Publié le 30 Jan 2014 - 12:02
APRÈS L'ARRESTATION DE AÏDA NDIONGUE

Le Ps pour une traque des cerveaux de la «mafia»... Pds

 

Outré par l'immensité du patrimoine de l'ex sénatrice libérale exhibé par le procureur de la République, Ousmane Tanor Dieng et ses camarades se disent favorables à ce que la justice capture les chefs d'orchestre d'une «mafia qui ne pouvait prospérer qu'à l'ombre protectrice» de Me Wade.

 

Le colossale patrimoine de 47 milliards prêté à Aïda Ndiongue par le procureur de la République continue d'intéresser la classe politique. Selon le Parti socialiste (Ps), même si l'ancienne sénatrice Pds est aujourd'hui en prison, il reste que ''seuls les présumés complices sont atteints pour le moment, et qu’il reste à se saisir des cerveaux, des chefs d’orchestre de cette mafia qui ne pouvait de toute évidence prospérer qu’à l’ombre protectrice des autorités d’alors''. 

Délinquance d'État

Dans une déclaration parvenue hier à EnQuête, le Ps estime que ''cette entreprise de haute délinquance d’Etat avait donc une égérie, toujours unique soumissionnaire à tous les appels d’offres, par sociétés écrans interposées''. Pis encore, ''les délinquants avaient un siège social, l’ancien ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Assainissement, qui lui réservait l’exclusivité de ses marchés (…) fortement suspectés d’être fictifs''.

Le Ps, bouclier du Procureur

Arrêtée dans le cadre de la traque des biens mal acquis, ''Aïda Ndiongue faisait l’objet de poursuites devant deux cabinets d’instruction de Dakar, pour des faits distincts (…)''. Malgré tout, depuis son arrestation et la publication de son patrimoine, des voix se sont levées soit pour dénoncer la démarche du Procureur de la République soit pour appeler au pardon. Mais pour Ousmane Tanor Dieng et ses camarades, il y a lieu de clarifier les choses.

«Dès lors qu’aucune procédure n’est encore déclenchée pour autoriser l’invocation du secret de l’information, il était parfaitement normal que le Procureur puisse, au nom du droit du public à l’information, porter à la connaissance des Sénégalais la découverte de cette caverne d’Ali Baba des temps modernes'', lit-on dans le communiqué du Ps. Cela, d'autant que ''l'impérieuse demande sociale, pour le recouvrement par la Nation, de tout ou partie des biens dont elle a été spoliée, commandait aux nouvelles autorités d’initier les procédures pénales qu’impliquaient les faits articulés, qualifiés infractions pénales et reprochés à d’anciens dirigeants du régime déchu.''

Le Parti socialiste regrette néanmoins que ''les personnes incriminées n'aient manifestement pour toute ressource dans leur laborieuse défense, que de fournir des réponses politiciennes à des interpellations juridiques, de mettre en cause gravement et sans aucun fondement le Premier ministre ou de crier haro sur le Procureur de la République par des propos qui confinent parfois à la diffamation''.

''Brouille des convictions de certains citoyens''

Cette démarche, selon le Bp du Ps, ''a eu le don de brouiller les convictions d’une certaine frange de l’opinion auprès de laquelle on tente d’accréditer l’idée que les dossiers sont vides, les poursuites d’une totale vacuité et les personnes poursuivies victimes d’une chasse aux sorcières''.

Dans cette entreprise ''insidieuse'', ''il y a même des militants des droits de l’homme, pourtant censés connaître les règles qui gouvernent la procédure pénale, et notamment l’obligation de respecter le secret de l’instruction dès lors qu’il y en a une en cours, mais qui ne se sont pas privés de réclamer, à hue et à dia, la production de preuves par le pouvoir, ici et maintenant'', s'indigne l'instance de direction socialiste.

La même incompréhension existe quand, «dans d’autres secteurs de la société civile, montent aussi des appels au pardon et à  l’oubli, sur l’autel dit-on du nécessaire dialogue entre la majorité et l’opposition''.

En fin de compte, les «Verts» de Colobane sont convaincus qu'il n'est «pas possible de fermer les yeux sur ces pratiques mafieuses quand la grande majorité des Sénégalais croupit encore dans la pauvreté, quand les hôpitaux et structures de santé primaire sont délabrés, quand l’école sénégalaise est en panne du fait de l’absence cruelle de moyens financiers''.

A leurs yeux, il n'est pas question «non plus de demander à l’opinion de pardonner, d’oublier ou d’assurer l’impunité aux prédateurs et leur donner ainsi la licence de jouir de leur butin» alors que «les attentes des populations se font pressantes en matière d’alimentation, de santé et d’éducation.»

ASSANE MBAYE

 

 

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