Publié le 15 Dec 2012 - 10:00
Me ABDOULAYE SÈNE, DIRECTEUR TECHNIQUE NATIONAL DU VIET VO DAO

 “Pourquoi je veux booster la discipline au Sénégal”

 

Le viet vo dao, art martial venu du Vietnam, gagne du terrain dans le secteur du sport sénégalais. Et en prélude à la visite d'un expert vietnamien au Sénégal pour 15 jours, le directeur technique national et continental, par ailleurs membre du Conseil mondial des maîtres, Abdoulaye Sène, ceinture rouge premier degré, parle de l'intérêt de ce séjour.

 

 

Maître, comment se porte cette discipline au Sénégal ?

 

Le viet vo dao se porte bien au Sénégal, car on est sur toute l'étendue du territoire. On est en train de se développer et plus important encore, on est très bien structuré.

 

Est-ce que les Sénégalais s'intéressent beaucoup au viet vo dao ?

 

Les Sénégalais aiment bien cette discipline parce que c'est une synthèse de toutes les autres disciplines d'arts martiaux. Et le viet vo dao travaille aussi bien le corps que l'esprit. Pour les personnes âgées, il y a ce que l'on appelle la gymnastique respiratoire qui leur permet de se défouler. En dehors de tout cela, et à part les techniques de coups de pied et de poing, on apprend ce que l'on appelle les techniques de l'arme blanche, à savoir le bâton, le sabre, entre autres, et beaucoup d'autres dérivés qui peuvent être utiles à l'être humain.

 

Cette discipline a-t-elle un rôle éducatif ?

 

C'est un mouvement international d'éducation, il aide à l'équilibre de l'individu, tant au niveau de l'esprit qu'au niveau du corps. Mais aussi au niveau gestuel, il aide la personne à être en harmonie avec elle-même. Le développement mental est un facteur très important dans notre art, on y met beaucoup l'accent.

 

Quels sont vos rapports avec l'État du Sénégal ?

 

Notre rapport avec l'État est très fructueux, il faut le dire. Rien qu'en nous considérant et en nous facilitant nos sorties pour les championnats du monde, c'est déjà un acquis. On est pris en compte dans l'arbitrage budgétaire, dans la formation permanente par un autre volet du Cnoss (Comité national olympique et sportif sénégalais) qui nous a formé en master en management du sport ; presque chaque année, il y a des diplômés qui sortent. Le Cnoss travaille en symbiose avec le ministère des Sports donc, l'État nous apporte beaucoup. Il y a un expert qui va arriver, et le ministre des Sports nous a convoqués dans son bureau et a promis de prendre en charge le séjour de notre invité de marque.

 

Que vient faire cet expert ?

 

C'est un grand expert qui est neuvième dan en viet vo dao au Vietnam. Il sera au Sénégal du 4 au 17 janvier prochain pour une formation. Nous avons reçu ensemble notre titre de maître en 2004 à Toulouse (France), et il est retourné au Vietnam pour un perfectionnement. Durant son séjour au Sénégal, j'en profiterai pour mettre à exécution mon projet d'intégrer le viet vo dao dans les écoles pour qu'il y ait une bonne massification dans la population. On sera à la Piscine olympique et il partagera ses expériences avec les populations désireuses d'apprendre le viet vo dao. On va essayer de mieux booster cette discipline au Sénégal et l'implanter définitivement dans le cœur des Sénégalais.

 

Quel est le palmarès dans cette discipline au Sénégal ?

 

À la première coupe du monde en 2002 à Paris, on a eu une médaille de bronze. En 2006 en Algérie, on a eu sept médailles dont quatre en or. Et en championnat d'Afrique organisé dans la ville de Thiès, on était classé deuxième, et premier à Dakar en 2009, avec plus de 16 médailles réparties en plusieurs catégories dont la plupart étaient en or. Dernièrement à Paris, on a récolté 12 médailles lors du premier Conseil mondial des maîtres. J'ai beaucoup de rêves pour cette discipline et d'ailleurs j'écris un livre qui parlera d'éducation, de l'être humain en tant que tel, parce que le monde d'aujourd'hui appartient aux optimistes, et les pessimistes ne seront que spectateurs. Je souhaite voir le viet vo dao se développer dans le milieu scolaire et universitaire. Je l'ai déjà introduit dans deux écoles préscolaires, pour la formation de gens qui n'auront pas seulement une tête bien faite mais une tête bien pleine.

 

KHADY FAYE