Publié le 10 May 2026 - 02:17
TRAFIC D'ESPÈCES SAUVAGES EN LIGNE

Facebook, la plateforme préférée des trafiquants

 

Un rapport de Global Initiative renseigne que Facebook est l'infrastructure publique centrale par laquelle le trafic d'espèces sauvages en ligne est concentré, détecté et amplifié. Environ 60 % des annonces détectées affichaient des prix, pour une valeur totale de 66 014 467 $ US. Sur ce total, Facebook a concentré 65 042 748 $ US, soit 98 % de la valeur totale indiquée.

 

Le commerce illégal d'espèces sauvages n'est plus un problème périphérique en ligne. Il s'agit d'une défaillance majeure de la gouvernance des marchés numériques, qui se manifeste dans un contexte de crise mondiale de la biodiversité et qui a de graves conséquences pour la conservation, l'état de droit et la responsabilité des plateformes. Selon une étude de Global Initiative, les preuves démontrent que Facebook n'est pas simplement une plateforme parmi d'autres. C'est l'infrastructure publique centrale par laquelle le trafic d'espèces sauvages en ligne est concentré, détecté et amplifié.

Selon la même source, la plupart des signalements sur Facebook concerne des espèces sauvages soumises à une réglementation stricte. Les données indiquent que 84 % des publicités sont liées à des espèces inscrites à l'Annexe I de la CITES, tandis que 58,3 % concernent des espèces menacées ou en danger critique d'extinction. Les groupes Facebook constituent le principal lieu d'activité, représentant 76 % des signalements, et 78 % des enregistrements qui ont été découverts spontanément.

"Ces résultats mettent en évidence le rôle de l'exposition au sein de groupes et de la promotion algorithmique dans la diffusion des contenus illégaux. Ces contenus ne sont pas seulement découverts par le biais de recherches, mais aussi par les flux RSS, la navigation et les recommandations qui connectent les utilisateurs aux réseaux de trafic d'espèces sauvages", indique le document. Qui précise que l'ampleur de l'activité commerciale est significative.

Environ 60 % des annonces détectées affichent des prix, pour une valeur totale de 66 014 467 $ US. Sur ce total, Facebook représente 65 042 748 $ US, soit 98 % de la valeur totale indiquée. Ces résultats témoignent, selon le rapport, d'une évolution plus générale des marchés physiques vers les marchés virtuels. « Avec le développement de la connectivité, des smartphones et du commerce via des plateformes numériques, le trafic d'espèces sauvages s'est déplacé vers les réseaux sociaux, ce qui réduit les coûts de recherche, met en relation acheteurs et vendeurs géographiquement dispersés et permet d'initier les transactions publiquement avant de se poursuivre sur des canaux privés », renseigne le document.

Ainsi, malgré les engagements politiques et les déclarations publiques, le commerce illégal d'espèces sauvages reste visible sur Facebook. Des preuves indépendantes montrent que les systèmes des plateformes peuvent recommander ou promouvoir des contenus connexes, et que l'application de la loi demeure inégale.

Pris dans leur ensemble, renseigne Global Initiative, les résultats indiquent qu'il s'agit d'un problème de gouvernance des plateformes plutôt que d'une série d'infractions isolées aux règles. Le commerce est multilingue, transnational et souvent effectué sans recherche active, ce qui exige des réponses qui prennent en compte les systèmes de recommandation, les structures de groupes, les lacunes en matière de modération et la transparence.

L’organisme préconise des obligations contraignantes pour les plateformes, une coordination internationale renforcée, une détection et une modération multilingues, ainsi que des systèmes efficaces de signalement et de retrait. « Sans changements structurels et un contrôle effectif, le trafic d'espèces sauvages en ligne continuera de se concentrer, de se manifester et de s'amplifier via les principales plateformes numériques », prévient Global Initiative.

CHEIKH THIAM

Section: 
COURSES DE CHEVAUX ET D’ÂNES À TOUBA : Le rappel à l’ordre du khalife
LEVÉES DE FONDS POUR BÉBÉS MALADES ET DÉNONCIATION DG DGPJS : Ndella Madior Diouf attendue à la Sûreté urbaine
SAINT-LOUIS : DON DE MOTOPOMPES : Les quartiers inondables soulagés
SECURITE SANITAIRE DES ALIMENTS AU SENEGAL, BURKINA ET MALI : La restauration de rue au cœur des préoccupations
CRISE DE L’ÉLECTRICITÉ Thierno Alassane Sall met en cause la gestion du secteur et écarte la thèse du sabotage
PÉNURIE DE SANG : La Présidence répond à l’appel du CNTS et vise la pérennité
JOURNEE INTERNATIONALE DES LANGUES DES SIGNES : Les chantiers de l'inclusion
RENSEIGNEMENT EXTÉRIEUR : Le Général Souleymane Kandé prend la tête de LA DGRE
COOPÉRATION EURO-AFRICAINE : L’Europe face à l’urgence de repenser son modèle de coopération
AFFAIRE KHADIM BA - TRANSACTION AVEC LA DOUANE : Me Massokhna Kane évoque un accord à un milliard
Marché de Thiaroye
Trafic de drogue
DÉSENCOMBREMENT DES VOIES PUBLIQUES : Makhtar Cissé veut briser le cycle du recommencement
RETOUR DES DELESTAGES : De l'électricité dans l'air
Détournement de mineure
GRÂCE PRÉSIDENTIELLE : 984 détenus bénéficient d’une grâce exceptionnelle
ME MOUSSA SARR A LA CONFERENCE DE LA COUR DE JUSTICE DE LA CEDEAO : « L’autorité de la justice réside aussi dans son effectivité »
LITIGE FONCIER À KEUR MOUSSA : 22,5 hectares au cœur d’un bras de fer
DÉLESTAGES - SORTIE DU DG DE SENELEC À LA RTS Senelec promet un retour à la normale jeudi
Trafic de produits psychotropes