Publié le 6 Jul 2018 - 01:59
SAINT-LOUIS

La banque de sang ‘’oubliée’’

 

La banque de sang de Saint-Louis souffre d’un manque de ravitaillement adéquat. Cette structure très vitale dans la pyramide sanitaire est « oubliée ». Seules quelques poches dorment dans le laboratoire.

 

Située dans le faubourg de Sor « la banque de sang de Saint-Louis se bat tant bien que mal pour survivre », à en croire une femme vêtue de blouse blanche, chargée du prélèvement. La situation est d’autant plus préoccupante qu’il est avéré que, si jamais il y a une urgence énorme en besoin de sang, la banque ne pourra pas satisfaire la demande. D’où l’inquiétude chez les acteurs de la santé à Saint-Louis. La pénurie est très palpable. « On avait l’habitude de voir des activités où les organisateurs mettaient en pole position le don de sang, mais depuis des mois, cela se raréfie », avance une laborantine. Pour elle, cela constitue un danger pour la banque de sang de Saint- Louis. « Nous récoltions plus de cent poches à une cérémonie de don de sang et cela nous permettait de faire face à la demande », poursuit-elle.

Pire, les donneurs bénévoles n’existent plus, se désole la laborantine. Ainsi, l’association des Donneurs Bénévoles de Saint-Louis déroule difficilement des activités de collecte de sang. L’heure est grave dans la cité ancienne. Pour une ville qui compte un centre hospitalier régional et plus de dix dispensaires et autres postes de santé, la banque de sang ne garde même pas plus de 500 poches, souffle-t-on.  Et pourtant, dans les radios de la place, on ne cesse de lancer des messages à l’endroit des populations pour leur rappeler l’importance d’un tel acte : Donner du sang, c’est sauver des vies. Mais les populations restent sourdes.

L’espoir renaît avec la reprise des cours à l’UGB

On avance la peur de découvrir des maladies. Il y a aussi la thèse de la phobie de voir du sang pour expliquer le refus de donner son sang. L’esprit de solidarité et d’entraide, très connu des fils de la cité de Mame Coumba Bang, se perd. Toutefois, l’espoir est en train de renaître, avec la reprise des cours à l’UGB. Selon un travailleur à la banque de sang, beaucoup d’organisations estudiantines ont un esprit citoyen, en organisant des dons de sang. « Elles nous invitent à venir collecter du sang et le camion se déplace à l’UGB, et on garde espoir qu’avec la reprise des activités éducatives à Sanar, la banque de sang remplira ses poches de sang », lance ce dernier.

Ainsi, avec les quelques poches existantes, la banque de sang appuie le centre hospitalier régional de Saint-Louis qui n’en garde presque pas. Ici, dans cet établissement, on se réfère le plus à la banque de sang. En cas d’urgence, on fait des communiqués dans les radios de la place pour inviter des donneurs bénévoles à venir sauver des vies. « Lors d’un accident survenu à hauteur de Ross Béthio, où il y avait des blessés, il fallait faire des interventions chirurgicales, mais l’hôpital ne disposait pas de sang », révèle un administratif de l’hôpital de Saint-Louis. Ce jour-là, il a fallu interpeller, dans la nuit, la banque de sang qui a vite fait d’acheminer quelques poches pour sauver des vies humaines.

Le constat est que la situation est loin d’être reluisante dans cette structure sanitaire. Le problème est réel. Ici, point de stocks suffisants. Mais on arrive toujours et, pour l’instant, à trouver des solutions pour faire face à une demande sanguine.

A la recherche d’un donneur de sang

D’ailleurs, alors que nous nous rendions aux urgences de l’hôpital de Saint-Louis, nous rencontrons un homme dans la cinquantaine qui cherche désespérément un donneur de sang pour son cousin malade qui doit subir une intervention chirurgicale, dans deux jours. « On a des donneurs, mais son groupe de sang est introuvable à la banque de sang et ici à l’hôpital », confie-t-il. Au même moment, son téléphone sonne. La nouvelle tombe : « On a trouvé un donneur. » Son visage s’éclaire et tout joyeux, il tourne les talons pour aller annoncer la bonne nouvelle aux autres membres de la famille assis dans la salle d’attente.

Les urgences de Saint-Louis, premier service d’intervention de l’hôpital, garde toutefois quelques poches dans la salle de stockage pour les premiers soins. Dans ce service, la direction multiplie les efforts pour éviter une pénurie générale. Mais force est de reconnaître qu’à Saint-Louis, les structures sanitaires souffrent de manque de sang, au grand dam des nécessiteux.  

FARA SYLLA (SAINT-LOUIS)

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