Publié le 26 Jan 2026 - 08:55
COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS  

Racisme hors-jeu

 

La Coupe d'Afrique des Nations est certes terminée, mais on joue depuis lors les prolongations avec l'entrée en jeu d'un joueur qui foule au pied les règles préétablies : le racisme. Dans cette partie assez regrettable, l'appel au calme du roi Mohamed VI reste salutaire tandis que le silence de la Confédération africaine de football demeure assourdissant. 

 

À la base, le football, à l'instar de tout autre sport, permet de rapprocher, d'ériger des ponts entres les hommes. Des compétitions à l'image de la Coupe d'Afrique des Nations sont toujours des moments privilégiés dédiés à la communion, où l'on cultive le vivre ensemble. Mais lors de cette récente Can qui a vu la victoire finale du Sénégal d'aucuns ont vite oublier que ce n'était juste qu'un jeu, glissant dangereusement sur un terrain qui les met hors-jeu.  Comme d'habitude c'est sur Internet que la bataille fait rage. En effet, les réseaux sociaux ont ce dont d'amplifier, de vulgariser ce qui peut être hideux. Par exemple, du côté des perdants ceux qui sont ulcérés par la défaite des Lions de l’Atlas, ont inondé les canaux digitaux comme Facebook, X, Tiktok de propos racistes à l’encontre des Noirs. « Animaux », « Macaques », « Bande de sauvages », « N*gres », « On va continuer de vous jeter dans le désert », « Vous avez montré votre vrai visage lors de ce match : vous n’êtes bons que pour l’esclavage »… En retour, certains Français d’origine sénégalaise ont répondu par des propos racistes anti-maghrébins tout aussi virulents : « Bougn*ules », « Sales Marocains ». En gros il y en a eu pour toutes les couleurs. Dans ce jeu pas du tout drôle, on use de ballons de football, ça tire à balles réelles. 

Plus triste encore la montée assez abrupte du racisme à la suite de cette finale qui s'est terminée en queue de poisson a atteint un terrain insoupçonné. À l'université international de Casablanca une enseignante à tout simplement craqué en proférant des propos racistes à l'endroit des supporters sénégalais euphoriques après la victoire. Sur Instagram, la désormais ancienne de l’UIC avait notamment laissé le commentaire “esclaves” sur une vidéo postée par la chaîne française Brut. Presque dans la foulée, pour sauver les meubles, l'établissement a publié un communiqué. “L’Université internationale de Casablanca tient à exprimer ses excuses à l’ensemble de sa communauté ainsi qu’à toutes les personnes qui ont pu être choquées ou blessées par les propos récemment relayés à titre personnel par une collaboratrice. Bien que ces propos aient été publiés à titre strictement personnel, l’Université assume pleinement sa responsabilité morale en tant qu’institution académique et éducative”, peut-on lire dans la note d'excuse. 

L’UIC a évidemment tapé fort, ne tolérant pas de telles dérives qui de surcroît sont attribuées à une enseignante. “La situation a fait l’objet d’un examen rigoureux, aboutissant à une décision ferme et définitive. La personne concernée n’exerce désormais plus aucune fonction au sein de l’établissement”. L'établissement marocain compte aussi agir pour que le football et tout autre sport unissent au lieu d'avoir l'effet contraire, comme l'illustrent les propos suivants. “L’Université Internationale de Casablanca appelle enfin à l’apaisement et réaffirme sa volonté de tirer les enseignements nécessaires afin de prévenir toute situation similaire à l’avenir’.

Mais dans ce grand désordre, une voix plus qu'autorisée est montée au créneau fort heureusement. Le roi du Maroc, Mohamed VI a pris la parole pour calmer les esprits. “[...] Une fois la passion retombée, la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus, car cette réussite marocaine est aussi une réussite africaine. Le Maroc reste fier d’avoir offert, sur sa terre, un mois de joie populaire et d’émotion sportive, et d’avoir contribué au rayonnement de l’Afrique et de son football”.

Le caf aphone 

Cette attitude salutaire du souverain du Maroc devait tout d'abord être l'initiative de la Confédération africaine de football. Mais jusqu'ici c'est silence radio. La Caf pour l'instant se contente plutôt de distribuer des sanctions pour des incidents survenus lors de la Can : Algérie Vs Nigeria et bien sûr Sénégal vs Maroc. Le moins que l'on puisse dire est qu'elle attendu sur ce terrain ou le racisme prend de l'ampleur a une vitesse exponentielle pour siffler la fin de la partie. Mais dans un autre côté, c'est une tâche assez complexe pour l'instance dirigeante du football africain. Comment sanctionner efficacement les fauteurs de troubles ? Si l'on sait sur et en dehors des terrains ceux qui s'adonnent à des pratiques racistes font preuve de témérité. On en compte plus le nombre de fois, en Série A italienne ou en Liga espagnole, où on a sanctionné des racistes utilisant des “cris de singes” pour s'en prendre à Samuel Eto'o, Mario Balotelli, Vinicius Jr… En définitive, le retour en force brusque de cette chose méprisable aura grandement entaché la clôture de cette 35e Can. Le racisme aura marqué ce but en or qui gâche tout.

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TENSIONS FINALES SENEGAL - MAROC

La Zaouiya tidjane du Marox appelle au calme

Après la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2026, marquée par des réactions parfois tendues sur les réseaux sociaux, le Cheikh de la Zaouiya Tidjane au Royaume du Maroc, Mohammed El Kébir Ben Sidi Ahmed Tidjani, a publié un communiqué appelant à l’apaisement. Rappelant la profondeur des liens spirituels et historiques entre le Sénégal et le Maroc, elle invite à la retenue, à la sagesse et à la préservation de la fraternité entre les deux peuples.

À la suite du roi du Maroc qui a délivré un message rappelant les rapports étroits qu’entretient son pays avec l’Afrique, c’était hier au tour du Cheikh de Zawiya Tidjane d’abonder dans le même sens. En effet, après la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2026 et des réactions qu’elle a suscitées sur certaines plateformes de réseaux sociaux, Mohammed El Kébir Ben Sidi Ahmed Tidjani a publié un communiqué officiel appelant à l’apaisement, à la retenue et au respect des liens spirituels et fraternels unissant les peuples marocain et sénégalais. Dans ce message, le Cheikh de la voie Tidjane au Maroc souligne que les tensions observées, aussi vives soient-elles, ne sauraient remettre en cause la profondeur des relations historiques, spirituelles et humaines qui lient le Royaume du Maroc et la République du Sénégal. Des liens qui, rappelle-t-il, dépassent largement le cadre d’un événement sportif, aussi intense soit-il sur le plan émotionnel.

Il insiste sur la sacralité de cette fraternité fondée sur l’unité de la foi et l’héritage commun de l’islam confrérique, notamment tidjane. Elle rappelle que les deux peuples forment une communauté de cœur et de croyance, soudée par un amour en Dieu qui ne peut être altéré par des circonstances passagères. Le communiqué s’appuie également sur l’héritage spirituel légué par les grandes figures de la Tidjaniyya ayant œuvré, au fil des siècles, à renforcer les liens entre le Maroc et le Sénégal. Sont notamment cités El Hadj Omar Foutiyou Tall, El Hadj Malick Sy et Cheikh Ibrahim Niass, dont l’action a fait des zaouïas des espaces de savoir, de piété et de dialogue, reliant Fès, Dakar et l’ensemble du Sénégal. Face aux discours jugés clivants, la Cheikhie de la Zaouiya Tidjane met en garde contre toute tentative d’instrumentalisation des compétitions sportives à des fins de division. Elle appelle ses disciples, sympathisants et, au-delà, l’ensemble des peuples frères, à faire preuve de discernement, de sagesse et de maîtrise de soi, rappelant que la fraternité de foi exige tolérance et responsabilité.

Dans un appel solennel à la coopération et à la solidarité, le Cheikh de la voie Tidjane exhorte à dépasser cette séquence conjoncturelle et à poursuivre la dynamique de fraternité exemplaire entre les deux pays, sous la conduite de Mohammed VI, Roi du Maroc, et de Bassirou Diomaye Faye, Président de la République du Sénégal. Citant le verset coranique appelant à la paix entre les croyants, le communiqué se conclut par des prières en faveur du Maroc et du Sénégal, invoquant la pérennité de la sécurité, de la paix, de l’harmonie et de l’amour entre les deux nations.

Mamadou Diop 

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