Elle représente 58,4 % de la population en 2024

La population en âge de travailler (15 ans ou plus) représente 58,4 % de la population sénégalaise, en 2024, selon l'ANSD. La répartition selon le milieu de résidence montre que la majorité de cette population réside en zone urbaine (60,1 %) contre 39,9 % en milieu rural. Cette configuration traduit une urbanisation croissante et une forte attraction des centres urbains.
La concentration de la population en âge de travailler en milieu urbain est souvent expliquée par son poids économique, notamment celui de Dakar, qui est en fait une zone d’attraction des personnes à la recherche d’emploi. En effet, d’après les résultats du dernier recensement général des entreprises (RGE 2016), près de 40 % des unités économiques sont concentrées dans la région de Dakar.
En outre, la population en âge de travailler est jeune et majoritairement constituée de femmes avec des niveaux d’instruction faibles. En effet, cette population, qui est légèrement dominée par les femmes (50,5 % contre 49,5 % d’hommes), est constituée de 58 % de jeunes. La part des jeunes qui ont moins de 25 ans révolus est estimée à 34,6 % en 2024.
Selon le niveau d’instruction, plus de la moitié de la population en âge de travailler n’a jamais fréquenté l’école (57,2 %), et la quasi-totalité de ceux qui ont fréquenté ont au plus le niveau secondaire (93,2 %). Seule une minorité a pu atteindre le niveau supérieur (6,8 %). Ce constat illustre un déficit de qualification et pose des enjeux majeurs pour l’insertion professionnelle et la productivité.
Un taux de chômage de l'ordre de 21,6 %
Les personnes au chômage constituent une composante non utilisée de la main-d’œuvre dans la production des biens et services. Le taux de chômage évalue le poids en pourcentage des chômeurs dans la main-d’œuvre. Il est défini comme le ratio : nombre de chômeurs/nombre d'actifs.
Le taux de chômage national s’élève à 21,6 %, mais il cache de fortes disparités selon les caractéristiques sociodémographiques. En effet, il est plus élevé en zone rurale (24,7 %) qu’en zone urbaine (19,4 %). Toutefois, en termes absolus, la répartition des chômeurs apparaît relativement équilibrée, avec 52,8 % résidant en zone urbaine et 47,2 % en zone rurale. Cela traduit le fait que, malgré une intensité plus forte du chômage en milieu rural, le poids démographique des zones urbaines maintient une part importante de chômeurs en ville.
L’analyse par sexe met en évidence une forte disparité. Les femmes sont beaucoup plus touchées par le chômage, avec un taux de 33,9 %, contre 12,8 % pour les hommes. Cette tendance se retrouve dans la répartition des chômeurs, où les femmes constituent près des deux tiers de la main-d’œuvre en chômage (65,3 %), confirmant leur vulnérabilité sur le marché du travail et les difficultés d’accès à l’emploi.
Le niveau d’instruction apporte également un éclairage intéressant. Le chômage touche particulièrement les personnes sans instruction (23,0 %) et celles ayant atteint le secondaire (22,6 %). En revanche, les diplômés du primaire enregistrent le taux de chômage le plus faible (15,3 %), tandis que les diplômés du supérieur affichent un taux de 18,2 %, inférieur à la moyenne nationale. Cependant, la répartition des chômeurs révèle que les sans-instruction forment la majorité des demandeurs d’emploi (67,7 %), suivis par ceux ayant atteint le secondaire (17,3 %) et le supérieur (5,5 %). Cela reflète le poids structurel de la population peu instruite dans la main-d’œuvre globale, tout en soulignant la persistance de difficultés d’insertion même pour les niveaux scolaires plus élevés.
Enfin, la dimension générationnelle met en évidence une surreprésentation des jeunes. Le taux de chômage est le plus élevé chez les plus jeunes (29,6 %) et reste élevé chez les personnes âgées de 25 à 34 ans (25,3 %), avant de chuter à 16,0 % chez les adultes. Toutefois, la répartition effective des chômeurs montre une relative concentration dans les tranches d’âge supérieures. En effet, les 15-24 ans représentent 29,9 % des chômeurs, contre 32,9 % pour les 25-34 ans et 37,2 % pour les 35 ans ou plus. Autrement dit, même si les jeunes sont proportionnellement plus exposés au chômage, les adultes constituent une part plus importante en effectif, traduisant la persistance du chômage tout au long de la vie active.
CHEIKH THIAM







