Publié le 2 Jul 2012 - 17:00
APRÈS L’ANNULATION DES ACCORDS DE PÊCHE

Soumbédioune renaît peu à peu de ses cendres

 

Le gouvernement sénégalais a annoncé en avril l’annulation des autorisations de pêche accordées à 29 chalutiers étrangers. Les pêcheurs s’étaient vivement opposés à cette mesure qui n’arrangeait pas leur activité. Aujourd’hui, l’espoir renaît peu à peu au marché aux poissons de Soumbédioune.

 

Les vagues viennent s’échouer avec délicatesse sur la berge. La mer, ce vaste étendu d’eau est relativement calme en cet après-midi à la plage de Soumbédioune. Les pêcheurs reviennent d’une longue corvée mais ce sourire radieux qu’ils accrochent au visage, témoigne d’une journée prolixe. L’odeur du poisson frais embaume l’air. Ici se tient l’un des plus gros marchés aux poissons de Dakar. Les étals sont remplis, Soumbédioune grouille de monde. Depuis l’arrêt des accords de pêche avec les navires étrangers, ‘’le marché connaît un regain d’affluence’’, dit en passant le pêcheur Sidy Bouya Mbengue. Des brouettes remplies de poissons vont et viennent. Il y a quelques mois, voir une telle image était impossible sur cet endroit qui avait perdu sa vivacité.

 

Les autorisations de pêche signées il y a deux ans entre l’ex-gouvernement du Sénégal et les bateaux étrangers avaient fini d’installer le ‘’désarroi’’ dans ce marché. Le pouvoir sortant signataire, faisait valoir que ces autorisations étaient octroyées pour satisfaire les ‘’besoins de trésorerie’’ de l’Etat. Depuis, cela a été une traversée du désert chez les gens qui tirent leurs revenus des produits de la mer. ‘’Nous autres pêcheurs artisanaux éprouvions d’énormes difficultés à trouver du poisson à cause des bateaux étrangers’’, se rappellent les pêcheurs qui se sont toujours opposés à la mesure. Les mains posées sur le rebord de sa pirogue, Mamour Faye ne peut s’empêcher de sourire au vu du spectacle qui se dresse devant lui. Selon le pêcheur, des espèces comme la Sardinelle et le Thon leur étaient introuvables en mer ces dernières années. Aujourd’hui, ils les retrouvent peu à peu comme un espoir qui renaît.

 

Mamour voit ses gains enflés. Il partage avec joie sa recette journalière. Impensable il y a quelques mois. ’Rien qu’aujourd’hui, mon équipe et moi avons vendu 160 mille francs. En enlevant les frais de carburants et autres, nous avons fait 140 mille francs de bénéfice’’, fait-il savoir. Lorsque les bateaux étrangers étaient dans les eaux sénégalaises, poursuit-il, ‘’il nous arrivait de ne même pas disposer de quoi payer nos frais. Au meilleur cas, c’est 50 mille francs qu’il fallait se partager entre 10 personnes’’.

 

Les heures passent, les pêcheurs arrivent de plus en plus sur la berge à bord de grosses pirogues. Très vite, les vendeuses forment un groupe autour d’eux. Elles viennent marchander du poisson à revendre. Son étal rempli de poisson, la vendeuse Fatou Diagne voit son chiffre d’affaires à la hausse. Elle n’éprouve plus le besoin d’aller ailleurs pour se procurer du poisson. ‘’Avant, je gagnais au plus 10 mille francs en vendant mon stock journalier de poisson. Actuellement, je me retrouve facilement avec 14 mille francs’’. Ce qui fait le plus plaisir aux vendeuses de poisson, c’est qu’elles n’éprouvent plus le besoin de se rendre jusqu’à Cayar pour se procurer du poisson.

 

Haro sur les dynamites et l’utilisation des filets à nylon

Debout face à la mer, tenant deux gros poissons entre les mains, Sidy Bouya Mbengue, gendarme à la retraite reconverti en pêcheur, se réjouit de l’espoir qui renaît sur les lieux. Il tient tout de même à attirer l’attention de ses amis pêcheurs sur des pratiques néfastes qui pourraient réduire à néant les efforts entrepris jusqu’ici. L’annulation des accords de pêche, il la trouve bien seulement, cela ne suffit pas, selon lui, pour sauver les ressources exposées souvent à d’autres pratiques plus néfastes. Il faudrait s’attaquer très vite à ces pratiques qui sont l’œuvre de pêcheurs traditionnels. ‘’Certains pêcheurs posent des dynamites tandis que d’autres utilisent des filets à nylon qui exposent à des dangers incommensurables’’, informe Sidy Bouya Mbengue. Le crépuscule tombe sur Soumbédioune et le marché ne désemplit pas. Il retrouve son lustre d’antan. La bataille contre les accords de pêche remportée, les pêcheurs retrouvent peu à peu le sourire perdu il y a deux ans. Mais déjà, les esprits avertis se retournent contre les pratiques néfastes qui peuvent réduire leurs acquis à néant.

 

Amadou NDIAYE

 

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