Comment la Nigériane tenait ses péripatéticiennes

Une Nigériane du nom de G. E. Uti a été envoyée en prison pour traite de personnes par exploitation sexuelle et proxénétisme. Elle a été dénoncée par sa compatriote B. Ch.
Le 2 mai dernier, les éléments du Bureau de surveillance, interpellation et filature de l’antenne DNLT de Tambacounda ont reçu une information d’une ressortissante nigériane du nom de B. Ch., concernant des menaces mystiques qu’elle aurait reçues de l’une de ses compatriotes nommée G. E. Uti, pour avoir refusé de lui verser la somme de huit cent mille FCFA, le restant d’une somme globale de deux millions cinq cent FCFA qu’elle devait lui verser sur les fruits de sa prostitution.
Flairant une infraction de traite des personnes par exploitation sexuelle, les éléments du Bureau de surveillance, interpellation et filature de l’antenne DNLT de Tambacounda ont mis en place un dispositif de surveillance et de filature aux abords immédiats de son domicile, sis au quartier « Liberté » de Tambacounda. Ensuite, la nommée G. E. Uti a été interpellée à son domicile.
La perquisition faite sur place a permis de trouver chez elle des documents établis à son nom, à savoir un carnet de suivi médical, un carnet sanitaire attestant son inscription au fichier sanitaire, une carte consulaire et une fausse carte d’identité nationale nigériane produite au Bénin. Il a également été trouvé un lot de préservatifs, un tube de lubrifiant et une somme d’argent, probablement issue de son activité.
Selon les éléments de l’enquête, la nommée G. E. Uti a fait voyager du Nigeria en mars 2025, la plaignante contre la promesse de lui trouver un travail comme vendeuse dans un supermarché de la place. Mais à son arrivée à Tambacounda, elle lui a proposé le métier de prostitution et a exigé qu’elle lui rembourse la somme de deux millions cinq cent mille FCFA pour combler les frais qu’elle aurait engagés pour son voyage.
D’ailleurs, interpellée, renseignent nos sources, la nommée G. E. Uti a confirmé les déclarations de son accusatrice. Elle soutient s’être mise en association avec les nommées « Blessing » et « Fé », toutes deux de nationalité nigériane, pour payer les frais de transport de la demoiselle B. Ch., à hauteur de quatre cent quarante mille FCFA, afin d’en tirer profit.
En réalité, souligne son accusatrice, elle l’a amenée à Tambacounda dans le but de l’initier au travail de prostitution et lui aurait demandé de rembourser la somme de deux millions cinq cent mille (2.500.000) FCFA, proposition qu’elle n’a pu refuser, étant en position de vulnérabilité. Ce n’est qu’après une année de versements répétés de sommes d'argent, à concurrence d’un million six cent trente mille (1.630.000) FCFA, qu’elle a refusé de compléter le restant de la somme due, car elle sentait injuste l’exploitation sexuelle dont elle était assujettie.
En représailles, G. E. Uti, accuse-t-elle, a pris les services d’un « Juju man », un féticheur établi au Nigeria, pour lui jeter un sort si elle refusait de lui payer l’argent qu’elle lui réclame ou si elle prévenait les autorités policières.
Interpellée sur les prétendues menaces mystiques révélées par la demoiselle B. Ch., G. E. Uti a admis avoir payé un féticheur établi au Nigeria pour lui jeter un sort si elle refusait de lui payer le restant de sa dette. Concernant la destination de la somme d’un million sept cent mille (1.700.000) FCFA déjà versée par la demoiselle B. Ch., elle déclare que cette somme d’argent a été partagée à part égale entre elle et sa compatriote nommée « Blessing », avec qui elle a cofinancé le voyage de la demoiselle B. Ch.
Elle a été conduite au Tribunal de Grande Instance de Tambacounda puis envoyée en prison pour traite des personnes par exploitation sexuelle et proxénétisme. Son procès est prévu sous peu.
CHEIKH THIAM






