La mairie dénonce un “bradage” du patrimoine communal

La commune de Grand-Yoff a tenu un point de presse ce lundi 9 mars 2026 pour dénoncer une série d'attributions foncières jugées irrégulières sur le territoire communal. Entre menaces de déguerpissement de familles à Khar Yalla et velléités d'appropriation d'infrastructures publiques, la municipalité appelle les plus hautes autorités de l'État à une intervention immédiate.
La salle des délibérations de la mairie de Grand-Yoff a servi de cadre à un réquisitoire précis contre la gestion actuelle du domaine foncier. Face aux conseillers municipaux et aux populations, l'adjoint au maire, Elhadj Ibrahima Ndiaye, a dressé un inventaire alarmant de sites stratégiques aujourd'hui objets de litiges. Il a notamment souligné que « ces dernières années, on assiste à une recrudescence de titres fonciers et de baux attribués sans aucune concertation avec la collectivité territoriale, et bien souvent en violation des règles les plus élémentaires d'urbanisme et de domanialité publique ». M. Ndiaye d'ajouter : « aujourd'hui, notre territoire est menacé de toutes parts par des opérations de déguerpissement et des attributions foncières contestables ».
La situation du service de l'état civil illustre parfaitement ces tensions. Une partie de l'emprise de cette infrastructure essentielle est désormais revendiquée par un particulier pour y ériger une boulangerie. « Une telle appropriation, si elle aboutissait, porterait gravement atteinte à la continuité du service public et à la dignité des usagers », s'est indigné Elhadj Ibrahima Ndiaye. Le cas du quartier de Khar Yalla est tout aussi préoccupant, puisque vingt-deux familles y vivent désormais dans la psychose d'une expulsion imminente après la production d'un titre de propriété par un tiers. L'élu a déploré que ces familles soient « aujourd'hui plongées dans une insécurité juridique et humaine intolérable ».
D'autres sites emblématiques sont également touchés, notamment le stade municipal et le marché de porc (Bignona), installé depuis 1989, qui subiraient des amputations de leur superficie au profit d'intérêts privés ou confessionnels. Selon l'adjoint au maire, « ces différentes affaires mettent en lumière une dérive inquiétante des baux délivrés sans avis préalable des collectivités locales, sans enquête publique et sans aucune prise en compte des réalités sociales et urbaines du territoire ». Cette opacité dans la gestion foncière nourrit, selon lui, un sentiment d'injustice et d'abandon croissant au sein de la population locale.
L'arbitrage de l'État sollicité
Face à cette urgence, la municipalité réclame une réaction ferme de l'État, incluant la suspension immédiate des procédures d'attribution sur les équipements publics et la réalisation d'un audit technique et juridique complet. Rappelant l'esprit de la décentralisation, Elhadj Ibrahima Ndiaye a insisté sur la nécessité d'associer systématiquement la mairie à toute décision d'affectation des sols. En guise de conclusion, il a tenu à rappeler l'identité profonde de sa commune : « Grand-Yoff n'est pas une terre sans maître. C'est une commune







