Publié le 24 Feb 2018 - 02:16
CAISSE D’AVANCE DE LA MAIRIE DE DAKAR

A l’heure des répliques ! 

 

Le premier tour des plaidoiries fini, place aux répliques ! Et les avocats de l’Etat du Sénégal ont repris la parole. Ceci, après avoir ‘’écouté avec beaucoup d’attention et intérêt les avocats de la Ville de Dakar, le procureur et les avocats de la défense’’.  

L’agent judiciaire de l’Etat (Aje), Antoine Félix Diome, ouvre les hostilités. Sous l’oreille attentive du juge, il ‘’rétablit’’ la vérité des faits : ‘’(…) Dans l’intervention des avocats de la Ville de Dakar et des avocats de la défense, il a été question de la présence de l’Etat dans ce procès. Ils sont allés jusqu’à nous taxer de fausse partie civile dans une escroquerie processuelle.’’ Avant de faire savoir : ‘’Ce sont ces conseils qui ont été les premiers à nous saisir pour provoquer nos observations. Le 23 mars dernier, sous la plume des avocats de Khalifa Sall, une lettre m’était adressée pour la demande de mise en liberté provisoire du maire de Dakar, alors que nous n’étions même pas dans la procédure. Je serais à leur place, je me serais bien garder de qualifier l’Etat du Sénégal de fausse partie ou d’intrus.’’

Aux avocats de la Ville de Dakar, Antoine Diome déclare : ‘’Ils disent que ces fonds appartiennent à la mairie et non à l’Etat. Du coup, j’attendais qu’à la fin, qu’ils réclament un début de préjudice. Mais ils ont, par pure fiction, dit qu’ils n’ont pas subi de préjudice. Nous, nous avons expliqué en quoi nous avons été lésés.’’  L’Aje d’affirmer : ‘’C’est la première fois que je vois une partie civile qui refuse d’admettre l’existence d’un préjudice et qui vient se constituer.’’

Sur sa présence dans ce procès, il a souligné que les avocats de la défense et ceux de la commune n’ont rien compris. ‘’Ils disent que l’Aje devrait être devant la barre pour répondre aux questions. Des errements qui ne se sont reposés que sur des errements. L’article 4 de la loi portant création de l’Ordre des avocats lui permet de plaider au même titre que les robes noires. Lire les textes aurait permis d’éviter d’entrer dans ce débat’’, signale-t-il.

‘’L’aveu d’un avocat de la défense’’

A propos de la réparation du préjudice subi, Antoine Félix Diome note que l’Etat a transféré des ristournes estimées à 3 milliards de francs Cfa, entre 2015 et 2016. ‘’Il ne peut pas payer une dépense irrégulière. L’Etat, à travers le rapport de l’Ige, a découvert que ces dépenses étaient irrégulières et il a arrêté. Il n’encaisse et ne décaisse qu’à travers une seule caisse’’, dit-il.  Avant d’indiquer : ‘’On vous a dit qu’il n’y a pas d’élément moral. Les conseils de la défense confondent élément moral et mobile. Les faits sont têtus. Dans leurs propres plaidoiries, on retrouve des éléments qui permettent d’entrer en voie de condamnation. Il y a la main de Dieu dans cette affaire et c’était du pain béni pour le procureur’’. Il poursuit : ‘’Autre élément qui a été relevé et qui permet d’entrer en voie de condamnation, est le fait qu’un avocat vienne vous dire : ‘Je vous fais un aveu : mon client est responsable, mais il n’est pas coupable.’ De quoi est-il responsable ?’’ Aux yeux d’Antoine Felix Diome, quand un ordonnateur certifie qu’un service a été fait, il en est responsable. Donc, vouloir détacher la responsabilité de l’ordonnateur de ses services ne correspond ni à la lettre ni à l’esprit de la loi.

L’avocat français, Me Thomas Amicot, de relever que le blanchiment de capitaux, c’est ‘’quand on prend une mallette de 30 millions de francs Cfa remplie d’argent sale qu’on distribue à des amis et autres’’. Pour Me Ousmane Diagne, les prévenus ont usé du faux dans le but de tromper le comptable public afin qu’il paie. Suffisant pour qu’il dise qu’il n’y a pas de considérations politiques dans cette affaire.

Me Samba Bitèye, pour sa part, a déclaré que la défense a convoqué la coutume pour dire que c’est une source de droit. ‘’Elle n’est pas la loi et ne peut pas être une excuse. On ne nous a pas apporté la preuve que tous les maires peuvent utiliser le faux pour bénéficier de ces fonds de la caisse d’avance. On peut pérorer. Dans ce procès, on a convoqué l’histoire, on a convoqué Dieu et je pense que c’est normal’’, a-t-il raillé.

Malick Lamotte recadre Me Baboucar Cissé

 Maitre Yérim Thiam de continuer sur la même lancée : ‘’On nous a aussi parlé de la main invisible dans ce dossier. Quand on parle de main invisible, je pense que les prévenus ont besoin de la main de Dieu. On vous a récité ici des versets du Coran et autres à la barre.’’

Me Baboucar Cissé de s’y mettre : ‘’On nous a tout apporté ici, des versets de la Bible et du Coran. Il ne restait qu’à apporter la croix. Vous (le juge) n’êtes pas le tribunal des lamentations. On pourrait aller se lamenter au Mur des lamentations. C’est un procès assez simple de droit commun. On n’est pas devant un tribunal politique. Ce n’est pas un procès politique. On passe tout notre temps à prier comme si on était des lézards, alors qu’on ne croit en rien du tout.’’ Il est vite recadré par Malick Lamotte qui déclare : ‘’Voilà pourquoi je ne voulais pas qu’on en arrive à ces échanges. On dit que le tribunal ne doit pas intervenir, alors qu’on se permette d’insulter dans cette salle. Si on insulte, je pense qu’on n’a rien à faire dans cette salle. Qualifier les gens de lézards, c’est trop. Alors que l’exercice est tellement simple.’’

 AWA FAYE

 

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