Facebook, la plateforme préférée des trafiquants

Un rapport de Global Initiative renseigne que Facebook est l'infrastructure publique centrale par laquelle le trafic d'espèces sauvages en ligne est concentré, détecté et amplifié. Environ 60 % des annonces détectées affichaient des prix, pour une valeur totale de 66 014 467 $ US. Sur ce total, Facebook a concentré 65 042 748 $ US, soit 98 % de la valeur totale indiquée.
Le commerce illégal d'espèces sauvages n'est plus un problème périphérique en ligne. Il s'agit d'une défaillance majeure de la gouvernance des marchés numériques, qui se manifeste dans un contexte de crise mondiale de la biodiversité et qui a de graves conséquences pour la conservation, l'état de droit et la responsabilité des plateformes. Selon une étude de Global Initiative, les preuves démontrent que Facebook n'est pas simplement une plateforme parmi d'autres. C'est l'infrastructure publique centrale par laquelle le trafic d'espèces sauvages en ligne est concentré, détecté et amplifié.
Selon la même source, la plupart des signalements sur Facebook concerne des espèces sauvages soumises à une réglementation stricte. Les données indiquent que 84 % des publicités sont liées à des espèces inscrites à l'Annexe I de la CITES, tandis que 58,3 % concernent des espèces menacées ou en danger critique d'extinction. Les groupes Facebook constituent le principal lieu d'activité, représentant 76 % des signalements, et 78 % des enregistrements qui ont été découverts spontanément.
"Ces résultats mettent en évidence le rôle de l'exposition au sein de groupes et de la promotion algorithmique dans la diffusion des contenus illégaux. Ces contenus ne sont pas seulement découverts par le biais de recherches, mais aussi par les flux RSS, la navigation et les recommandations qui connectent les utilisateurs aux réseaux de trafic d'espèces sauvages", indique le document. Qui précise que l'ampleur de l'activité commerciale est significative.
Environ 60 % des annonces détectées affichent des prix, pour une valeur totale de 66 014 467 $ US. Sur ce total, Facebook représente 65 042 748 $ US, soit 98 % de la valeur totale indiquée. Ces résultats témoignent, selon le rapport, d'une évolution plus générale des marchés physiques vers les marchés virtuels. « Avec le développement de la connectivité, des smartphones et du commerce via des plateformes numériques, le trafic d'espèces sauvages s'est déplacé vers les réseaux sociaux, ce qui réduit les coûts de recherche, met en relation acheteurs et vendeurs géographiquement dispersés et permet d'initier les transactions publiquement avant de se poursuivre sur des canaux privés », renseigne le document.
Ainsi, malgré les engagements politiques et les déclarations publiques, le commerce illégal d'espèces sauvages reste visible sur Facebook. Des preuves indépendantes montrent que les systèmes des plateformes peuvent recommander ou promouvoir des contenus connexes, et que l'application de la loi demeure inégale.
Pris dans leur ensemble, renseigne Global Initiative, les résultats indiquent qu'il s'agit d'un problème de gouvernance des plateformes plutôt que d'une série d'infractions isolées aux règles. Le commerce est multilingue, transnational et souvent effectué sans recherche active, ce qui exige des réponses qui prennent en compte les systèmes de recommandation, les structures de groupes, les lacunes en matière de modération et la transparence.
L’organisme préconise des obligations contraignantes pour les plateformes, une coordination internationale renforcée, une détection et une modération multilingues, ainsi que des systèmes efficaces de signalement et de retrait. « Sans changements structurels et un contrôle effectif, le trafic d'espèces sauvages en ligne continuera de se concentrer, de se manifester et de s'amplifier via les principales plateformes numériques », prévient Global Initiative.
CHEIKH THIAM






