Publié le 27 Jan 2026 - 19:35
DISPARITÉ, TENSIONS, CLIMAT...

Diomaye Faye appelle à investir dans l’eau

 

La réunion préparatoire de Dakar de la Conférence des Nations unies sur l’eau a été présidée par le président de la République Bassirou Diomaye Faye. Le Chef de l’État demande, pour le bien de l’humanité, plus d’investissements dans les infrastructures hydrauliques.

 

Après le 9ᵉ Forum mondial de l’eau, tenu en mars 2022, le Sénégal accueille, pendant deux jours, des acteurs du monde entier pour dresser la feuille de route et lancer les débats dans la perspective du grand rendez-vous d’Abu Dhabi, prévu en décembre 2026. Hier, au Centre international de conférence Abdou Diouf (Cicacd), la réunion préparatoire de Dakar de la Conférence des Nations-unies sur l’eau a été présidée par le Chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye. À cette occasion, face à la crise de l’eau et invitant à l’action, il a plaidé pour une levée de fonds destinée aux projets hydrauliques. « Face à cette précarisation de la vie, le coût de l’inaction est immense.

Il se mesure en vies humaines perdues, en opportunités de développement compromises, en fractures sociales aggravées et parfois en paix menacée », a-t-il déclaré. En effet, pour lui, investir dans l’eau n’est pas seulement financer des infrastructures, c’est également investir dans la résilience climatique, dans la prévention des tensions et des conflits, ainsi que dans la stabilité et la prospérité mondiales. Aux yeux du président sénégalais, il est essentiel de renforcer les efforts de plaidoyer afin que la problématique de l’eau reste au cœur de l’action climatique et de l’agenda international.

Diomaye Faye soutient que les investissements, en particulier dans les infrastructures, sont capitaux pour la disponibilité de l’eau, sa maîtrise et son utilisation. « Les besoins sont considérables, mais les retours sur investissement le sont tout autant, notamment en emplois décents, en croissance inclusive, en réduction des risques climatiques, ainsi qu’en stabilité sociale et politique », a dit le Président sénégalais. Toutefois, d’après lui, l’effort d’investissement requis ne pourra être soutenable sans une réflexion renouvelée sur les mécanismes de financement, notamment l’accès à des financements concessionnels, l’innovation financière et la prise en compte du poids de la dette.

« Investir dans l’eau, c’est investir dans un bien public mondial ; cela appelle des réponses collectives, équitables et adaptées aux capacités de chacun », a indiqué Diomaye Faye. Par ailleurs, il précise qu’aucune transformation durable ne sera possible sans les peuples eux-mêmes. « Avec les savoirs endogènes, les communautés locales et les peuples autochtones sont les premiers gardiens de l’eau. Leur connaissance fine des territoires, des cycles naturels et des équilibres écologiques est une richesse irremplaçable », a affirmé M. Faye. À ses yeux, la science et les données ingénieusement valorisées aujourd’hui doivent dialoguer avec les savoirs locaux et traditionnels.

2,2 milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable sûre

Ressource vitale pour l’homme et la nature, l’eau est indispensable au maintien de l’équilibre de la planète et à l’atteinte des Objectifs de développement durable. Cependant, constate Bassirou Diomaye Faye, « la crise de l’eau est une réalité mondiale ». Il a fait part de la situation actuelle. Selon les Nations Unies, 2,2 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à une eau potable sûre. Diomaye Faye relève également que près de 3,5 milliards restent privés de services d’assainissement adéquats, tandis que 4 milliards de personnes subissent une pénurie d’eau sévère au moins un mois par an.

Soulignant que l’Afrique est particulièrement affectée par cette crise, Diomaye Faye déplore une situation immorale. « Avec 40 % de la population qui n’a pas accès à l’eau potable et plus de 70 % qui manquent de services d’assainissement adéquats, c’est une situation moralement inacceptable. Tant qu’elle persistera, notre responsabilité collective restera engagée. Car les crises de l’eau alimentent les crises alimentaires, fragilisent les économies, déplacent les populations et exacerbent les tensions », a déclaré le Chef de l’État du Sénégal. Hélas, regrette Diomaye Faye, la crise s’accroît avec l’accélération du dérèglement climatique, qui impacte gravement les liens entre l’eau et le climat, étant établi que l’eau agit sur le climat tout comme le climat détermine la disponibilité et la qualité des ressources en eau.

Le Chef de l’État note que l’Objectif de développement durable numéro 6, consacré à l’eau et à l’assainissement, constitue un levier stratégique pour l’atteinte de l’ensemble des Objectifs de développement durable. Le faire progresser, dit-il, c’est contribuer subséquemment à la mise en œuvre de l’Agenda 2030. Cependant, à quatre ans de l’échéance, les objectifs fixés sont loin d’être atteints, même si des progrès sont observés sur plusieurs indicateurs, montrant que l’accélération des performances reste possible si les bons leviers sont activés. « L’Afrique est au cœur de ces enjeux, malgré sa vulnérabilité aux chocs hydriques et climatiques. Continent riche de ses ressources et de sa jeunesse, elle est aussi une force de solutions, d’opportunités, d’innovations et de savoirs », a soutenu le président Faye, se réjouissant à cet égard que l’Union africaine ait proclamé l’année 2026 « Année de l’eau en Afrique ».

Le président renseigne que le Sénégal est conscient de ces enjeux, y compris géostratégiques, et qu’il s’est très tôt engagé en faveur de l’hydro-diplomatie. « La co-organisation de la Conférence des Nations Unies aux côtés des Émirats arabes unis s’inscrit dans cette dynamique visant à faire de l’eau une source de paix et de développement, et non une source de conflit. »

Diomaye Faye salue la « qualité du partenariat » avec la coprésidence, fondée sur « la confiance et une vision commune », mettant la problématique de l’eau au cœur de l’agenda international pour un meilleur accès et une gestion apaisée des ressources hydriques.

Pour M. Faye, ce partenariat est un symbole de « la force » du multilatéralisme à travers le dialogue et la coopération. « Ensemble, nous voulons faire de cette conférence un moment d’engagement et d’actions concrètes. À l’heure où les Nations Unies s’engagent dans une réflexion profonde sur le renforcement du multilatéralisme, la question de l’eau constitue un test concret de notre capacité à produire des résultats tangibles pour les peuples », a soutenu le Chef de l’État.

À l’en croire, faire progresser l’agenda de l’eau, c’est aussi restaurer la confiance dans l’action multilatérale et démontrer que « la coopération internationale demeure un levier crédible de solutions ». Le Chef de l’État considère que la Conférence de 2026 ne devra pas être une rencontre de plus, mais un moment de bascule par lequel la communauté internationale agira pour bâtir des réponses inclusives et durables face aux défis de l’eau et du climat, en mobilisant États, collectivités territoriales, secteur privé, société civile, scientifiques, communautés locales, jeunes et femmes dans un élan de solidarité et de complémentarité. « Elle devra aussi apporter des solutions innovantes adaptées aux réalités africaines, des engagements concrets, mesurables et suivis dans le temps, une meilleure coordination des initiatives pour éviter la dispersion, ainsi qu’une mobilisation accrue des financements pour réaliser les investissements adéquats », a indiqué Diomaye Faye.

Plusieurs membres du gouvernement et députés ont pris part à la rencontre. Parmi eux figuraient notamment Mimi Touré et Cheikh Tidiane Dièye.

BABACAR SY SEYE

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