorisent le développement de la criminalité.

À l’inverse, des régions telles que Sédhiou (237 cas), Kaolack (337 cas) et Matam (325 cas) présentent des niveaux de criminalité plus faibles, probablement en raison de leur caractère rural et de leur faible densité démographique.

En résumé, la criminalité reste principalement concentrée dans les zones urbaines à forte activité économique et le long des axes de transit. Le taux d’élucidation, estimé à 99 %, témoigne de la détermination de la Gendarmerie dans la recherche des auteurs des infractions.

Migrations irrégulières et traite des personnes

L’année dernière, dans le cadre de la lutte contre l’émigration irrégulière et la traite des personnes, les pandores n’ont pas chômé. En effet, 25 embarcations transportant plus de 1 930 migrants ont atteint les côtes espagnoles depuis le Sénégal, révélant l’ampleur de ce phénomène alimenté par les réseaux criminels de passeurs.

"Le Sénégal, en raison de sa position géostratégique, est devenu une zone de départ pour les passeurs à destination de l’Europe ou d’autres pays de transit. La traite des personnes constitue l’une des formes de criminalité les plus complexes à combattre, en raison de son caractère souvent dissimulé et de la vulnérabilité des victimes. Toutefois, l’exploitation des données statistiques permet d’éclairer en révélant les tendances observées ainsi que les disparités territoriales", renseigne la note.

Au cours de l’année écoulée, un total de 42 cas de traite des personnes ont été enregistrés. La répartition géographique des victimes montre une concentration significative dans les régions de Kédougou, Ziguinchor et Saint-Louis. La région de Kédougou constitue à elle seule 44,1 % de l’effectif total des victimes, soit 254 individus. Cette situation s’explique par la densité des étrangers dans cette zone qui s’activent dans l’orpaillage clandestin. L’exploitation sexuelle est également très présente dans cette partie du territoire.

Défis sécuritaires et JOJ 2026

Face aux nombreux défis auxquels elle est confrontée, la Gendarmerie nationale annonce qu’elle compte consolider pour 2026 sa posture d’avant-garde afin de garantir la sécurité des citoyens et la stabilité du territoire national. Par le biais de la poursuite de son Plan Stratégique, elle prévoit de moderniser ses dispositifs d’anticipation et d’intervention, d’optimiser le maillage territorial, ainsi que de renforcer ses capacités en matière de renseignement et de cyberdéfense.

Cette démarche s’inscrit notamment dans le cadre de l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, qui constituera la première édition en Afrique et une vitrine internationale majeure pour le pays.

L’équipe du Haut commandant de la gendarmerie nationale et directeur de la Justice militaire compte, pour cette année qui est déjà entamée, adopter une posture opérationnelle adaptée aux réalités de 2026. Il sera question de participer efficacement à la sécurisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar (JOJ Dakar 2026), d’améliorer sensiblement la police de proximité et l’accessibilité, de lutter plus efficacement contre les atteintes aux personnes et aux biens, de réduire considérablement les accidents de la route, de prévenir et de lutter efficacement contre le vol de bétail, de mieux prendre en charge les cybermenaces, d’anticiper et de neutraliser la menace terroriste, d’occuper les espaces lacunaires, de renforcer durablement la protection de l’environnement, de densifier la lutte et de réduire considérablement la migration irrégulière et le trafic de personnes et pratiques assimilées.

Toujours dans le cadre des défis sécuritaires majeurs pour la gendarmerie nationale en 2026, il y a les enjeux internationaux et régionaux, les menaces internes et leurs implications, ainsi que la sécurisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ).

GÉNÉRAL MARTIN FAYE SUR LES CAS D’HOMOSEXUALITÉ

"Nous agissons en conformité avec la loi"

"Je voudrais, avant de prononcer mon discours de clôture, parler d’une question qui n’a pas été répondue. Il s’agit de l’homosexualité. Il faut simplement comprendre que la Gendarmerie ne lutte pas contre l’infraction de manière particulière, la Gendarmerie lutte contre toutes les infractions.

C'est un cas particulier, et il est rare que l'on connaisse ce type de cas. Peut-être que, dans nos sociétés, on ne sait pas, mais sachez que c'est une infraction comme toutes les autres infractions. Ça fait beaucoup de bruit, mais ce n'est pas un sujet ciblé. C'est un cas par cas qui évolue, nous l'avons traité et nous avançons. S'il y a d'autres cas, bien sûr, nous les traitons comme nous traitons les cas de vente de bétail ou d'autres infractions.

Pour rassurer le capitaine de vaisseau, je voudrais vous dire que nous serons présents partout, en tout cas dans les sujets qui font partie de nos missions. Nous verrons tout simplement les mandataires, autant plus qu'hier, mais cela fait partie de nos missions, nous sommes déjà prêts à le faire. Et il faut noter que nous agissons en conformité avec la loi. Le sujet est peut-être sensible, mais la gendarmerie ne vise pas les personnes, mais les infractions."

CHEIKH THIA

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