Publié le 1 Dec 2012 - 20:00
JOURNEE MONDIALE DU VIH/SIDA

 Heurts et lueurs d'un combat

 

Depuis 25 ans les acteurs Sénégalais intensifient la lutte contre le VIH. Une maladie transmissible qui est la première cause de mortalité en Afrique. Cette année, les acteurs font un focus sur la maîtrise de la transmission de la maladie à l'enfant.

 

Stratégie majeure dans la lutte contre le fléau, l'''élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant'' a été choisie, cette année, comme thème de la journée internationale de lutte contre le VIH/SIDA, célébrée ce samedi. Selon le Dr Ibra Ndoye, coordonnateur du Conseil national de la lutte contre le Sida (CNLS), la mère peut transmettre le virus à l’enfant pendant la grossesse. Car étant dans le ventre de la mère, l’enfant est exposé à tout ce que contracte la maman. Ainsi, la vie du bébé dépend des activités de sa mère. Et quand le virus attaque le système immunitaire, la mère devient sans défenses et expose l'enfant au virus. De même, l’enfant peut aussi être infecté pendant l’accouchement à cause du sang qui sort du cordon ombilical quand on le coupe. L’autre phase de transmission du virus, c'est pendant l’allaitement.

 

Le sachant, l'État et la société civile ont développé différentes stratégies pour limiter la transmission mère-enfant. Ainsi, plusieurs messages ont été lancés pour accompagner la campagne de sensibilisation, dont le ‘’dépistage de la femme enceinte dès le début de la grossesse’’, ou encore, ‘’le dépistage du couple’’, entre autres. Pour atteindre ces objectifs, les sociétés civiles de lutte contre le VIH-SIDA, en collaboration avec le ministère de la Santé, l'Alliance nationale contre le Sida (ANCS) et les bailleurs fonds ont élaboré des stratégies de prévention sur l’étendue du territoire national.

 

 

 

''Nous travaillons auprès de cette cible pour réduire cette infection chez la femme. Au delà de cette cible qui est la femme, nous avons les enfants. Ce sont vraiment nos cibles premières'', explique Mme Rokhaya Nguer, secrétaire exécutive de la section sénégalaise de l’Ong SWAA, créée en 1989. Mme Nguer, c'est un paquet d'activités a été mis en œuvre avec pour cible la femme enceinte. Cette dernière, dès le premier trimestre prénatal, est appelée à faire sa consultation prénatale afin de voir son état de santé. ''Les consultations prénatales sont des moments majeurs où le dépistage est proposé de façon systématique. Lors des consultations prénatales, ce sont des femmes qui sont le plus souvent ciblées'', explique-t-elle, ajoutant que c'est un moment important car ''il permet de savoir si la femme vit avec le VIH ou non''.

 

Si la femme vit avec le VIH, elle est prise en charge. Ce moment permet à la femme d'avoir un enfant en bonne santé, tout en assurant sa propre santé. Si elle suit bien son traitement, la maman peut ''donner naissance à un enfant indemne du VIH'', avise Mme Nguer. Mais avant cette phase de consultation prénatale, il y a la sensibilisation qui est faite en amont dans les quartiers, pour identifier les femmes enceintes, précise la secrétaire exécutive de Swaa-Sénégal. En outre, avec le programme de prévention mère-enfant, la maman suit un traitement pendant la grossesse (les trithérapies). ''Ce traitement est donné à vie et protège l’enfant contre toutes infections et allonge la vie de la maman'', explique le Dr Ibra Ndoye.

 

Un tueur silencieux

 

Il est souvent dit qu’il est mieux de savoir son statut sérologique que de vivre sous l’ombre de l’ignorance. Une question taraude cependant beaucoup d'esprits. Pendant combien de temps peut-on être porteur du virus du Sida sans que se manifeste la maladie ? ''On peut aller jusqu’à cinq, voire dix ans sans que la maladie se manifeste. Cela est dû au fait que le virus qui se trouve dans le sang se manifeste à l’intérieur'', a répondu le Dr Ibra Ndoye, . De fait, l'organisme peut supporter le virus pendant de longues années, tant que le système immunitaire joue son rôle de défense. Mais, avise Dr Ndoye, ''lorsque le virus atteint le sommet, il n'y a pas de signes immunitaires et ça, c’est très difficile''.

 

 

Le virus dans l’organisme réagit comme deux belligérants sur un terrain de guerre, poursuit le Dr Ndoye. Dès qu’une personne est contaminée par le virus, ce dernier commence à s’attaquer aux défenses de l’organisme. ''Le virus cherche à rayer tous les organes qui pourront l’empêcher de progresser. A ce stade, il va s’en suivre une bataille entre les défenses de l’organisme et le virus, dit-il. C’est une lutte qui peut durer des années et c’est ce qui fait d’ailleurs que la personne peut rester dix ans, sans savoir qu’elle a contacté le VIH martèle le docteur. En outre, quand le ''combat est remporté par le virus, cela entraîne le déficit immunitaire''. Et quand la personne commence à avoir des signes, c’est dans un état très avancé de la maladie. Parfois, ''il y a les boutons qui commencent à apparaître sur son corps, il devient faible et commence à maigrir'', c’est parce que le virus a déjà rongé son organisme et à ce stade aucune défense ne fonctionne plus, fait savoir Dr Ndoye. C’est alors que la victime commence à tomber malade et devient vulnérable à toutes sortes de pathologies.

 

 

Les antirétroviraux dans tout ça ?

 

Les antirétroviraux restaurent le système immunitaire. Ils agissent sur toutes les infections opportunistes qui menacent l'organisme. Ils diminuent 60% des manifestations de la tuberculose et éliminent à 96% la contamination hétérosexuelle. Ces médicaments éliminent en outre le discordant, c'est à dire la contamination entre deux conjoints dont l'un d'entre eux porte le virus.

 

 

VIVIANE DIATTA ET IDELETTE BISSU

 

 

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