Publié le 3 Mar 2013 - 09:02
SEYDI ABABACAR NDIAYE , SG du SAES

 ‘’Rastafarien pur et dur‘’

 

Enseignant à l’école supérieure polytechnique, Seydi Ababacar Ndiaye est le secrétaire général national du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes), depuis mai 2010. Mais derrière le prof au faciès trompeur, se cache un fan de reggae...

 

 

De première vue, on aurait pris Seydi Ababacar Ndiaye pour Ibadou Rahmane. La ''faute'' à une barbe longue qui fait le look des Ibadous. L'apparence étant dès fois trompeuse, Seydi Ababacar Ndiaye, le leader syndicaliste est loin d'appartenir à cette communauté religieuse. ''Je suis extrêmement loin d'être un Ibadou. Ma barbe est une barbe de contestataire'', rectifie-t-il, avec un sourire. Professeur de Chimie physique, à l’École supérieure polytechnique (EPT) de Dakar, Seydi Ababacar Ndiaye est le secrétaire général du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes), depuis le 15 mai 2010.

 

Aujourd’hui, il est très connu du milieu syndical universitaire pour son franc parlé. Pourtant c’est en 1995, alors qu’il était enseignant à l’École polytechnique de Thiès, qu’il a intégré ce syndicat. ‘’Dès que je suis arrivé à Thiès, immédiatement après mon année de stage, j’ai pris la section Saes de l’EPT en 1995 et pendant plusieurs années. Et en 1998, je suis entré dans le bureau national. A l’époque, c’était l’ancien recteur, Abdou Salam Sall, qui était le secrétaire général’’, se rappelle-t-il.

 

Déjà, au Prytanée militaire

 

 

Le milieu syndical, il l'a connu depuis ses années au Prytanée militaire de Saint-Louis où, dès la classe de 4e, il militait dans les mouvements de grève. ‘’On m’a viré avec la bande des 146 renvoyés pour insubordination. A l’époque, j’étais en 4ème et j’étais dans le mouvement’’, se souvient-il. Né après la période des indépendances, exactement le 12 mars 1962 à Dakar, c’est au lycée Lamine Guèye qu’il a décroché son baccalauréat en 1981 avant d’intégrer l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad).

 

 

Au Saes, Seydi Ababacar Ndiaye a d’abord assuré le secrétariat général, section École polytechnique de Thiès. En 1998, il est entré dans le Bureau national avant de devenir, en 2001, secrétaire général national adjoint. ‘’En 2004, il y a eu quelques situations compliquées au niveau du syndicat, qui ont fait que Iba Diène est parti après un seul mandat. Par loyauté, quand j’ai compris cela, je suis parti avec lui. Pendant 6 ans, je n’étais pas dans le bureau national’’, explique le professeur à l’ESP de Dakar. Après six ans de diète, Seydi Ababacar est revenu pour occuper le poste de secrétaire général national du Saes.

 

‘’Le syndicat était resté léthargique pendant 6 ans. On n’intervenait pas dans les débats, on ne soutenait plus les autres camarades des autres corps de l’enseignement, alors que ce sont les pères fondateurs, comme Bouba Diop, qui ont mis en place la Raddho et d‘autres structures, parce qu’ils savaient que tout ne pouvait pas être fait par le bureau national’’. ‘’Avec cette équipe, on voit le Saes intervenir dans les débats. Le Saes doit être là et c’est ce Saes qui est revenu’’, enorgueillit M. Ndiaye.

 

Amateur du reggae et même biographe

 

 

La politique ? ‘’Je n’ai jamais fait de politique’’, répond-il, fièrement. Par contre, il a toujours intégré le mouvement associatif, partout où il est passé. ‘’Même à Bordeaux où j’ai fait ma thèse, j’ai été là-bas en temps que président du mouvement des jeunes contre le racisme en Europe, section Bordeaux. Dans les centres où il y avait les soirées de reggae et autres, j’étais le président’’, raconte-t-il. Amateur de la musique reggae, Seydi Ababacar Ndiaye se défini même comme un ‘’ rastafarien pur et dur’’. ‘’Je suis en train de réfléchir, pour mettre en place une association pour la promotion du reggae. Je suis amateur et je peux même dire biographe’’, avance-t-il.

 

 

 

 

ALIOU NGAMBY NDIAYE

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