Publié le 24 Apr 2013 - 03:40
ESCROQUERIE FONCIÈRE, FAUX ET USAGE DE FAUX

Il traîne son frère en justice, après lui avoir vendu sa maison en 1985

Après avoir vendu sa maison, il y a 28 ans, l’ex-émigré, Amary Guèye, a traîné en justice son frère, El Hadj Guèye, par ailleurs imam de la mosquée de l’unité 2 des Parcelles assainies, pour escroquerie et faux et usage de faux en écriture privée. L’aîné a aussi attrait son autre jeune frère pour complicité.

 

À cause d’une maison, trois vieillards, frères de mêmes père et mère ont lavé, hier, leur linge sale à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar. L’aîné, Amary Guèye, a attrait ses deux cadets pour escroquerie et faux et usage de faux en écriture privée et complicité desdits délits. Ex-émigré, la partie civile accuse son frère, El Hadj Guèye, de s’être emparé de sa maison pendant son absence du pays. ‘’ J’étais en Côte-d’Ivoire pendant 25 ans. À mon retour, j’ai découvert que El Hadj, avec la complicité de Adama, a muté ma maison à son propre nom alors que je ne la lui ai jamais vendue’’, a confié, à la barre, le vieux Amary Guèye.

 

Faux ! Ont rétorqué les prévenus. ‘’Amary m’a vendu sa maison en 1988 devant des témoins. Je lui ai payé 4,5 millions de francs Cfa cash’’, s’est défendu El Hadj Guèye. Corroborant les propos de son frère et co-prévenu, Adama a confié être parmi les témoins de la transaction. Il a révélé aux juges que leur grand-frère a vendu la maison parce qu’il devait de l’argent à un certain Oumar Diop, qui n'est plus de ce monde. Interpellé sur les déclarations de ses frères, la partie civile a maintenu ses accusations, jurant la main sur le cœur n’avoir jamais cédé sa maison. ‘’Omar Diop, je lui devais 1 million représentant le reliquat d’un véhicule qu’il m’avait vendu. Lorsque je suis tombé malade, je lui ai restitué le véhicule pour aller me soigner à l’étranger’’.

 

Le plaignant aurait vendu sa maison pour échapper à une saisine

 

Mais selon le représentant du parquet, la partie civile avait plutôt quitté le pays pour échapper à la justice. Selon lui, Amary faisait l’objet d’un mandat d’arrêt à cause du contentieux avec feu Oumar Diop. Fort de cet élément, le parquetier a même cru que la partie civile avait muté la maison pour échapper à la justice. Ainsi, à son retour au pays, ses frères auraient refusé de lui rendre la maison.

 

Face à ce dilemme, le témoin, Mor Talla Sylla, a pu éclairer davantage sur cette affaire. Il est clair, dit-il, que Amara Guèye a bel et bien vendu la maison à son frère en 1985, pour éviter qu'elle ne soit saisie. Le témoin a expliqué que l’initiative a germé au cours d’une réunion et que El Hadj s’est proposé comme acquéreur pour éviter que la maison ne se retrouve entre les mains d’un tiers qui expulserait la famille Guèye. Le vieux témoin d’ajouter que la transaction s’est déroulée deux jours après, à son insu. ‘’J’ai vu ma signature sur l’acte de vente mais je n’ai pas assisté à la transaction’’, a indiqué le vieux. D’après toujours Mor Talla Sylla, la transaction a été finalisée en 1988, au retour de Amara Guèye.

 

Un complément d’enquête proposé

 

Bien que conforté par ce témoignage, le représentant du parquet a demandé au tribunal d’ordonner un complément d’enquête au niveau de la Sn/Hlm, afin de déterminer les circonstances de la mutation. Pour Me Mouhamadou Bamba Cissé, une enquête supplémentaire est inutile car le tribunal doit tout simplement relaxer les prévenus en déboutant la partie civile dont l’avocat réclame la somme de 10 millions de francs Cfa, au titre de dommages et intérêts. Ce à quoi Me Cissé a répliqué en n'excluant pas de poursuivre le plaignant pour tentative d’escroquerie au jugement. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour lundi prochain. En attendant, l’imam El Hadj Guèye pourra diriger les fidèles de la mosquée de l’unité 2 des Parcelles assainies car lui et son frère Adama ont été mis en liberté provisoire.

 

FATOU SY

 

 

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