Publié le 18 Sep 2020 - 18:44
STRATEGIE NATIONALE DE LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

Les trois réformes stratégiques de l’Ofnac

 

Le président de la République a validé, en Conseil des ministres, mercredi 16 septembre 2020, la Stratégie nationale de lutte contre la corruption au Sénégal, sur la période 2020-2024, en demandant au gouvernement, au secteur privé et à la société civile d’apporter à l’Ofnac tout le concours nécessaire à l’exécution optimale de ce plan d’action quinquennal. Retour sur les réformes attendues à travers cette nouvelle approche de gouvernance transparente.

 

C’est en octobre 2017 que l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) a lancé le processus d’élaboration de la stratégie nationale de lutte contre la corruption. Ceci, pour permettre au gouvernement du Sénégal d’être conforme aux dispositions de la Convention des Nations Unies contre la corruption, en ses articles 5 et 6, à la Déclaration de Kuala Lumpur en octobre 2013 sur les stratégies de lutte contre la corruption et à l’axe 3 du Plan Sénégal émergent relatif à la gouvernance, à la paix et à la sécurité.

Dès le 4e numéro du bulletin trimestriel ‘’Transparence’’ de l’Ofnac, en mars 2019, la vision de cette stratégie avait été définie comme ‘’l'éradication de la corruption au Sénégal en vue d'un développement durable et inclusif’’.

Pour y accéder, cette politique se veut être le cadre d’action global pour les mesures à prendre dans la prévention et la lutte contre la corruption, mais aussi servir d’outil utile pour la mobilisation et la coordination des efforts et ressources dans la prise en charge de ce fléau. Elle prévoie ainsi de combattre la corruption à travers trois réformes stratégiques qui permettront d’intégrer la lutte contre celle-ci dans les politiques publiques.

La première consiste ‘’améliorer les cadres juridique et institutionnel de la lutte contre la corruption’’. Dans son document, l’Ofnac précise que ‘’cet objectif stratégique constitue un levier de la prévention et de la sanction, et s'appuie sur les mesures préventives, l'incrimination, la détection, la répression et le recouvrement des avoirs’’.

A un autre niveau, la nouvelle stratégie veut améliorer la coordination des interventions en matière de lutte contre la corruption. ‘’Cet objectif, explique l’Ofnac, est un levier de la prévention qui s'appuie sur la gouvernance, l'information, la coordination et la coopération en matière de lutte contre la corruption’’.

En plus de l’Ofnac, l’Inspection générale d’Etat (IGE) et la Cour des comptes, entre autres, contrôlent tous l’action publique sans pour autant qu’il y ait entre eux la coordination qui sied.

La troisième réforme consiste au renforcement de la communication et des capacités des acteurs, en s’appuyant sur des mesures préventives et l'éducation en matière de lutte contre la corruption.

Mais dans la démarche de la performance, précise le document, la dimension de la lutte contre la corruption doit être intégrée dans l'élaboration des documents de planification, la mise en œuvre et le suivi-évaluation desdits documents. ‘’Ce qui encourage la généralisation des contrats de performance à toutes les administrations, collectivités territoriales et entreprises publiques. Aussi, l'instauration du contrôle et de la reddition des comptes est à promouvoir à tous les niveaux, notamment la production de rapports de performance dans le secteur public’’, avec l’Ofnac accompagnant le dispositif de suivi et d’évaluation des dispositions contractuelles.

‘’Une stratégie coordonnée et consensuelle pour synchroniser les efforts des organes de lutte’’

Lors de la cérémonie de validation technique de la stratégie, Seynabou Ndiaye Diakhaté, Présidente de l’Ofnac, soutenait que le processus d’élaboration avait impliqué toutes les forces vives de la nation sénégalaise, à travers la mise en place d’un comité de pilotage national réunissant les acteurs des secteurs public et privé, et de la société civile ayant en charge la définition des orientations dans l’élaboration du document et la validation des résultats à chaque étape primordiale, et la formation d’un comité de planification stratégique comprenant les responsables de l’Ofnac, agissant, tout le long du processus, à assurer la planification et la formulation de la stratégie, avec l’appui d’un consultant facilitateur.

Elle avait été suivie par le secrétaire d’Etat chargé de la Promotion des droits humains et de la Bonne gouvernance, M. Mamadou Saliou Sow, qui reconnaissait : ‘’Il nous manquait une stratégie coordonnée et consensuelle pour synchroniser les efforts des organes de lutte, de la société civile, des partenaires au développement et des populations en vue d’améliorer l’efficacité de notre action.’’

Amata Diabaté, le représentant-résident du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) avait, quant à elle, axé sa communication sur la corruption comme l’un des effets pervers de la faiblesse de l’Etat de droit. ‘’On ne peut parler de réelle démocratie, si l’Etat a des difficultés à appliquer la loi et à faire en sorte que tout le monde respecte les règles d’intégrité et de transparence. La participation des citoyens dans la politique et la confiance entre le citoyen et l’Etat, ainsi qu’entre l’Etat et l’élite politique, passent certainement par la réalisation de résultats concrets sur le front de la lutte contre la corruption’’.

Lamine Diouf

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