Publié le 12 Mar 2026 - 12:25
CONSEIL DES MINISTRES

BDF accélère la promotion du “consommer local”

 

Production locale, économie sociale et solidaire, infrastructures routières et capital humain. Lors du Conseil des ministres d’hier, le Président Bassirou Diomaye Faye a fixé plusieurs priorités à son gouvernement. Entre promotion du « consommer local », accélération des programmes routiers et relance de l’économie solidaire, l’Exécutif affiche sa volonté de structurer la production nationale tout en répondant aux défis persistants dans l’éducation et la santé.

 

Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a présidé hier, la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres. Le chef de l’État a insisté au cours de la rencontre sur la nécessité de renforcer la valorisation des productions agricoles nationales. Il a appelé à une approche globale intégrant la restructuration des marchés, l’amélioration des circuits de distribution, la transformation des produits et la régulation de la demande.

Dans cette perspective, le gouvernement est chargé d’encadrer la commercialisation des produits agricoles et horticoles et d’accélérer la mise en œuvre du Programme national de réalisation d’infrastructures de stockage et de conservation des produits agricoles. Le président de la République a également demandé aux ministres de l’Agriculture et de l’Industrie et du Commerce de travailler à la signature de conventions de commercialisation afin de garantir l’écoulement des productions à des prix rémunérateurs.

Il a par ailleurs insisté sur la promotion du « consommer local », notamment à travers la création d’un label qualité « Sénégal » et le renforcement des capacités de l’Institut de technologie alimentaire (ITA). Le chef de l’État a enfin demandé une attention particulière à la constitution de stocks de sécurité pour les denrées stratégiques et à l’évaluation de l’application de la loi sur les prix et la protection des consommateurs.

Le président Faye a rappelé que l’année 2026 est dédiée à l’économie sociale et solidaire (ESS). Il a ainsi demandé l’application intégrale de la loi d’orientation relative à ce secteur et l’accélération de la mise en place des instruments prévus, notamment le Fichier national de l’économie sociale et solidaire. Le gouvernement est également invité à mobiliser les acteurs publics, le secteur privé, les structures de microfinance, les femmes et les jeunes autour d’une stratégie nationale de développement endogène fondée sur l’économie solidaire.

Restructuration des programmes de protection sociale

Dans ce cadre, les initiatives associatives, notamment sportives et culturelles, devront être intégrées dans cette dynamique. Le président de la République a également insisté sur la restructuration des programmes de protection sociale et sur l’amélioration de la crédibilité du Registre national unique (RNU). La première session du Conseil national de l’économie sociale et solidaire devra se tenir avant la fin du mois d’octobre 2026.

Face aux attentes des populations et des acteurs économiques, le chef de l’État a demandé d’intensifier la mise en œuvre des projets routiers prioritaires. Il s’agit notamment de la construction, de la réhabilitation et de l’entretien des routes, autoroutes, pistes de production et ouvrages de franchissement. Le gouvernement est également chargé de préparer un nouveau schéma routier national tenant compte de l’urbanisation accélérée du territoire et du développement des pôles économiques.

Sur le plan diplomatique, le président de la République a rappelé l’attachement du Sénégal au multilatéralisme et à l’intégration africaine. Il a annoncé la tenue à Dakar, les 18 et 19 avril 2026, de la Conférence des ambassadeurs, consuls généraux et consuls du Sénégal. Le pays accueillera également, les 20 et 21 avril 2026, la 10ᵉ édition du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, qui réunira des décideurs civils et militaires du continent.

Difficultés persistantes dans les secteurs de l’éducation et de la santé

Dans sa communication, le Premier ministre a insisté sur le rôle central du capital humain dans la stabilité sociale et le développement économique. Il a dressé un diagnostic des difficultés persistantes dans les secteurs de l’éducation et de la santé.

Dans l’éducation, les principales contraintes concernent le déficit d’enseignants, l’insuffisance d’infrastructures et d’équipements, la dégradation de l’environnement scolaire, l’inadéquation de certains programmes de formation ainsi que les perturbations récurrentes du calendrier universitaire.

Dans le secteur de la santé, les défis portent notamment sur le manque d’infrastructures modernes, l’insuffisance de personnel, la fragmentation des systèmes d’information sanitaire, la faiblesse du plateau technique et la forte dépendance aux importations de médicaments et d’équipements.

Face à ces difficultés, le gouvernement s’appuie sur le Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, signé en mai 2025 avec les syndicats et le patronat. Un plan quinquennal de recrutement d’enseignants est également en cours afin de renforcer l’encadrement pédagogique et garantir la continuité du service public de l’éducation.

AMADOU FALL

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