Les leçons d’une prise de parole

Dans une interview fleuve accordée le week-end à TFM et Walf TV, le président de la République est revenu sans tabou sur les questions brûlantes de l’heure.
Diomaye avait envie de briser le silence dans lequel il était confiné depuis très longtemps. Face aux attaques répétées de son clan, il n’en pouvait plus de garder le silence. A-t-il tout dit dans le différend qui l’oppose à son Premier ministre ? Il ne l’a toujours pas fait. L’homme préfère encore laisser une chance à la réconciliation, croyant que la raison peut encore revenir dans sa famille politique au bord de l’implosion.
Ainsi, il a tenu à répondre sans filtre aux accusations, en montrant clairement que le pouvoir n’est pas une obsession pour lui. Soit pastef revient à la raison conformément à l’idéal qui a toujours prévalu, soit en 2029 chacun aura son candidat et tant pis pour ce qui adviendra. Décryptage !
Sur les réformes
Il y a quelques jours, la Présidence de la République avait rendu public une série d’avant-projets sur lesquels elle travaillait depuis quelques mois, à la suite des dialogues sur la justice et le système politique. Dans la foulée, la majorité de Pastef a soumis et adopté une révision portant sur un point du package. La question de fond qui se posait, c’est de savoir si Diomaye va retirer ces articles L29 et L30 pour rejoindre la proposition de son parti ? S’il ne le fait pas est-ce que Pastef va voter le package qui sera soumis à l’Assemblée ? Quelle sera la position du Conseil constitutionnel ?
En attendant les réponses de Pastef et du Conseil, le président de la République a levé un coin du voile. “Normalement, dit-il, si le nouveau code est adopté, le code actuel va disparaître. Parce que, dans les dispositions transitoires, il est prévu l’abrogation du code en vigueur”, indique le Président de la République, qui affirme ne pas comprendre la logique derrière cette révision adoptée en procédure d’urgence. Toutefois, s’empresse-t-il de reconnaître : “Une majorité reste une majorité. C’est dans son droit d’initier des propositions de lois, mais je ne vois pas l’urgence, alors que nous étions dans une dynamique consensuelle. C’est comme si l’objectif était de court-circuiter la dynamique en cours.”
Quelle issue on peut donc attendre avec ces réformes envisagées par l’Exécutif ? La première hypothèse, c’est l’adoption du projet de Diomaye sans réserve par Pastef. Si tel est le cas, la loi de Pastef risque d’entrer dans l’histoire en devenant l’une des lois les plus éphémères. La deuxième hypothèse, c’est que l’Assemblée fasse des amendements pour intégrer ses préoccupations, y compris sur les dispositions relatives à l’inéligibilité. Ce qui est fort probable dans le contexte actuel. Auquel cas il sera scruté la posture du gouvernement, s’il va accepter ou non les amendements de Pastef. La troisième hypothèse est de voir la majorité rejeter purement et simplement la proposition. Ce qui serait un désaveu cinglant contre le président de la République.
En attendant, les tractations vont certainement se poursuivre. Le Conseil constitutionnel pourrait aussi faciliter la tâche en invalidant la loi de Pastef et laisser la voie à celle de Diomaye. Mais là encore, c’est Pastef qui va apprécier s’il va adopter ou non les révisions de Diomaye. Pour le président de la République, il n’y a aucun problème avec l’éligibilité de son Premier ministre, c’est juste qu’il est dans une dynamique de réforme consensuelle. Face aux journalistes, il déclare : “Je suis très pris, mais j’ai pris le temps de lire les projets de texte. Il n’y a que le code électoral que je n’ai pas eu le temps de lire. Mais sur certaines dispositions comme la déchéance, je me suis assuré que nous avons le même projet pour lever toute équivoque. Nous avons donc été très transparent, très ouvert et inclusif pour dissiper tout malentendu.”
Divergences avec le PM
Mais qu’adviendrait-il si le président de la République est désavoué par sa majorité acquise à son Premier ministre ? Les propos du président de la République peuvent sonner comme un rappel à ceux qui doutent encore de son autorité. En tant que président, Diomaye a tenu à rappeler que c’est lui le patron. Si le Premier ministre est encore à son poste, c’est parce qu’il a encore toute sa confiance, qu’il est satisfait de son travail. “Tant qu’il est PM, c’est parce qu’il bénéficie de ma confiance. Le jour où il n’aurait plus ma confiance, on aura un nouveau Premier ministre. Sachez que tant qu’il est là, c’est parce que je pense qu’il est en train de faire son travail convenablement. Si je ne suis plus satisfait, je mets le Sénégal au dessus de tout”, tranche froidement le président de la République, non sans distinguer les rapports étatiques qu’il a avec son PM des rapports familiaux et politiques.
Le chef de l’Etat rassure ceux qui craignent une crise institutionnelle. “Il ne peut pas y avoir de crise, parce que le PM est nommé par décret et il peut être enlevé par décret. Si le Président n’a plus confiance en lui, il va en nommer un autre”, répète-t-il.
Pastef et Ousmane Sonko seront donc obligés de choisir. Car, selon toute vraisemblance, le président Faye est déterminé à aller jusqu’au bout dans sa volonté de mettre en œuvre son “code consensuel”. Pour lui, c’est important pour en finir avec les crises électorales mortelles. “Il ne faut pas oublier que les graves crises qui ont secoué ce pays, c’est à cause des questions électorales. Cela nous a couté presque 100 morts, entre 2011-2012 et 2021-2024, je veux que ça finisse. Et s’il plait à Dieu, on va y mettre un terme, parce que c’est une conviction forte pour nous”, a affirmé avec force le président de la République.
Il insiste : “Nous devons rendre service à ce pays, ne pas trop se soucier du pouvoir parce que c’est Dieu qui donne le pouvoir. Nous en avons une conviction, qui nous confère une sérénité permanente sur la manière de tenir ce que le Bon Dieu a bien voulu nous confier.”
Un président serein
Sérénité. Le mot est revenu plusieurs fois dans les réponses du chef de l’État. Diomaye a voulu afficher une distance très très stoïque avec l’exercice du pouvoir. Morceaux choisis : “ce que j’ai voulu montrer c’est ma sérénité pour le pouvoir” ; “je pense que si on a la chance d’avoir un Président qui est très serein par rapport au pouvoir, il faut en profiter” ; “le pouvoir ne m’empêche pas de dormir.”
C’est en ces termes que le successeur de Sall appelle la classe politique à travailler ensemble pour rendre service à ce pays, en se mettant d’accord sur l’essentiel. Là encore, il affiche une grande sérénité par rapport à la chose publique. “Nous devons rendre service à ce pays, ne pas trop se soucier du pouvoir, parce que c’est Dieu qui donne le pouvoir. Nous en avons une conviction qui nous confère une sérénité permanente sur la manière de tenir ce que le Bon Dieu a bien voulu nous confier”, a-t-il soutenu.
Arrivé au pouvoir dans des circonstances exceptionnelles, il semble ne pas être obsédé. C’est ainsi qu’il explique le fait qu’il n’est nullement gêné par la convoitise de son fauteuil par le PM avec qui il continue de cohabiter, c’est ainsi qu’il explique également les nombreuses réformes consolidantes qu’il est en train de mettre en œuvre. “Je considère que ce n’est pas le bulletin unique qui me maintiendra ou me fera perdre le pouvoir ; ce n’est pas la transparence sur le fichier qui me fera gagner ou perdre ; j’ai la forte conviction que c’est Dieu qui donne le pouvoir, c’est Lui qui le reprend. Dieu m’a donné le pouvoir dans les conditions qui lui plaisent. Il décidera de quand je vais le transmettre à mon successeur”, réagit le président de la République.
Il n’y a aucun pacte avec le Premier ministre
Depuis la sortie de Ousmane Sonko en juillet 2025, certains partisans de Pastef véhiculaient l’idée d’un pacte avec le Premier ministre. Un pacte qui signifierait qu’il s’était engagé pour ne pas se présenter en 2029. Certains se fondent principalement sur des allusions du Premier ministre tenues lors de ce discours. La question a été posée hier au PR qui a été sans équivoque. Et sa réponse sans fioritures. “Il n’y a aucun pacte entre Ousmane et moi, il ne peut y avoir de pacte en réalité. Cela serait un manque de respect et de considération envers les membres du parti et en violation des chartes qui régissent notre organisation”, fulmine Diomaye.
Le parti, selon lui, ne se limite pas Ousmane et lui pour qu’ils se permettent de faire des ententes sur le dos des militants. “Deuxièmement, si on le fait ça veut dire que nous ne sommes plus dans l’esprit de projet mais dans une démarche de personnification du pouvoir que nous avons toujours refusé”, ajoute le PR. Pour lui, la philosophie de Pastef, ce que Pastef a toujours vendu ne correspond même pas avec ce type de combines et qu’il n’aurait jamais l’accepter.
En fait, ce qui fait mal au Président et qui le pousse à croire que son parti dévie de ce qui constituait son essence et sa légitimité, c’est qu’on ait décidé à priori, que quels que soient ses résultats à la tête de l’État, il devra s’effacer en 2029 et laisser la voie au leader du parti. La logique, souligne-t-il s’appuyant sur la philosophie du parti, c’est de le laisser faire ses deux mandats et après faire venir quelqu’un d’autre, à moins de prouver qu’il n’a pas été à la hauteur.
“Au nom de quoi, s’étrangle t’il, on va dire, dès à présent, que même si l’actuel président règle tous les problèmes, il faut que Moustapha (comprendre par là le PM) prenne la place ; que ça soit quelque chose qu’on doit décider avant même l’échéance. Je pense que cela ne correspond pas à l’ADN de pastef et je n’aurais jamais pris un engagement du genre parce que ce serait un manque de respect à mes frères de parti et aux Sénégalais”, développe t-il non sans rappeler qu’il n’a pas été élu que par les militants de Pastef, mais par 2 millions 450 mille Sénégalais. “… Quand je quitterai le pouvoir, je soutiendrai celui qui est choisi par le parti. Si c’est lui, je le soutiens si on est dans la perspective de me laisser terminer”, a-t-il mis en garde, estimant être parfaitement en phase avec les promesses du projet.
Pastef : l’egotrip mortel de Diomaye
Le président de la République a profité de son interview pour revenir amplement sur le rôle qu’il a joué dans l’histoire de Pastef des origines à nos jours. Comme pour montrer aux partisans de Sonko qu’il fait partie des actionnaires majoritaires du Parti. “Ce parti, j’ai été là depuis sa naissance, depuis l’idée de mettre en place un parti. Je n’ai raté qu’une réunion. Je fais partie de ceux qui ont rédigé les statuts, de ceux qui ont choisi les couleurs et emblèmes du parti. Pour la devise : don de soi pour la patrie, Dieu a fait que c’est passé par moi…..”, lance-t-il dans une envolée digne d’un egotrip. Après la présidentielle de 2019, il dit avoir rédigé seul les statuts et le règlement intérieur. Il en est de même pour la plupart des mouvements qu’il a conçu et mis en place. “Ce parti, je l’ai bâti de ma main en toute humilité avec les patriotes, à tous les étages. Ce n’est donc pas quelque chose qu’on va m’apprendre”, a-t-il répondu.
Tout en mettant en exergue le rôle qu’il a joué, il reconnaît le mérite des autres et en particulier du leader Ousmane Sonko. La stratégie du Parti au début, c’était de bâtir le parti autour d’un individu d’une personnalité et c’est ainsi qu’Ousmane Sonko a été choisi. “Et il a fait un travail remarquable ; c’est quelqu’un qui a beaucoup de mérite, qui a joué pleinement son rôle. Il faut reconnaître à chacun son mérite…..”, lance-t-il, rappelant que Sonko lui-même a toujours été contre la personnification. Pastef, insiste t-il, a surtout besoin d’une masse critique conscient des enjeux comme l’a toujours prôné son PM. Il ajoute : “Je le lui ai toujours dit : il ne suffit pas d’avoir une masse critique. Il faut aussi que cette masse critique ait le courage d’agir en tant que masse critique.”
D’après Diomaye, il est essentiel pour Pastef de se ressaisir pour aller loin. Si le parti ne change pas de trajectoire, soutient il il va droit au murs. Il a tenu toutefois à dédouaner son PM. “À son corps défendant, il n’a jamais cru au messianisme, jamais à ces histoires de guide, encore moins guide d’une quelconque révolution. Pastef, s’il continue sur cette trajectoire, va droit au mur”, peste-t-il non sans rappeler qu’il a toujours été loyal au leader, mais fidèle au projet.
Diomaye président : la rançon de la fidélité
Relativement à la coalition Diomaye, le président de la République évoque le “Ngor” pour justifier pourquoi il n’a pas voulu se séparer des alliés. Et il donne l’exemple de Déthié Fall venu après la conquête du pouvoir pour démonter l’accusation. “Si je prends l’exemple de Déthié Fall, il n’était pas avec nous, il était candidat et on la accueilli. Quand vous pouvez accueillir quelqu’un qui n’était pas avec vous, vous devez pouvoir en faire de même avec quelqu’un qui a été à vos côtés. Ces gens qui ont mobilisé leurs familles, ont mis leur appareils et leur argent….. Cette coalition je ne peux pas l’écarter. Il n’y a rien d’autre”, assume t-il, tout en reconnaissant le rôle majeur joué par Pastef.
Justice et reddition des comptes : les faits rien que les faits
Sur les questions judiciaires, le président de la République a réitéré sa position ferme. À ceux qui l’accusent de troquer la justice contre la réconciliation, il a répondu en donnant des faits concrets, notamment en faisant le point sur ce qui a été fait sur la question des morts durant la période 2021-2024. Rappelant l’obstacle de l’amnistie qu’ils avaient trouvé en place jusqu’à la décision du Conseil constitutionnel en passant par les législatives de 2024, il a souligné que la justice a été mise en branle depuis juillet 2025.
Des dizaines voire des centaines de victimes et témoins auditionnés au niveau de la section de recherches, sur des milliers de témoins déclarés. “Maintenant, renchérit le Président, on sait tous les conditions dans lesquelles ces personnes ont été tuées. C’est en 2025 qu’on est en train de mener l’enquête. Ya t’il eu des PV ? Quelle est la balle qui a tué ? Y a-t-il autopsie ? La balle vient de quelle arme ?…. C’est des questions très complexes. Je pense qu’il faut laisser les enquêtes suivre leur cours et de façon très sereine.”
Le président Faye soupçonne une instrumentalisation de la colère des victimes. “Ce serait malsain de vouloir utiliser la colère des victimes comme une arme contre le président de la République. Comme je l’ai dit : on ne peut pas dire qu’on veut la justice des événements qui se sont passés il y a 80 ans (Thiaroye 44) et oublier ce qui s’est passé en 2021. Ce n’est pas possible. Il ne s’agit pas non plus de règlement de comptes ; il s’agit de rendre justice et de donner une leçon à tout le monde. C’est un sacerdoce pour moi. J’y tiens particulièrement.”
La précision faite, le président affirme son intérêt inébranlable pour une justice sans parti pris. “La justice pour laquelle nous combattions, c’est une justice qui garantit le respect de la présomption d’innocence à chaque Sénégalais, la présomption d’innocence à chaque sénégalais, une justice qui garantit le respect des droits de la défense à chaque Sénégalais….” Il ne saurait être question d’une quelconque précipitation ou règlement de comptes. “On ne doit pas, en voulant rendre justice, causer du tort à des innocents, parce qu’on veut simplement couper des têtes pour faire plaisir à certains. C’est ma responsabilité et j’entends l’assumer pleinement. Moi, je n’ai pas peur que les gens se fâchent contre moi quand je suis sur la voie de la vérité. Le pire, c’est de se battre pour un idéal au péril de sa vie, arrivé à un niveau où on peut changer les choses, perpétuer les mêmes pratiques”, se défend le chef de l’Etat.
Sur la reddition des comptes, il dit avoir transmis tous les rapports où on demande l’ouverture d’une information judiciaire et il entend laisser la justice faire son travail librement. Quant aux attaques contre sa personne, il compte se mettre au-dessus de la mêlée. “Dieu m’a élevé à un certain niveau ; je ne serai pas là à faire des règlements de comptes contre qui que ce soit. Maintenant , il y a ce qui m’appartient il y a ce qui ne m’appartient pas. Il appartient à la justice de protéger l’institution et je ne m’immisce pas dans ces affaires. Je crois que s’il y a quelqu’un qui a incarné autant le fait d’être au-dessus de la mêlée, sur les 25 dernières années ou même plus, je crois que personne ne l’a fait autant que moi”, soutient le chef de l’Etat.
Interpellé pr Moustapha Diop (journaliste de Walf) sur les limogeages contre ceux qui le critiquent ; alors que ceux qui s’en prennent au PM ne sont pas inquiétés, il rétorque : “De ce qu’on me remonte, les propos contre ma personne choquent beaucoup de Sénégalais. Moi je suis un grand démocrate peut-être même trop. Quel est le président qui a accepté de cohabiter dans un régime avec un Premier ministre qui est dans une perspective de conquête du même pouvoir ? Combien de ministres viennent dans votre plateau pour dire qu’ils veulent le Premier ministre comme président en 2029. Il y a tellement d’attaques contre ma personne et c’est sur votre plateau. Il faut comparer ce qui est comparable.”
Pour les limogeages, il a affirmé que c’est surtout pour persistance. “Même si on veut la paix et la sérénité, il y a quelque chose qui m’appartient mais il y a quelque chose qui ne m’appartient pas”, poursuit-il.
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QUESTIONS DIVERSES Fonds politiques Sur un autre registre, le président de la République est revenu sur la lancinante question des fonds politiques. Pour lui, ces fonds sont nécessaires pour certaines actions. Il donne en exemple les actions dans le domaine du renseignement, dans le domaine de la solidarité avec d’autres États, mais aussi pour certaines sollicitations internes. Lesquelles actions ne peuvent pas toujours être traçables. “Notre engagement est de faire des efforts dans le contrôle. Et même là nous devons faire en sorte que cela ne soit pas une contrainte par rapport à l’utilisation”, a-t-il indiqué. FMI Par rapport au FMI, il a soutenu que le Sénégal fait de son mieux pour signer un nouveau programme. “L’absence de programme n’est pas un choix. Nous voulons bien un programme avec le FMI et nous travaillons dans ce sens. Maintenant, ce qu’il faut savoir c’est que, en attendant, nous continuons de mettre en œuvre notre vision. Cette absence de programme ne nous a pas empêché de suivre notre trajectoire de croissance, le déficit diminue et nous injectons plus de ressources dans des secteurs comme l’agriculture…” Cela n’a pas empêché non plus de réduire les prix des denrées et de baisser les prix du carburant. BTP En ce qui concerne le BTP, il a précisé que la dette est de l’ordre de 569 milliards environ, dont 300 milliards au titre des prestations dues et 269 milliards au titre du remboursement d’impôts. “Pour régler définitivement ce problème, il faut avoir accès aux ressources. Aujourd’hui nous levons presque 70% sur le marché intérieur. Nous avons donc des limites pour honorer cette dette du BTP. Il nous faut des ressources concessionnelles et à long terme pour faire face a cette problématique des arriérés”, explique le chef de l’Etat . CANDIDATURE DE SALL Diomaye s’explique À propos de la candidature de Sall, Diomaye est revenu sur les péripéties de cette candidature pour justifier pourquoi il n’a pas soutenu cette candidature. Pour lui, c’est surtout, parce qu’il n’a pas été informé par le concerné. “Plusieurs homologues chefs d’état m’ont informé, quatre plus précisément. L’un qui se trouve en Afrique centrale a même dépêché un ministre ici. Je lui ai dit que c’est vous qui m’avez informé, alors que ça ne devait pas se passer comme ça”, a expliqué le président de la République, qui dit avoir refusé qu’on lui mette la pression à la dernière minute. “On m’a écrit le 4 février à quelques jours de l’Assemblée générale, je n’ai pas voulu qu’on me mette la pression. Nous sommes le Sénégal ; on respecte tout le monde, mais on n’accepte pas certaines choses”, se défend le président en invoquant sa neutralité. |
Par Mor Amar






