Publié le 27 Jan 2026 - 08:59

Nouveau cimetière catholique à Dakar

 

L’Archidiocèse de Dakar a fait de l’aménagement d’un nouveau cimetière catholique à Guédiawaye l’une de ses priorités majeures. Lors du pèlerinage diocésain tenu le 18 janvier 2026 à Popenguine, l’archevêque de Dakar, André Guèye, a inscrit ce projet parmi les trois urgences absolues de l’Église locale, aux côtés du sanctuaire de Grand-Yoff et du centre de pastorale familiale de Diamniadio. Cette décision intervient dans un contexte de saturation critique du cimetière catholique Saint-Lazare de Béthanie, qui ne parvient plus à répondre aux besoins des communautés catholiques de la capitale.

« C’est un projet très urgent, celui de l’aménagement des cimetières de Guédiawaye, pour pallier la saturation du cimetière Saint-Lazare, pour ensevelir décemment nos morts et prier pour eux », a déclaré Mgr Guèye devant des centaines de fidèles. Derrière cette urgence, une réalité douloureuse se vit au quotidien. Chargé de la coordination des travaux, l’abbé Jean-Noël Diène Diouf témoigne de la détresse des familles : « Nous recevons des appels tous les jours. Des gens désemparés, parfois en colère. Ils ont raison. Nous devons agir maintenant. » Des sollicitations qui traduisent la même impasse : l’impossibilité, pour de nombreuses familles endeuillées, d’inhumer dignement leurs proches dans leur propre ville. Longtemps suffisant, le cimetière Saint-Lazare a été progressivement rattrapé par la croissance démographique et l’extension urbaine de Dakar.

...Aujourd’hui, l’espace est totalement saturé, plaçant les fidèles face à une situation qui dépasse la seule question logistique. Pour l’Église catholique, l’inhumation des morts et la prière pour les défunts relèvent d’une œuvre de miséricorde fondamentale. « Je demande à tous d’adhérer aux dispositions, mais surtout de participer généreusement au financement des travaux d’aménagement. C’est une œuvre de miséricorde », a insisté l’archevêque. Face à cette urgence, l’Archidiocèse de Dakar a élaboré un plan jugé réaliste. Le site de Guédiawaye est identifié depuis plusieurs mois, les études techniques sont achevées et les démarches administratives sont en cours. Reste toutefois un obstacle majeur : le financement. La première phase du projet nécessite une enveloppe de 500 millions de francs CFA.

Ce montant permettra de réaliser les infrastructures essentielles à l’ouverture du site : terrassement et viabilisation du terrain, construction d’un bâtiment administratif pour l’accueil des familles, forage pour l’alimentation en eau potable et installation d’un système électrique solaire, afin d’assurer un fonctionnement durable et respectueux de l’environnement. Coordinateur de la collecte, Simon Dioh se veut confiant quant à la capacité de mobilisation : « Nous avons besoin de 500 millions. Cela semble énorme, mais si 50 000 personnes donnent 10 000 FCFA, nous y arrivons. Si 500 entreprises donnent 1 million, le projet démarre demain. » Un appel qui met en avant la responsabilité collective et la force des contributions, même modestes, pour permettre à l’Église catholique de Dakar de répondre à une urgence humaine et spirituelle.

 

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