Publié le 4 Feb 2017 - 21:53
FALLOU DIOUF JUGE POUR ATTENTAT A LA PUDEUR, PEDOPHILIE, DETOURNEMENT DE MINEURE …

‘’J’ai des troubles psychiques‘’

 

Pour l’avocat de la défense, si toutefois la culpabilité de son client Fallou Diouf est établie par le tribunal des flagrants délits de Dakar, l’article 50 doit lui être appliqué. Traduit hier à la barre pour attentat à la pudeur, détournement de mineure et pédophilie sur F. A. Sarr, le prévenu a invoqué la démence. Pas convaincu, le Parquet a requis 2 ans de prison. Délibéré, ce mardi.

 

On aurait confondu Fallou Diouf avec un des champions de l’arène sénégalaise. Tant, l’homme à l’allure d’un lutteur. Taille élancée, physique athlétique, la trentaine bien consommée, il a fait face hier au juge du tribunal des flagrants délits de Dakar. Ce, pour les chefs de prévention d’attentat à la pudeur, d’attouchements sexuels, de détournement de mineure et de pédophilie sur F. A. Sarr, âgée de 7 berges. Toutefois, le prévenu a réfuté les faits qui lui ont valu sa comparution. Pourtant, à l’enquête préliminaire au commissariat de Jaxaay, il avait reconnu les faits retenus contre lui. Fallou Diouf s’est réfugié derrière ‘’son état de démence’’.  ‘’J’ai des problèmes psychiques’’, a-t-il déclaré. Avant que son grand frère ne vienne confirmer la santé mentale déficiente de son frangin. Jurant ainsi que ce dernier ‘’a même été interné à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye’’. ‘’Il n’est pas en possession de toutes ses facultés mentales’’, a-t-il assuré devant le tribunal. Le juge va trancher l’affaire le 7 février prochain.

Au cours des débats d’audience, le prévenu s’est montré peu prolixe. ‘’J’allais dans les toilettes pour me soulager lorsque j’ai aperçu la gamine et d’autres enfants en train de jouer dans la cour de la maison. Je les ai sommés de quitter les lieux car je voulais me reposer. Je n’ai commis aucun acte d’attouchements sur cette fillette’’ ; telle a été sa déclaration vite démentie par la petite. ‘’Faux !’’ a martelé F. A. Sarr.  Avant d’ajouter : ‘’J’étais partie jouer avec mon petit frère dans la maison voisine. Il m’a emmenée de force dans sa chambre. Il m’a déshabillée par la suite pour entretenir des relations sexuelles avec moi. J’ai profité d’un moment d’inattention pour prendre la fuite’’, a raconté la victime, la voie tremblotante. Sa mère, C. S. Gaye, a enfoncé le voisin. ‘’C’est mon fils qui m’a informé que sa sœur était dans la chambre de Fallou Diouf.’’

La génitrice a ajouté avoir été estomaquée par la réponse de Fallou Diouf, lorsqu’elle lui a demandé ce qu’il pouvait bien faire tout seul avec F. A. Sarr. ‘’Qu’est-ce qu’une fille peut bien faire dans la chambre d’un homme ? Imagine si toi aussi tu étais entrée dans ma chambre, ce que j’aurais fait avec toi’’ ! lui a-t-il jeté à la figure. Furieuse, C. S. Gaye a amené sa fille voir un gynécologue. Après un examen médical, il a été constaté que la petite n’a pas été victime d’un viol. Si ce n’est que des attouchements ont été faits sur elle. Suffisant pour que la partie civile, qui n’a pas commis d’avocat, réclame 100 000 F CFA pour toute cause et préjudice subis.

Selon le Parquet, Fallou Diouf essaye de tromper la religion du tribunal, alors qu’il a introduit sa main dans les parties intimes de la fille. S’y ajoute que le détournement de mineure est établi, au regard des faits. En sus, renseigne-t-il, la minorité  de la fille ne souffre d’aucune contestation. Pour le maître des poursuites, l’argument de défense du prévenu ne saurait prospérer. ‘’On nous déclare que c’est un fou. Mais il a répondu correctement aux questions posées’’, signale le Parquet. Qui a requis deux ans d’emprisonnement contre ‘’le malade mental’’.

L’avocat de la défense a jugé ‘’anormal’’ le réquisitoire du substitut du procureur. Il affirme qu’il y a un doute dans ce dossier. C’est pourquoi, à titre subsidiaire, il a demandé la relaxe au bénéfice du doute et, à titre principal, le renvoi des fins de la poursuite pour son client qui ‘’souffre de démence’’. Et s’il est coupable, poursuit le conseil, ‘’je demande au tribunal de lui accorder l’article 50’’. Ladite disposition du code pénal stipule : ‘’Il n'y a ni crime ni délit, lorsque le prévenu était en état de démence au temps de l'action, ou lorsqu'il a été contraint par une force à laquelle il n'a pu résister.’’

AWA FAYE

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