Publié le 30 Aug 2013 - 03:00
CHANGEMENTS ENVIRONNEMENTAUX ET MIGRATIONS

 L'Unesco pour des départs choisis, et non imposés

 

Devenu une réalité, l’impact des changements environnementaux sur les migrations dans le Sahel prend des proportions non négligeables. L’Unesco et des universitaires sénégalais proposent leur thérapie.

 

Face aux changements environnementaux, le départ des migrants doit répondre à des choix et non à des obligations. Des obligations qui, bien souvent, déstabilisent les sociétés d'accueil des migrants, a regretté hier la directrice de l’Environnement, Mariline Diara. Présidant une rencontre sur l’impact des changements environnementaux sur les migrants dans le Sahel, elle a déclaré qu’il urge d’agir pour stopper la souffrance des victimes.

Au Sénégal, le phénomène touche plusieurs populations. Récemment, dans la localité de Bargny, une vingtaine de maisons ont été emportées par la mer. A Diogué, en basse Casamance, une partie du village est partie sous les assauts répétitifs de l’avancée de la mer. Tout le long des côtes sénégalaises, les exemples d'habitants contraints d'abandonner leurs localités sous l’effet des changements climatiques ne cessent de croître. Ailleurs, c’est la désertification qui fait fuir. D’où la nécessité de réorganiser la société et l’aménagement, a déclaré le Dr Henri Lô du département de Géographie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad).

Bien au-delà d’une simple modélisation de la température, de la pluviométrie ou de la montée des eaux, cette rencontre donne une idée de l’ensemble de la chaîne d’interactions sociales et humaines procédant d'études. Celles-ci devraient permettre à l’Etat de comprendre la ''complexité des enjeux et d’être en mesure d’adopter des stratégies de réponses appropriées'', a indiqué un des représentants de l’Unesco. C’est l’organisation qui a mobilisé les fonds pour faire les études au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Des études qui vont produire de la connaissance scientifique nouvelle avec des équipes de recherches compétentes et qui vont permettre de faire certaines précisions, a fait savoir la directrice de l’Environnement.

 

Dans 50 ans, 200 mille migrants climatiques dans le monde

Selon des estimations, le changement climatique va provoquer, à l’échelle de 50 ans, 200 mille migrants climatiques dans le monde, à en croire l’UNESCO. Ce qu’il faut comprendre, ce n’est pas le nombre de personnes qui pourraient être déplacées dans des modèles mécaniques de montée des eaux, de changement des températures. Mais plutôt comment le changement climatique, qui a des effets fortement différenciés, selon les endroits et les populations, va toucher les personnes dans leur vie, avec leurs ressources, avec leurs activités dans la réalité des sociétés sur le terrain.

De là, les chercheurs ont ainsi réfléchi sur des réponses possibles et de plusieurs ordres. Parmi lesquelles, la possibilité de relâcher la contrainte qui pèse sur les populations vulnérables. Partout où les gens ont été chassés par l’érosion côtière, on peut réinstaller des mangroves disparues. Aussi, lorsque des personnes sont mises sous contrainte par le déclin de la productivité agricole, il est possible de mettre en œuvre des techniques agronomiques qui permettraient de rétablir cette productivité et d’empêcher que les gens soient contraints de migrer. Il faut en même temps élargir le champ de possibilité de ces gens, d'après Mariline Diara, qui souligne que si les gens souhaitent partir, il est important de créer les conditions dans lesquelles ils peuvent le faire.

L’étude a été menée dans 9 localités dans les régions de Fatick, Thiès, Saint-Louis et Diourbel. Des universitaires y ont travaillé en collaboration étroite avec les décideurs et les représentants de la société civile.

 

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